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Amazon licencie des salariés, ayant affiché leur soutien aux gilets jaunes, pour faute grave

La crise des «gilets jaunes» aura été fatale à certains employés d’Amazon en France. En effet, Le Parisien révèle que trois employés du géant américain du commerce en ligne ont été licenciés pour «faute grave». La firme américaine leur reproche d’avoir tenu des propos «d’une singulière gravité», ce qui constitue une attitude «en opposition totale aux valeurs de l’entreprise». Pour Amazon, ces trois collaborateurs, en agissant de la sorte, ont manqué à leur «obligation de loyauté», selon les mots utilisés par le groupe américain dans les lettres de licenciement qui leur ont été envoyées.

Dans les faits, les trois salariés mis en cause, qui travaillent sur les sites d’Amazon à Montélimar (Drôme) et Lauwin-Planque (Nord), ont clamé un peu trop fort sur Facebook leur soutien aux «gilets jaunes». Entre messages d’encouragement au mouvement («Il faut du renfort et des palettes, les amis !» ou encore «Franchement, vous gérez, les gens, ne lâchez rien !») et appel à se retrouver devant les portes d’une plateforme logistique d’Amazon pour bloquer un entrepôt voisin, ces comportements n’ont pas été du goût d’Amazon qui a décidé de sévir.

Amazon assume, la CGT demande la «réintégration» des employés licenciés

Contacté par Le Parisien, le géant américain a indiqué avoir envoyé «une dizaine de notifications» à des salariés sur plusieurs sites en France. «Ces personnes ont été licenciées car elles n’ont pas respecté leurs obligations contractuelles», a renchéri un porte-parole de l’e-commerçant auprès du quotidien. Et d’ajouter : «Mais elles sont libres de leur opinion politique.»

Les arguments avancés par Amazon n’ont pas convaincu la CGT, qui estime que ces licenciements constituent un levier de pression pour empêcher d’autres salariés de mener des actions aux côtés des «gilets jaunes». «Chez Amazon, la majorité des collègues sont sympathisants des gilets jaunes, quelques-uns sont activistes», explique Habib Latreche, représentent syndical CGT sur le site de Douai, dans le Nord. «La direction a pris la décision de les licencier pour en faire des cas exemplaires et dissuader les autres d’agir», assure-t-il au Parisien. Dans ce contexte, la CGT demande la «réintégration» des salariés licenciés pour faute grave. Mais cette requête a peu de chance d’aboutir. Un message visible par tous sur les réseaux sociaux n’est pas considéré comme une violation du secret des correspondances de la part d’une entreprise.

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