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[3 questions à] Thomas Grandperrin : Et si Santiago devenait la Silicon Valley d’Amérique Latine ?

Jeudi prochain, la start-up Moonbar et Paris International Tech Meetup co-­organiseront une réunion d’information autour du programme Startup Chile, dont les candidatures pour la nouvelle promotion viennent d’ouvrir. Lancé sous l’initiative du gouvernement chilien il y a deux ans, ce dispositif vise à attirer de nouvelles pépites étrangères à Santiago avec pour ligne de mire : « la transformation de la capitale chilienne en une Silicon Valley de l’Amérique Latine ».

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Frenchweb revient, en trois questions, sur ce programme avec Thomas Grandperrin, co-fondateur de SmartAgro, qui a pu bénéficier de ce dispositif.

[FW] En quoi consiste exactement le programme start-up Chile ?

Thomas Grandperrin : « Startup Chile est un programme lancé par le gouvernement chilien en 2011 qui sélectionne des startups entre 0 et 2 ans d’existence, venant du monde entier, pour venir développer leur projet à partir du Chili pendant 6 mois. Chacune de ces jeunes entreprises reçoit un financement de 40 000 dollars, un visa d’un an et peut disposer de bureaux gratuits dans le centre ville de Santiago.

Aucune prise au capital n’est exigée en contrepartie et il n’y a pas non plus d’obligation d’enregistrer son entreprise dans le pays. Le programme demande en échange que chaque entrepreneur participe à promouvoir l’entrepreneuriat dans le pays, que ce soit en organisant des événements et conférences, en allant rencontrer des étudiants dans les universités ou en faisant du mentoring auprès d’entrepreneurs chiliens.

Le programme n’est pas un « accélérateur » comme l’on peut trouver aux Etats-Unis ou en France ave Le Camping : il n’y a pas (ou très peu) de mentoring ‘profesionnel’ à la disponibilité des entrepreneurs. Cependant, le mentoring « peer-to-peer », entre les participants du programme et les réunions hebdomadaires de « tribes » réunissant les participants sur des sujets spécifiques (e-commerce, design, social media, growth hacking…) pour échanger les meilleurs pratiques, font de Startup Chile un environnement idéal pour développer sa startup. »

[FW] Comment faire pour espérer être sélectionné ?

Thomas Grandperrin : « Il faut bien entendu répondre à critères « classiques » de sélection des investisseurs :

  • Montrez que votre équipe est cohérente (au niveau compétences) et soudée (si possible, mettez en avant les choses que vous avez déjà construites avec vos co-fondateurs, que ce soit à l’université ou dans d’autres startups).
  • Présentez un projet qui puisse avoir un impact global (et qui ne soit pas uniquement destiné au marché français par exemple).
  • Les projets sélectionnés n’ayant que 2 ans d’existence maximum, vous n’aurez peut être pas un produit fini au moment de remplir votre dossier. Mais faites votre maximum pour présenter un prototype en développement, montrez que vous avez déjà rencontré vos futurs clients et utilisateurs, etc.

Il y a ensuite des critères spécifiques au programme. Il est important de montrer que vous pouvez apporter de la valeur au Chili : en apportant un réseau et en démontrant que vous souhaitez réellement contribuer à améliorer l’écosystème entrepreneurial du pays par votre action sur place pendant 6 mois. Certains peuvent penser que ces contreparties sont une perte de temps. Je pense personnellement, qu’au contraire, il est important qu’un entrepreneur apprenne à participer à l’environnement dans lequel il évolue : il y a beaucoup à apprendre et cela se traduira souvent par un retour positif sur le long terme. J’ai eu par exemple l’occasion d’aider 2 entrepreneurs chiliens qui avaient sollicité mes conseils sur la redéfinition de leur business model et sur leur dossier de candidature au programme Startup Chile. Quelques semaines après, ils m’ont introduit à deux entreprises clés que je n’avais jusque là pas réussi à atteindre. »

[FW] Pourquoi Santiago pourrait devenir la nouvelle Silicon Valley d’Amérique Latine ?

Thomas Grandperrin: « Tout d’abord, le Chili a une situation économique et politique beaucoup plus stable que les « grands » pays sur le devant de la scène comme l’Argentine et le Brésil, ce qui fait de Santiago un point de départ idéal pour viser le marché d’Amérique Latine. Il est également très facile d’obtenir un VISA (j’ai obtenu un visa de résidence/travail d’un an en… 24h). Depuis janvier 2013, il est possible de créer son entreprise au Chili, en 24h, en ligne, et de manière totalement gratuite.

Autant d’initiatives qui facilitent la vie des entrepreneurs, qui peuvent alors se concentrer sur le développement de leur entreprise. Et si jamais on arrivait à prouver que le succès de la Silicon Valley vient en partie de son climat, ce serait une bonne nouvelle pour Santiago, puisque le climat y est très semblable : il fait beau toute l’année (ou presque !)

Rappelons enfin que l’écosystème startup de l’Amérique Latine a souffert jusqu’à récemment d’une société peu encline à la prise de risque et du manque de capital d’amorçage pour inciter à la création. Mais cela est en train de changer rapidement : des entrepreneurs à succès commencent à passer la main et à soutenir les jeunes pousses. C’est le cas notamment de Herman Kazah, fondateur de Mercado Libre (le eBay de l’Amérique latine, valorisé à $3 milliards au NASDAQ) qui a crée Kaszek, le plus gros fonds d’investissement de la région. On voit également de nouveaux fonds apparaitre comme Nazca Venture à Santiago. Les accélérateurs et Business Angels venus de la Silicon Valley s’intéressent de plus en plus à la région, comme par exemple The Founder Institute (à Santiago et à Bogota en Colombie), Geek on a plance et 500startups, la compétition TheNextWeb en Argentine… Sans oublier que le succès de Startup Chile fait des émules sur le continent, avec entre autres le lancement de Startup Brasil prochainement. »

Lancé il y a un mois par Stephen Bauer (International Development Director @Mailjet) et Julien Picaud (co-fondateur de Moonbar), le Paris International Tech Meetup rassemble aujourd’hui plus de 250 membres. Les rencontres organisées visent à faciliter le networking entre des expatriés et des Français ayant des profils complémentaires.

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