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Bruno Raillard (Otium Venture): «Nous n’avons pas d’approche B2C ou B2B car les frontières tombent»

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Au premier semestre 2016, ce sont 313 levées de fonds qui ont été recensées sur la période, soit 169 de plus qu’en 2015. Au total, les entreprises de la Tech françaises ont levé 832 millions d’euros, soit une hausse de 46% par rapport à la même période en 2015, selon l'indicateur FW Invest.

Bruno Raillard a rejoint Otium en 2012 après 6 années en Transaction Services, d’abord chez Ernst&Young puis chez Eight Advisory dont il a participé à la création.

Après trois ans en tant que directeur de participation auprès des investissements historiques d’Otium Capital, Bruno a créé Otium Venture au sein d’Otium Capital, une équipe d’investissement spécialisée sur l’investissement en amorçage.

Frenchweb : Quels traits de personnalités recherchez-vous chez les entrepreneurs que vous financez?

Bruno Raillard, Partner d’Otium Venture: Nous cherchons à investir dans des projets explosifs et au potentiel rapidement international, ce qui demande l’alignement d’un nombre incroyable de paramètres – le produit, le time to market, le Business Model, le financement, la compétence et la motivation de l’équipe… 

Ces paramètres ne sont jamais parfaitement réunis. C’est pourquoi nous cherchons avant tout des entrepreneurs dont la clarté de la vision et le niveau d’ambition nous font penser qu’ils sauront tenir le cap, tout en faisant preuve d’agilité et d’écoute pour s’adapter aux imprévus. 

Une des clés de cette alchimie est souvent dans la complémentarité de l’équipe. Nous apprécions notamment beaucoup les duos ou trios de fondateurs qui mêlent des qualités d’exécution à une connaissance fine de leur marché. 

Quels types de dossiers recherchez-vous ?

Notre objectif est de rentrer très tôt et de rester longtemps. Rentrer tôt, c’est-à-dire dès la phase d’amorçage y compris avant que la société ne fasse de chiffre d’affaires. Et rester longtemps, car nous avons la volonté de nous positionner sur les tours suivants pour nous maintenir ou nous renforcer, afin de déployer jusqu’à 15 M€ sur les participations les plus prometteuses. Même si nous pensons qu’il reste important pour un fondateur d’aller se confronter au marché pour se faire challenger et faire rentrer de nouvelles compétences au tour de table.

D’un point de vue fonctionnel nous nous concentrons sur les modèles de Marketplaces, de Software as a Service (SaaS) et de médias innovants, que nous connaissons bien. Nous n’avons en revanche pas de focus sectoriel, qui n’est que modérément créateur de valeur d’après nous, ni de spécialisation B2C ou B2B, car les frontières entre l’un et l’autre tendent à tomber (Slack en est un bon exemple).  

Quels sont selon vous les principaux écueils à éviter en phase d’amorçage?

Une levée de fonds early stage est une course contre la montre. Il est donc crucial de choisir ses batailles et de ne passer du temps que sur ce qui compte vraiment: le produit et la satisfaction des clients. 

Dès les premiers jours post-investissement nous rentrons dans le concret pour partager nos expériences et notre savoir-faire – cela va de la mise en place des bons KPIs et des principaux process à la participation active au recrutement des profils clés, en passant par la mise en relation avec les experts et prospects de notre réseau. Mais une entreprise jeune est avant tout une aventure humaine, et notre rôle le plus important est celui de «sparring partner» : répondre présent quand l’entrepreneur en a besoin, peu importe quand ou à quel sujet!  

Otium Venture investit des tickets de 500K€ à 5M€ en seed capital / Série A dans des startups technologiques, avec un intérêt particulier pour les modèles SaaS, marketplaces et médias innovants. Otium Venture a été créé à Paris suite à la cession de Lafourchette. Il dispose de 100M€ à investir. Otium Venture a investi dans Octoly, Shippeo, Stratumn, Kidjo, Camping&Co et Balinea.

[Contenu réalisé en partenariat avec Otium Venture]

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