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David Fayon: «Nous avons besoin d’un plan calcul 2.0 pour bâtir une nouvelle frontière numérique»

Les mentalités en France et aux Etats-Unis sont bien différentes comme le montre Nicolas Capitoni dans son article «Ces différences de mentalité entre la France et les Etats-Unis». Il explique par exemple, que les Américains instaurent des dynamiques positives dans les bureaux qui «nous font souvent sourire en France».

David Fayon s'est lui aussi intéressé à ces différences entre les Français et les Américains. Il vient de publier son dixième livre Made in Silicon Valley, du numérique en Amérique» aux éditions Pearson. Dans ce dernier, il analyse le succès américain dans le domaine du numérique. Il explique pour FrenchWeb pourquoi il existe tant de différences entre les deux pays.

FrenchWeb: Qu’est-ce qui vous a impressionné à votre arrivée dans la Silicon Valley ?

david-fayonDavid Fayon, consultant en transformation digitale et Web: Plusieurs choses comme la volonté de changer le monde chez beaucoup de start-uppers notamment à San Francisco et le fait que les problèmes sont vus comme des opportunités de création de services. Mais aussi des façons de travailler très différentes: façon de pitcher sa start-up ou son idée, manière de networker avec un usage intensif de LinkedIn et le fait qu’avoir des relais ou être connu aux Etats-Unis est un préalable, la pensée positive où tout est possible, le droit à l’échec et qu’il est préférable de créer par essais et erreurs quitte à pivoter sachant que les entrepreneurs constituent la normalité non l’exception comme en France, etc.

Pourquoi est-il important d’être présent aux Etats-Unis?

Même si nous assistons à une montée de l’Asie et s’il existe plusieurs villes avec des pôles technologiques dans le monde (j’en dénombre 10 dont 3 aux Etats-Unis dont l’épicentre mondial du numérique formé par la Silicon Valley et San Francisco), le passage par les Etats-Unis pour passer à l’échelle et devenir un acteur mondial est incontournable: marché homogène de 325 millions de citoyens avec une appétence forte au numérique, présence des acteurs majeurs (les 9 fantastiques: les GAFAM et les NATU) avec lesquels les interactions sont inévitables, capacité à lever des fonds importants, capacité à croître très rapidement pour devenir leader sur un marché naissant, etc.

Qu’est-ce que les Français pourraient mettre en œuvre pour devenir «la tête de pont du numérique en Europe» comme vous l’affirmez?

Je soumets 30 recommandations dans le livre à la suite d’une investigation de terrain sur l’ensemble de l’Amérique du Nord (85 entretiens, visites d’entreprises et de salons, etc.) et d’une analyse. Elles se situent à plusieurs niveaux alors que la France avec les élections législatives qui se profilent est à un tournant si nous voulons rebondir et ne plus produire des champions franco-français comme Viadeo ou Dailymotion, pourtant intéressants, mais qui n’ont pas su passer à l’échelle face aux mastodontes que sont les LinkedIn et YouTube. Il s’agit d’une véritable impulsion de l’Etat, d’actions au niveau des entreprises, de la formation, au niveau économique et fiscal et enfin au niveau international. Nous avons besoin d’un plan calcul 2.0 dans la tradition gaulliste de grandeur en mettant les moyens nécessaires en montrant la voie aux autres nations européennes façon Airbus pour bâtir une nouvelle frontière numérique. C’est possible pour peu que les mentalités de nos dirigeants puissent être conseillées et éclairées.

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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

La rédaction

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