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Spotify met la main sur Loudr pour améliorer sa gestion des droits d’auteur

Spotify et les droits d’auteur, ce n’est pas une grande histoire d’amour. Si les plateformes de musique en streaming sont vues comme les sauveurs de l’industrie musicale, elles sont en réalité très loin de satisfaire les artistes au niveau des royalties, ces rémunérations calculées sur les ventes de disques et les différents revenus tirés de l’exploitation des enregistrements, notamment avec écoutes en streaming. Mauvais élève en la matière, Spotify entend améliorer sa conduite. Dans ce sens, la plateforme suédoise vient d’annoncer le rachat de la société américaine Loudr. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées.

Fondée en 2013 par Chris Crawford, Josh Whelchel et Ryland Hale, Loudr développe une plateforme de gestion de licences musicales. Avec celle-ci, l’entreprise californienne propose des outils qui permettent aux créateurs de contenus, aux agrégateurs et aux services de musique numériques d’identifier, de suivre et surtout de payer les royalties aux artistes. Pour ce faire, Louer dispose d’une technologie capable d’identifier les morceaux de musique diffusés en streaming, de manière à automatiser le versement de la part devant revenir à l’artiste.

Les droits d’auteur, un casse-tête pour Spotify 

L’acquisition de la société doit permettre à Spotify d’améliorer sa gestion des droits d’auteur. Depuis sa création, le service suédois de musique en streaming est régulièrement accusé de porter atteinte aux droits d’auteur. Début 2018, le label Wixen Music Publishing a notamment réclamé 1,6 milliard de dollars à Spotify pour cette raison. L’entreprise suédoise aurait ainsi proposé près de 10 000 morceaux sur sa plateforme sans en avoir les droits.

Pour rester compétitif, Spotify, qui vient d’entrer en Bourse à Wall Street, doit absolument éviter de se froisser avec les majors de l’industrie musicale, à savoir Universal Music, Sony Music et Warner Music, ainsi qu’avec Merlin, un consortium de labels indépendants, qui détiennent les droits de morceaux ayant représenté 87% des écoutes sur la plateforme en 2017. La société dirigée par Daniel Ek a indiqué avoir versé plus de 8 milliards d’euros de droits d’auteur aux artistes, aux maisons de disques et aux éditeurs au 31 décembre 2017.

De plus, le service doit se préparer à la nouvelle législation, en passe d’être adoptée aux États-Unis. Le «Music Modernization Act» doit en effet permettre de concevoir un nouveau système de gestion des droits d’auteur davantage adapté aux services en ligne comme Spotify. A ce jour, la plateforme suédoise revendique 71 millions d’abonnés payants, contre 40 millions pour Apple Music, son principal rival.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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