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Uber s’inspire d’Airbnb pour renforcer son offre FoodTech

Le mois passé à San Francisco, Dara Khosrowshahi avait clairement annoncé la couleur pour Uber : «Ce que nous voulons être en tant qu’entreprise, c’est le système d’exploitation de votre vie quotidienne.» Pour réussir ce pari ambitieux, la firme américaine mise notamment sur sa branche FoodTech, représentée par son application de livraison de repas Uber Eats. Preuve en est, Uber a décidé cette année d’intégrer Uber Eats à son application principale, de manière à favoriser les synergies entre sa plateforme de VTC et son service de livraison de repas. 

En ce mois d’octobre, le groupe américain a décidé d’aller encore un peu plus loin pour enrichir Uber Eats en proposant à ses utilisateurs de prendre des cours de cuisine. Pour l’heure, cette nouvelle offre fait l’objet d’un test à petite échelle actuellement en cours à San Francisco. Les utilisateurs d’Uber Eats dans la ville californienne peuvent accéder à ce service via l’onglet «Uber Moments» dans l’application de livraison de repas du groupe américain. Dans ce cadre, ils peuvent notamment prendre un cours de cuisine chinoise pour 75 dollars et prendre part à un dîner nigérian pour 55 dollars. 

Les cours de cuisine au centre des «expériences» d’Airbnb 

Lancée vendredi dernier, l’expérimentation prendra fin le 17 novembre prochain. Si le test est concluant, Uber pourrait lancer le service dans plusieurs villes américaines avant d’envisager un déploiement plus large à l’international. Avec cette nouvelle offre, Uber, qui a également lancé cet été aux États-Unis une fonctionnalité pour permettre à ses clients de commander un repas à l’avance sur l’application, puis de le déguster directement au restaurant, cherche à se différencier par rapport à ses concurrents locaux, comme DoorDash et Grubhub.

Le concept d’Uber Moments n’est pas sans rappeler celui d’Airbnb avec son offre «Expériences». Lancée il y a trois ans, elle permet de réserver des activités proposées par des habitants (sport, photographie, visites insolites…), et notamment des cours de cuisine. De la même manière que les «expériences locales» ont permis à Airbnb d’étendre son champ d’action pour diversifier et monétiser son offre, et ainsi devenir la plateforme de référence dans l’univers du voyage, le lancement d’Uber Moments vient nourrir la vision d’une application tout-en-un d’Uber regroupant plusieurs services. Et comme le montre l’arrivée des cours de cuisine sur Uber Eats, il n’est plus seulement question de répondre à un besoin immédiat de l’utilisateur lorsqu’il a envie de se déplacer ou de manger, mais de l’accompagner à plus long terme en devenant une application indispensable dans son quotidien. 

Une boulimie de diversification pour se rapprocher d’une hypothétique rentabilité 

Dans ce sens, Uber a lancé il y a quelques semaines à Chicago le service «Uber Works» pour se positionner sur le marché de l’intérim. Mais Uber n’entend pas se limiter aux segments de la mobilité, de la FoodTech et de l’emploi au cours des prochaines années. En effet, la firme américaine a annoncé en septembre le lancement d’un incubateur ouvert aux employés d’Uber et aux personnes extérieures à l’entreprise pour développer des produits et services destinés à enrichir l’offre du géant américain. 

Pour certains observateurs, la boulimie de diversification d’Uber est surtout un signe de «désespoir», l’entreprise n’ayant jamais réussi à être rentable depuis sa création en 2009. De plus, elle traverse en ce moment une période particulièrement compliquée : son entrée en Bourse est un échec. Alors que sa valorisation était estimée à 76 milliards de dollars avant son introduction, sa capitalisation boursière tourne aujourd’hui autour de 55 milliards de dollars. Et pour ne rien arranger, Uber a perdu plus de 5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019, soit sa plus grande perte trimestrielle depuis sa création. Conséquence directe de ces difficultés financières, le groupe américain a licencié plus de 1 000 collaborateurs cette année. 

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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