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Les start-up sont-elles comparables aux tortues marines?

Elles s’exposent par milliers lors des grandes rencontres du digital, comme durant la dernière édition du Web Summit de Lisbonne. Mais combien de ces innombrables startups survivront?

Les tortues marines pondent jusqu’à 200 œufs sur la plage qui les a vu naître. Au final, après l’action des prédateurs et les accidents de parcours, moins de 1% de la ponte arrivera à maturité. Est-ce le sort qui sera réservé aux start-up? Autrement dit, n’y aurait-il pas trop de jeunes pousses?

Des start-up issues du monde entier

Dans l’immense hall d’exposition de Lisbonne, le visiteur a de la peine à s'y repérer. Ces start-up qui se serrent sur leur mètre linéaire se ressemblent trop, voire beaucoup trop. Les visages sont rayonnants, le discours est souvent un peu formaté («nous allons changer le monde» ou ses variantes), mais déjà très professionnel.

Ce qui frappe, c’est aussi la multiplicité des origines géographiques: le monde entier s’est transformé en Silicon Valley! Les jeunes pousses émergent en Scandinavie, en Asie (Singapour, mais aussi Malaisie) mais aussi en Afrique (Tunisie, Ghana, Libye).

Les barrières à l'entrée technologiques ont chuté, le cash abonde aussi. Les licornes ont surtout tracé le chemin du rêve. Entreprendre est devenu «hype».

Un darwinisme économique exacerbé

Une étude plus approfondie donne cependant à voir un univers moins reluisant. La moyenne de retour sur investissements dans le capital risque serait même faible. 1 fonds sur 10 serait rentable selon Techstars.

Pourquoi les start-up meurent-elles? Les raisons sont multiples.

– Un concept trop peu différentié. De nombreuses start-up sont des copies d’idées déjà lancées (livraison à domicile, mise en relation de professionnels, travail collaboratif…).

– Un marché non solvable. C’est le cas typique des concepts funs pour lesquels personne n’est prêt à payer. Un site de rencontres pour animaux domestiques a par exemple peu de chance (a priori) d’être rentable.

– Des moyens insuffisants, notamment pour acquérir des clients. Le commercial est souvent la fonction négligée par les geek-entrepreneurs.

– Une concurrence acharnée, qui épuise la rentabilité du secteur, notamment si cette concurrence inclut des compétiteurs internationaux largement financés.

Réussir à percer

Quelles seront les start-up survivantes? Au-delà de l’équipe et du concept, les facteurs sont nombreux, la chance y joue un rôle.

Savoir s’entourer est essentiel. Se rapprocher d’un incubateur ou constituer un board sont des options. Trouver des investisseurs inspirés et connectés peut faire basculer le destin d’une entreprise du bon côté.

La rapidité d’exécution arrive en second. Il existait des dizaines de projets comme Blablacar dans le monde. La start-up française a réussi à créer l’écart en prenant ses concurrents de vitesses, et en s’installant à l’international.

La capacité à négocier rapidement une sortie sera peut-être vital pour l’entrepreneur. Les actifs d’une start-up peuvent valoir momentanément de l’argent auprès d’un grand groupe ou de concurrents lors des phases de consolidation d’un marché. Entre la disparition et le succès spectaculaire, il existe de nombreuses nuances.

La comparaison incongrue entre start-up et tortues de mer s’arrête donc là. Quelle que soit l'issue de leur rêve, ces entrepreneurs sortiront gagnants. Même sans argent à la clé, 3 ans d’entreprenariat équivalent à un MBA, apportant une compréhension intime de la notion de marché et du client. Le meilleur n’est jamais à exclure. Dans cette masse de jeunes pousses se cachent indéniablement des pépites en devenir. Derrière le chaos du capital risque, c'est une économie qui se régénère à toute allure, un nouveau monde en émergence.

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Pierre Guimard est  directeur associé de Keley Consulting.

 

 

 

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Un commentaire

  1. et le manque d’expérience peut-être, comme facteur d’échec? Pour beaucoup de créateurs de startups, c’est la première vraie expérience professionnelle…

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