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Trump Président: un vent libéral peut souffler dans la Silicon Valley

Donald J. Trump est aujourd’hui le nouveau président des Etats-Unis. La nouvelle a été accueillie comme un coup de massue par la Silicon Valley qui avait clairement supporté Hillary Clinton pendant toute la campagne. Ce matin les gens sont abasourdis et ont du mal a y croire mais c’est pourtant la réalité avec laquelle il faut maintenant composer.

Il faut dire que la politique économique annonçée par Trump n’est pas pour rassurer la Tech Economy et les investisseurs. Si l’industrie traditionnelle pourrait tirer partie de cette élection il n’en est pas si sûr pour la nouvelle économie. La politique d’échange envisagée par Trump avec la Chine risque aussi d’impacter les sociétés de la Silicon Valley qui, pour la plupart, manufacturent leurs produits en Asie.

Dans le même temps, la Silicon Valley a besoin de talents pour fonctionner. Ces talents sont souvent d’origine étrangère, puisque 52% des co-founders dans la Silicon Valley ne sont pas nés aux USA. On estime à 50.000 le nombre de postes vacants dans la Valley et les US ont besoin d’ici 5 ans de plus d'un million d’ingénieurs or seuls 600.000 sont en cours de formation dans les universités américaines. La Silicon Valley comptait notamment sur un assouplissement du visa H1B pour combler ce manque. Pas sûr que cette idée soit encore de mise…

Enfin, il est possible que le nombre d’entrées en Bourse diminue dans les prochains mois compte tenu de l’incertitude économique générée par cette élection. Si tel était le cas, les investisseurs seraient les premiers impactés et verraient leurs liquidités affectées.

Dans le même temps, il est certain qu’un vent liberal va souffler sur les US qui peut bénéficier aux sociétés américaines et notamment les sociétés Fintech qui vont voir la législation s’assouplir. Il est raisonnable de penser également que les impôts sur les sociétés vont diminuer et que des aides nouvelles seront accordées aux sociétés rapatriant des emplois aux US.

Sur un plan plus général, l’impact sur la Silicon Valley sera minime meme si la fracture idéologique avec le reste des Etats-Unis risque de s’accentuer encore plus tant les valeurs portées par les deux camps sont éloignées. La Silicon Valley restera la capitale de la Tech. Facebook, Google et les autres ne vont pas déménager et vont continuer a disrupter l'économie traditionnelle. La Silicon Valley a les moyens économiques et technologiques et la capacité de continuer son chemin sous une certaine forme d’autarcie. Elle était deja une exception technologique, économique et culturelle au sein des Etats-Unis et cette distance risque aujourd’hui de s’accentuer avec l’élection de Donald J. Trump.

La Silicon Valley va jouer au-dessus de la mêlée et continuer à attirer les entrepreneurs du monde entier qui ont à coeur de construire des sociétés innovantes et globales. La politique d’immigration de Trump n’aura que très peu d’impact sur les entrepreneurs qui de toute façon ne qualifient pas au visa H1B. Enfin, le modèle Cross Border prôné par The Refiners qui invite les start-up étrangères à garder leur ingénierie en adoptant une culture globale dès le départ a aujourd’hui encore plus de sens tant il sera difficile pour les sociétés technologiques de trouver dans la Silicon Valley des ressources qualifiées.

Paradoxalement, l’election de Trump pourrait finalement avoir un impact positif pour les start-up étrangères capables de developper un business global tout en construisant des équipes technologiques dans leur pays d’origine. Si elles sont capables de rivaliser avec les start-up américaines sur leur terrain de jeu qu’est la Silicon Valley sans souffrir d’une pénurie de talents, alors elles ont un avantage sur les start-up américaines.

Interesting time!

carlos-diaz-the-refiners-2016Carlos Diaz est general partners chez The Refiners. Installé à San Francisco depuis 2010, Carlos a fondé plusieurs start-up en France et dans la Silicon Valley. Kwarter à San Francisco, en France blueKiwi (racheté par ATOS) et le groupe Reflect aujourd’hui devenu Emakina. Entrepreneur phare de la tech française, fondateur du Mouvement des Pigeons et chroniqueur sur France Info (En Direct de la Silicon Valley), Carlos participe au board de plusieurs start-up dans la Silicon Valley.

 

Lire aussi: Les 24 «great» conseils de Donald Trump aux entrepreneurs, dans un condensé TV

VOIR: The Refiners veut injecter la culture de la Valley dans la start-up française

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Les Experts sont des contributeurs indépendants de FrenchWeb.fr.
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