IN THE LOOPLOW FREQUENCY

Les gigafactories de batterie à l’arrêt / JOYBUY se lance au Royaume Uni / Achats numériques : l’État muscle sa doctrine / les signaux faibles auxquels préter l’oreille cette semaine.

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ACC abandonne ses projets de gigafactories de batteries en Italie et en Allemagne

Automotive Cells Company a acté l’abandon définitif de ses projets de gigafactories à Termoli (Italie) et à Kaiserslautern (Allemagne), a confirmé la direction aux syndicats. Les deux sites étaient à l’arrêt depuis mai 2024.

Le groupe, contrôlé par Stellantis aux côtés de Mercedes-Benz et TotalEnergies, invoque l’absence de perspectives suffisantes de volumes de véhicules électriques en Europe.

Cette décision s’inscrit dans le recentrage stratégique de Stellantis, qui a revu à la baisse ses objectifs électriques et annoncé plus de vingt-deux milliards d’euros de charges exceptionnelles, provoquant une chute historique de son action. À ce stade, seuls deux blocs de production restent opérationnels en France. Un signal inquiétant pour la filière européenne des batteries, qui peine à atteindre une viabilité industrielle à grande échelle.

Chaque dimanche fin d’après midi, nous vous proposons la synthèse LOW FREQUENCY où la rédaction de FW.MEDIA partage les différents signaux faibles qu’elle a relevé au fil de la semaine. Vous pouvez également nous suivre en direct chaque jour sur notre fil live

JD.com lance Joybuy au Royaume-Uni et s’attaque frontalement à Amazon

Le géant chinois du e-commerce JD.com s’apprête à lancer Joybuy, une plateforme 100 % en ligne destinée au marché britannique, avec l’ambition assumée de concurrencer Amazon. Déjà fort de plus de 1 000 salariés au Royaume-Uni, le groupe a investi massivement dans la logistique et dans son implantation locale, dont un siège à Westminster pour trente-sept millions de livres sterling. Derrière cette offensive, la stratégie personnelle de son fondateur, Liu Qiangdong, souvent présenté comme le « Bezos chinois ». Reste une inconnue majeure : Joybuy parviendra-t-il à s’imposer face à un acteur qui domine déjà les usages, la logistique et la fidélité des consommateurs britanniques ?

4,5 milliards d’euros orientés vers la French Tech via les achats publics

L’État annonce le fléchage de 4,5 milliards d’euros vers des solutions françaises et européennes dans le cadre de ses achats numériques. « Il y a urgence à se désintoxiquer des solutions américaines », déclare David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique. Reste aux éditeurs européens de répondre aux délais et aux exigences du secteur public.

Achats numériques : l’État muscle sa doctrine, sans lever toutes les ambiguïtés

Dévoilé en fin de semaine, le projet de circulaire du ministère de l’Économie et des Finances entend remettre de l’ordre dans les achats numériques de l’État, avec une hiérarchisation stricte des choix (mutualiser, acheter, développer) et l’intégration explicite de la souveraineté parmi les critères d’arbitrage, avec en ligne de mire l’immunité au CLOUD Act, la réversibilité et la maîtrise des briques critiques.

Signée prochainement par le Premier ministre, la circulaire se veut interministérielle et contraignante, y compris lors des renouvellements de contrats, sous le regard renforcé de la Direction interministérielle du numérique. Toutefois le texte ne crée pas d’obligation juridique nouvelle, l’hébergement sur des clouds certifiés SecNumCloud reste régi par la loi SREN.

En filigrane, une tension persiste, l’État assumant le développement interne de certains outils jugés stratégiques, au risque d’apparaître comme un concurrent du marché qu’il prétend structurer. La doctrine est posée, son application réelle reste à démontrer.

Souveraineté des données de santé : l’État acte la sortie de Microsoft

L’État a lancé un appel d’offres visant à héberger les données de santé des Français sur une plateforme sécurisée européenne, afin de rompre avec l’hébergement opéré jusqu’ici par Microsoft. Cette décision marque une inflexion stratégique après plusieurs années de controverses juridiques et politiques liées à la dépendance aux acteurs américains et aux risques d’extraterritorialité du droit.

Parmi les opérateurs déjà qualifiés SecNumCloud, et donc théoriquement en position de prendre le relais, figurent OVHcloud, Cloud Temple et SENS. Ce dernier, porté par Thales, repose toutefois sur la technologie de Google Cloud. La décision finale, attendue dans les prochaines semaines, permettra de mesurer si ce changement de doctrine se traduit par un choix industriel pleinement autonome ou par un compromis technologique.

TikTok visé par Bruxelles pour conception addictive de sa plateforme

La Commission européenne estime que TikTok enfreint le Digital Services Act en raison d’une conception jugée addictive, fondée sur l’infinite scroll, l’autoplay et un algorithme de recommandation fortement personnalisé. Les enquêteurs considèrent que la plateforme n’a ni correctement évalué ni suffisamment réduit les risques pour la santé mentale, notamment chez les mineurs, et que ses outils de gestion du temps d’écran restent inefficaces.

Bruxelles pourrait imposer des modifications structurelles du service, incluant des pauses obligatoires ou la désactivation progressive de certaines fonctionnalités. Si les conclusions préliminaires sont confirmées, TikTok s’exposerait à une décision de non-conformité et à une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial.

