A la uneAcquisitionRetail & eCommerce

Comment le Chinois Alibaba s’américanise

Selon son PDG, le groupe chinois de e-commerce souhaite dépasser Walmart en 2016

Alors que le géant chinois du e-commerce Alibaba a annoncé en fin de semaine dernière être parvenu à un accord avec Louis Vuitton pour lutter contre la vente de produits contrefaits sur sa marketplace Taobao, celui-ci devrait investir 16 milliards de dollars d’ici à 2020 pour développer son pôle logistique et soutien.

La société qui avait d’ores et déjà dépassé eBay et Amazon réunis en termes de volume de ventes dès septembre 2012 ambitionne désormais de devancer le mastodonte américain de la grande distribution Walmart en 2016. Un bouleversement dans le secteur des détaillants puisque Jonathan Lu, le PDG du groupe Alibaba, aurait déclaré à Reuters s’attendre à atteindre les 3 000 milliards de yuan (soit 490 milliards de dollars) de volume de transactions dès 2016.

Pour y parvenir, le détaillant asiatique, fondé en 1999, voit de plus en plus son avenir hors de ses frontières – en particulier aux Etats-Unis – et pourrait s’appuyer en premier lieu sur son entrée en bourse à New York. Récemment, le groupe Alibaba a semblé écarter l’idée de s’introduire sur le marché chinois à Hong Kong, l’Autorité des marchés lui aurait en effet refusé le droit de choisir lui-même les membres de son Conseil d’administration. Qu’à cela ne tienne, il se reporte sur le Nasdaq, les règles étant plus souples.

Deuxième indicateur de son « américanisation », l’investissement de 206 millions de dollars qu’Alibaba a réalisé dans la startup américaine ShopRunner, spécialisée dans l’expédition de produits sous deux jours, comme le révélait le Wall Strett Journal la semaine dernière, alors qu’il avait déjà annoncé avoir achevé une première participation de 75 millions de dollars dans la compagnie en août dernier.

Et parce qu’un peu d’audace ne semble pas faire de mal si ce n’est que confirmer haut et fort la volonté du détaillant chinois, « les vieilles sociétés qui ne sont pas prêtes à se transfomer [comprendre s’adapter, ndlr] seront anéanties par la concurrence » annonce Zeng Ming, le directeur de la stratégie chez Alibaba cité par Reuters, avant d’ajouter que l’avenir du commerce se joue maintenant sur internet : « la plupart des détaillants traditionnels comprennent aujourd’hui que s’ils ne se déplacent pas en ligne, leur temps est limité » .

Pour ce faire, Alibaba sait qu’une croissance externe ne suffira pas et qu’il devra également miser sur une plus grande efficience de ses plateformes existantes, en partie pour mieux connaitre les habitudes et comportements de consommation de ses clients. Il va par conséquent poursuivre le développement de sa technologie de collecte et de traitement de données utilisateurs (big data, ndlr) afin de mieux évaluer les attentes des clients et procéder à de meilleures recommandations.

Il misera aussi, en sus de ses propres plateformes de e-commerce, sur la panoplie de produits et solutions cloud de stockage qu’il propose à destination des entreprises et des professionnels. De quoi aller encore plus vite.

Tags

Olivier Harmant

Pour contacter la rédaction: cliquez ici Devenez "la start-up de la semaine" : faites-vous connaitre! Ajoutez un événement à notre agenda: cliquez ici

7 commentaires

Comment le Chinois Alibaba s’américanise
[FW500] Comment Wonderbox veut revitaliser le marché des coffrets cadeaux
Alibaba prévoit une introduction en Bourse de 15 milliards de dollars à Hong Kong
mCommerce : 57% des consommateurs français utilisent leur mobile pour acheter en ligne
Transformation numérique des hôpitaux: Hoppen lève 32 millions d’euros et rachète Télécom Services
Rakuten
Rakuten paie les pots cassés de l’entrée en Bourse laborieuse de Lyft
Marketing: après leur fusion, Tradelab (Fimalac) et Jellyfish forment un ensemble à 580 millions d’euros
Copy link