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[Pigeons] Entrepreneurs reçus à Bercy : entre doute et satisfaction

Fleur Pellerin, la Ministre déléguée à l’Economie Numérique, Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances, et Benoît Hamon, Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances ont reçu hier plusieurs entrepreneurs et représentants de l’écosystème du numérique.

Etaient notamment présents, Marc Simoncini, Marie Ekland (France Digitale) , l’Afdel (Association Française des Editeurs de Logiciels), le SNJV (le Syndicat National des Jeux vidéo) ou encore le Syntec Numérique.

La réunion, qui a duré plus d’une heure, a été l’occasion de discuter avec eux du point de blocage que représente la taxation sur les plus-values en cas de cession d’une société. A cela, Pierre Moscovici a rappelé, non sans fermeté, qu’il « était hors de question » de remettre en cause le fondement du projet de loi Finances 2013, à savoir l’alignement du capital sur celui du travail.

« Pas de croissance sans entrepreneurs, pas d’entrepreneurs sans risque »

Le Ministre a rappelé devant la presse l’attachement de l’Etat à soutenir les entrepreneurs, précisant que le gouvernement voulait « taxer la rente, pas le risque ». Lui, comme Fleur Pellerin, ont insisté sur les mesures déjà prises pour soutenir la croissance des PME : élargissement du statut JEI, renforcement du Crédit Impôt Recherche, maintien des dispositifs.

Pour répondre à la grogne des Pigeons, un mouvement qui a pris une ampleur sans précédent depuis cinq jours – et dont aucun des ministres n’a prononcé le nom hier – Pierre Moscovici a indiqué qu’il avait eu « une discussion franche, longue et constructive » et a d’ores et déjà annoncé plusieurs changements :

1- L’exonération d’un dirigeant s’il a cédé son entreprise, et à hauteur de ce qu’il réinvestit dans une autre
2- L’accélération dans le temps des abattements consentis: « Nous allons mettre en place un régime spécifique pour les plus-values réalisées après une détention courte ».
3- L’aménagement du « carried interest » qui concerne les fonds d’investissement.

Une satisfaction mais…

Pour beaucoup de patrons présents, cette réunion a été une bonne occasion d’afficher la cause des chefs d’entreprise , comme l’a dit Marc Simoncini à l’issue de la réunion. Mais ce sentiment de satisfaction s’accompagne d’un flou autour du projet de loi, et du soutien réel aux entrepreneurs de la part du Ministère des Finances. Pour Oussama Ammar, de l’accélérateur Le Camping, « il ne faut pas être stakhanoviste. C’est bien que cette réunion ait eu lieu, mais il faut prendre de la hauteur, et introduire une politique durable. Si l’on taxe les entrepreneurs à 60%, alors aidons-les dans l’autre sens à se développer. » Pour d’autres, il faut se poser dès maintenant la question cruciale d’une « politique industrielle de la France », question à laquelle Pierre Moscivici n’a pas donné de réponse claire et tranchée aux patrons du web.

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Marion Moreau

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3 thoughts on “[Pigeons] Entrepreneurs reçus à Bercy : entre doute et satisfaction”

  1. Soyons clairs: les « contre-mesures » d’exemption des créateurs annoncées sont inopérantes. La France n’a pas vraiment besoin de plus de créateurs. Mais les créateurs français ont besoin de plus d’investisseurs. Tant que le risque pris par ces derniers ne fera pas l’objet d’incitations plutôt que de punitions fiscales, la défaillance de l’amorçage condamnera toute possibilité d’apparition d’ETI IT solides et… restant basées en France.

  2. Bonjour à tous,

    De mon coté je suis dans l’attente de voir précisément la loi qu’ils vont finalement proposer.Je reste dubitatif quant à une éventuelle avancée dans les discutions. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’ils veulent taxer les investisseurs sous prétexte qu’ils ne s’investissent pas personnellement dans le travail. Un argument qui ne tient pas la route, car en contre partie ils ne proposent pas un moyen de récompense aux personnes qui travaillent, développent et créent des emplois. Non eux, ils votent en amont une loi qui taxe les heures supplémentaires, qui empêche toute flexibilité pour un patron et détruit le pouvoir d’achat.

    Je ne fais pas partie des grands de ce monde, mais je suis content que le mouvement des pigeons soit la depuis peu pour leur mettre une petite tape sur l’épaule et rappeler que nous avons droit à la parole. Un entrepreneur ça pense à lui, à son projet mais aussi à son entourage. Selon moi, il n’est pas médecin mais il a la volonté de véhiculer le bien être social et économique dans notre pays qu’on aime tant.

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