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5 tendances qui bouleversent les pratiques journalistiques

Comment le métier de journaliste se transforme-t-il au quotidien? Alors que les nouvelles sources de revenues sont encore à crééer sur le digital, 26,6% des journalistes ont déjà saisi l'importance de la compatibilité de leurs contenus avec le mobile. Dans le même temps, ils sont 25,8% à donner la priorité au contenus multimédia (vidéo, son, photos, etc.). C'est ce que révèle le State of the Media Report 2016, une étude qui a interrogé plus de 340 journalistes dans le monde début 2016 par Cision, une société spécialisée dans les médias. 

Face à ces enjeux, 42,7% des répondants utilisent du contenu multimedia produit en interne dans leur société avec un poste dédié, contre 26,3% qui produisent eux-mêmes ce type de contenus. Enfin, 92% des répondants déclarent que le média pour lequel il travaille possède un site avec un design compatible avec le mobile… ou bien est en train d'y travailler.

1. Le mobile et le multimedia, priorités des journalistes

Autre constat, suivant leur nationalité, la perception des journalistes sur leur métier n'est pas la même selon le pays où l'on se trouve. Aux États-Unis par exemple, c'est le journalisme multimedia qui arrive en tête (pour 29% des répondants), suivi de la compatibilité avec le mobile. A l'inverse au Canada, c’est le mobile qui est vu comme l'évolution la plus importante (pour 31,2% des répondants).

L'ensemble des répondants s’accordent à dire qu'un contenu basé sur de l'image ou de la vidéo est la troisième tendance la plus structurante du secteur. Parmi les nouveaux enjeux, les journalistes sont désormais confrontés au native advertising (8%),les contenus sponsorisés (8%), et les influenceurs marketing (4%).

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2. Le native advertising perd des points

Plus dans le détail, la perception qu’ont les journalistes du native advertising évolue, d'après les auteurs de l'étude. En 2015, ils étaient 43% à considérer le native advertising comme une pratique positive, voire très positive. Ils étaient un peu moins d'un quart à estimer que c'est une pratique négative, voire très négative. Enfin, ils étaient 34% à ne pas avoir d’opinion sur la question l'année dernière. 

En 2016 en revanche, ils ne sont plus que 25% à avoir une opinion positive du native advertising, soit une baisse de 42% par rapport à l'année précédente. 28% d'entre eux estiment que c'est plutôt négatif. Les indécis ont quant à eux augmenté de 13 points par rapport à 2015 (47% des répondants n'ont pas d’opinion sur la question).

On remarque qu'une large majorité de répondants (56,3% ) pensent que c’est la publicité traditionnelle qui a généré le plus de revenus en 2015. 

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>> AGENDA: Le Frenchweb Day MEDIA le jeudi 14 avril 2016

3. Gérer la concurrence des réseaux sociaux

Interrogés sur le sujet, les journalistes déclarent utiliser les réseaux sociaux avant tout pour développeur leur réseau de contacts (à 73%), ainsi que pour faire la promotion de leurs contenus (à 72%). 64% des répondants les utilisent pour mesurer l’opinion publique.

En terme d'outil, c’est Twitter que préfèrent les journalistes à 39,9%. 1 répondant sur 5 estime que c'est l'oiseau bleu va prendre le plus de valeur pour eux, devant Instagram (19%) et Facebook (18,7%).

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Certains répondants déplorent d'ailleurs être en concurrence avec les réseaux sociaux eux-mêmes en matière d’engagement des lecteurs et de pages vues.

Malgré la pression qui peut venir de ces nouveaux outils de communication, la priorité reste de publier des informations correctes pour 88% des répondants, et non d'être le premier à couvrir un sujet. 

4. Intégrer le user generated content (UGC)

En 2015, la plus grosse difficulté pour les journalistes a été de déceler les informations erronées partagées sur les réseaux sociaux. A peine la moitié (50,9%) des répondants estiment que les informations partagées sur les réseaux sociaux sont fiables.

Les réseaux sociaux ont changé la manière dont les journalistes trouvent leurs informations: 56,1% des répondants déclarent mettre en avant plus de contenus créés par des utilisateurs depuis trois ans. 

On notera malgré tout que seul 1% des répondants estiment que des plateformes comme Meerkat ou Periscope sont réellement utiles. Ils ne sont que 10% à anticiper une augmentation de la valeur de Periscope cette année par exemple.

5. Des relations inchangées avec les agences

Selon l'étude, les deux tiers des répondants n’ont pas changé la manière dont ils travaillent avec les agences de relations presse ces dernières années, et ce malgré le développement des réseaux sociaux.

93% des journalistes préfèrent les contacts par mail. Ils sont 37% à estimer que le téléphone n’est pas adapté dans leurs échanges avec les agences de relations presse. 30,7% des répondants estiment que les réseaux sociaux ne sont pas adaptés pour leur transmettre une information. 

Enfin, 54,1% des répondants américains reprennent une information lorsqu’ils la jugent suffisamment documentée et détaillée. 13% des journalistes (toutes nationalités confondues), donnent suite lorsqu'ils ont une bonne relation avec le communicant. Ils ne sont que 7,5% à être sensibles à l’exclusivité de l’information.

VOIR L'infographie de l'étude: 

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**Méthodologie: L’étude se base sur les réponses de 346 journalistes, bloggeurs et influenceurs issus du réseau de Cision interrogés sur les tendances qui ont façonné l’année 2015, et celles à venir.
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Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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