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«Les médias doivent accepter que le projet marketplace soit pleinement exploité»

Philippe Corot est PDG de Mirakl, un éditeur de logiciels qui commercialise des marketplaces. Parmi ses clients, des groupes médias (Amaury, Condé Nast) qui opèrent leur transformation.

FrenchWeb: Quelles sont les nouvelles pistes de monétisation pour les médias en 2016?

Philippe Corrot, cofondateur et PDG de Mirakl: La marketplace est une excellente piste de monétisation pour les médias. Ce sont des carrefours d'audience ciblée et souvent thématique. Ils sont souvent à l’origine de création de ce qu’on appelle des communautés. Ils produisent aussi un contenu de qualité, car c'est jusqu'à présent leur «core business».

C'est un atout indispensable pour la légitimité et le référencement naturel qui sont des enjeux majeurs d'acquisition de trafic. En somme, ils ont nativement tout ce que les e-commerçants cherchent à acquérir avec plus ou moins de réussite. Avec du contenu et une communauté, en y ajoutant le commerce, les médias accèdent à une combinaison qui peut être gagnante si chacun de ces atouts se servent mutuellement et entrent en synergie.

Quelles sont les best practices que vous avez observées dans ce secteur?

La bonne pratique consiste à jouer le jeu du cercle vertueux entre le contenu, la communauté et le commerce marketplace. Cela nécessite une transformation de sa propre approche vis-à-vis de son lecteur qui potentiellement peut devenir un client.

Mais, un journaliste ne deviendra pas un commerçant. C'est pourquoi il faut monter des équipes marketplace dédiées qui ont un vrai savoir faire de commerce. Les médias en sont souvent dépourvus. C'est par exemple ce qu'a fait Condé Nast en recrutant Franck Zayan qui venait des Galeries Lafayette pour leur projet de marketplace.

Quels sont vos conseils pour bien utiliser la marketplace pour les grands médias, et pour les plus petits?

Pour les grands médias comme pour les petits, il faut accepter que le projet marketplace soit pleinement exploité: c’est une opportunité, une innovation au service du lecteur/client/utilisateur. Et accepter aussi de mettre de l'inventaire publicitaire au service de la promotion de la marketplace auprès des lecteurs. Elle doit bénéficier d'une forte intégration sur la plateforme de contenu et d'une réelle mise en avant.

Si c'est un site ou un projet à part, c'est comme repartir de zéro, on se prive de tous ses atouts. C'est évidemment faisable mais plus difficile. Et surtout, le coeur du business reposant sur des capacités techniques, il est nécessaire pour les médias de se doter de plateformes solides, qui ont déjà fait ses preuves chez des commerçants ou e-commerçants historiques.

Derniers points importants, il faut se faire accompagner par des experts pour se familiariser avec ce nouveau métier et gérer intelligemment la conduite du changement.

Lire aussi : Pour Mirakl, «il va se dessiner trois types d’e-commerçants…»

3 fondamentaux que l’on ne dit pas à l’annonceur sur le marché publicitaire

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Jeanne Dussueil

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