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Palantir va refondre le système de renseignement de l’armée américaine pour 800 millions de dollars

Le Distributed Common Ground System de l’armée américaine (DCGS-A) lui permet de récolter et analyser des données et renseignements militaires de plusieurs sources sur des menaces ennemis, ou des éléments météorologiques et géographiques, pour fournir au commandement des cartes et rapports détaillés en temps réel. Il est destiné à améliorer le combat dans des environnements reculés et difficiles. Sauf que le système, dont le coût de construction sur dix ans a atteint 3 milliards de dollars, faisait face depuis plusieurs années à des critiques depuis l’intérieur du Congrès américain et de l’armée. Celles-ci pointaient notamment du doigt son prix jugé trop exorbitant pour des résultats en termes de renseignements livrés trop faibles.

En mars 2018, l’armée américaine avait alors mis en concurrence Palantir, géant californien de l’analyse et de la science des données, et Raytheon, spécialiste des systèmes de défense et de cybersécurité, en finale d’un appel d’offres à 876 millions de dollars pour refondre complètement le système. C’est finalement Palantir qui s’en chargera, selon le Washington Post, qui a pu avoir accès à des documents de l’armée. Le montant du contrat atteindrait désormais près de 800 millions de dollars. D’après le quotidien américain, Palantir, dont l’offre est autant dédiée aux entreprises (notamment dans les secteurs de la santé et de la finance) qu’aux organismes publics, a bénéficié du soutien de nombreux acteurs au sein de l’armée et des instances de sécurité nationale.

Il s’agirait de la première fois que le gouvernement américain s’offre les services d’une entreprise de logiciels de la Silicon Valley pour prendre en main un tel programme de défense, plutôt que d’un prestataire militaire traditionnel. A noter par ailleurs que le DCGS-A bénéficie d’une ligne de financement dédiée de la part du Congrès. Avant de choisir Palantir et Raytheon en finale, le commandement de l’armée américaine s’était montré réticent quant au choix pour ce programme d’une entreprise qui propose des produits commerciaux. Il indiquait sa préférence pour une plateforme sur-mesure. Mais en 2016, l’entreprise californienne avait plaidé au tribunal que la loi américaine exigeait que l’armée devait considérer les produits commerciaux disponibles. Un argument qui la menait deux plus tard en finale de l’appel d’offres.

Cette victoire fait figure de victoire pour la stratégie de Palantir, qui a veillé par le passé à disposer d’une présence physique à Washington dans le but d’investir le marché des organismes américains de renseignement et militaire. L’entreprise, qui a levée depuis sa création en 2004 un total de 2 milliards de dollars, avait notamment reçu en 2005 un investissement de In-Q-Tel (ex-Peleus), fonds américain créé et géré par la CIA. Par la suite, Palantir a signé près de 150 contrats avec des organismes gouvernementaux américains, dont les départements de la Défense, de la Justice et de la Santé, selon des données de USAspending.gov.

Mais il s’agit surtout d’une victoire cruciale pour une entreprise qui prévoit d’entrer en Bourse en 2019. Selon le Wall Street Journal en octobre 2018, sa valorisation pourrait atteindre près de 40 milliards de dollars, soit le double de sa dernière valorisation connue de 20 milliards de dollars en 2015.

Patrick Randall

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.
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