Erebor Bank obtient son charter : une « SVB » pro-défense et crypto adossée à Palmer Luckey

Erebor Bank, une nouvelle banque américaine financée notamment par ANDREESSEN HOROWITZ, FOUNDERS FUND, LUX CAPITAL, 8VC et ELAD GIL, a obtenu un charter national (OCC) et prévoit d’ouvrir immédiatement. Dotée de 635 millions de dollars de capital, elle cible le segment laissé orphelin depuis la chute de Silicon Valley Bank, avec un positionnement assumé sur la defense tech et l’industrial tech.

La banque entend se différencier par des crédits adossés à des actifs crypto ou à des titres privés, ainsi que par l’intégration de services « 24/7 » via des rails blockchain. Son fondateur, Palmer Luckey (Oculus, Anduril), met en avant une capacité d’underwriting sur des actifs spécialisés que les banques traditionnelles jugent trop atypiques.

Jeux vidéo et agents IA : Emmanuel Macron n’exclut pas des interdictions pour protéger les mineurs

Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’une mission d’expertise de deux mois pour évaluer l’impact des jeux vidéo et des agents d’intelligence artificielle sur la santé mentale des enfants et des adolescents. Les conclusions sont attendues en mai-juin.

En cas de consensus scientifique établissant un effet délétère, le chef de l’État n’exclut pas des interdictions ni de nouvelles règles, notamment sur les agents IA conversationnels et le marquage obligatoire des contenus générés par l’IA.

AI.com s’arrache à prix d’or : soixante-dix millions de dollars pour un nom dans la course mondiale à l’IA

Le fondateur de Crypto.com, Kris Marszalek, a acquis le nom de domaine AI.com pour environ soixante-dix millions de dollars, un montant record pour une vente de domaine rendue publique.

L’opération a été réglée intégralement en cryptomonnaie. Marszalek prévoit de lancer la plateforme via une publicité diffusée lors du Super Bowl, avec l’ambition de proposer un agent d’intelligence artificielle grand public.

OpenAI développe avec G42 une version de ChatGPT alignée sur le cadre politique et normatif des Émirats

OpenAI travaille avec le conglomérat technologique émirati G42 au développement d’une version de ChatGPT spécifiquement destinée aux Émirats arabes unis.

Le modèle serait paramétré pour intégrer la langue locale, mais aussi pour se conformer explicitement aux lignes politiques du pays et aux restrictions encadrant l’expression publique. Le projet, encore en discussion, viserait en priorité des usages institutionnels et gouvernementaux, illustrant une stratégie assumée de localisation politique des modèles d’IA.

Soupçons d’ingérence chinoise : une opération clandestine de captation de données Starlink démantelée en Gironde

Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont été présentées à un juge d’instruction à Paris après quatre jours de garde à vue dans une enquête pour espionnage technologique.

Selon le parquet, leur venue en France visait la captation de données satellitaires du réseau Starlink ainsi que d’informations émanant d’entités d’importance vitale, notamment militaires, afin de les transmettre à la Chine.

L’enquête, pilotée par la section cyber du parquet de Paris et confiée à la DGSI, a débuté fin janvier après la découverte, dans un Airbnb en Gironde, d’un dispositif de paraboles et d’ordinateurs permettant l’interception illégale de flux satellitaires.

Au Royaume-Uni, l’ICO ouvre une enquête sur Grok pour soupçons d’usage illégal de données personnelles

L’Information Commissioner’s Office (ICO) a ouvert une enquête visant Grok, l’outil d’IA développé par xAI, pour des soupçons d’usage illégal de données personnelles dans la génération d’images et de vidéos à caractère sexuel. L’autorité cherche à établir si des contenus ont été produits à partir d’images réelles de personnes sans leur consentement.

L’enquête est menée en coordination avec Ofcom. Les contenus incriminés auraient été diffusés sur la plateforme X. Les autorités britanniques indiquent traiter l’affaire en urgence.

Perquisition chez X à Paris : Elon Musk et Linda Yaccarino convoqués par le parquet

Le parquet de Paris a ordonné une perquisition dans les bureaux français de X, menée par l’unité nationale cyber de la gendarmerie, en présence d’Europol. Elon Musk et Linda Yaccarino sont convoqués le 20 avril pour des auditions libres, en qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits.

L’enquête, ouverte début 2025 après des signalements de députés, a été élargie à plusieurs infractions présumées, dont la détention et la diffusion d’images pédopornographiques, des deepfakes à caractère sexuel et des faits de négationnisme.

Le parquet de Paris a annoncé son retrait de la plateforme X, précisant que ses communications se poursuivront notamment sur Instagram et LinkedIn.

Arthur Mensch (Mistral AI) investit dans Biorce, spécialiste de l’IA appliquée aux essais cliniques

Arthur Mensch, cofondateur de Mistral AI, figure parmi les investisseurs individuels du tour de série A de 52 millions de dollars levé par la start-up barcelonaise Biorce, aux côtés de DST Global Partners, Norrsken VC, YZR Capital et Mustard Seed Maze.

Biorce développe une plateforme d’IA dédiée à la conception et à l’exécution d’essais cliniques. Son produit IA-native, Aika, analyse un référentiel d’environ un million d’essais afin d’anticiper les risques, réduire les erreurs et limiter les amendements de protocole, tout en facilitant la justification méthodologique auprès des autorités réglementaires.

Power Shifts – MISTRAL, WEBEDIA, JOLIMOI : les mouvements clés de la semaine

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