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Elon Musk et le tweet qui risque de lui coûter la tête de Tesla

Avec l'AFP

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Le bras de fer entre le gendarme américain de la Bourse, la SEC, et Elon Musk a pris une tournure dramatique et pourrait coûter à l’entrepreneur sa casquette de PDG de Tesla, conséquence de ses tweets intempestifs. M. Musk, 47 ans, est un des patrons américains les plus inventifs et visionnaires. Il est aussi l’un des plus imprévisibles, notamment sur le réseau social Twitter où il communique souvent au mépris des règles imposées aux dirigeants d’entreprises cotées en Bourse. La SEC l’a ainsi accusé lundi d’avoir violé les termes d’un accord à l’amiable conclu fin septembre 2018, stipulant qu’il devait éviter d’envoyer tout tweet pouvant influer sur le cours de l’action.

Mais le 19 février, M. Musk a tweeté que le constructeur de véhicules électriques allait produire 500 000 voitures en 2019, quand le groupe ne parlait jusqu’ici que d’environ 400.000 unités du fait de problèmes de production rencontrés par son Model 3. Quatre heures plus tard, le milliardaire rectifiait le tir: « Voulais dire que le taux de production annualisé à la fin de 2019 serait probablement d’environ 500 000 (unités), c’est-à-dire 10 000 voitures par semaine. Les livraisons pour cette année demeurent attendues à environ 400 000» unités.

«Aucun PDG ne survivrait à cet incident»

Si la justice lui a donné deux semaines pour apporter la preuve de sa bonne foi, les experts estiment que le conseil d’administration de Tesla, dont M. Musk a le contrôle, a très peu d’options. « Aucun PDG ne survivrait à cet incident», estime Charles Elson, spécialiste en gouvernance d’entreprises à l’université du Delaware. « Le conseil d’administration de Tesla doit prendre le taureau par les cornes et adopter des mesures comme le relever de ses responsabilités, au moins pendant une certaine période», renchérit Stephen Davis. Pour cet enseignant à Harvard, les dirigeants d’entreprises cotées en Bourse sont responsables de l’argent qu’on leur confie, ce qui les oblige à fournir des informations vraies.

« Les informations que vous (le chef d’entreprise) donnez ne doivent pas être fausses auquel cas se pose la question de savoir si vous êtes la personne idoine pour diriger cette entreprise». « Le 19 février 2019 M. Musk a tweeté ‘Tesla a produit zéro voiture en 2011 mais en produira environ 500 000 en 2019’. M. Musk n’a ni cherché ni obtenu d’approbation pour la publication de ce tweet qui était inexact et a été diffusé auprès de plus de 24 millions de personnes», dénonce la SEC. L’autorité avait ouvert à l’été dernier une enquête contre Tesla et M. Musk parce que ce dernier avait affirmé dans un tweet, le 7 août, que la compagnie allait sortir de la cote et disposait de financements appropriés pour une telle transaction. L’information avait fait bondir le prix de l’action mais s’était très vite avérée sans aucun fondement. Dans l’affaire, des investisseurs qui pariaient sur l’échec de Tesla ont perdu d’importantes sommes d’argent.

La SEC veut envoyer un message fort

Pour clôturer son enquête, la SEC avait forcé Elon Musk à abandonner la présidence du conseil d’administration de l’entreprise qu’il a co-fondée et qu’il porte à bout de bras. Il a aussi payé une amende de 20 millions de dollars, tout comme Tesla, et ses tweets devaient être passés en revue avant d’être publiés. « Nous doutons que Tesla puisse prouver qu’il surveille Elon Musk, vu que le directeur juridique a démissionné la semaine dernière, quelques heures seulement après le tweet incriminé» lundi, avance Garett Nelson, analyste chez CFRA Research. En conséquence, « nous pensons que M. Musk s’expose probablement à un nombre de sanctions comprenant des amendes et des restrictions sur l’utilisation des réseaux sociaux, voire pire», ajoute-t-il.

Le tweet du 19 février « crée une chape de plomb sur l’action Tesla», estime Jed Dorsheimer chez Canaccord Genuity. La sanction contre M. Musk pourrait être lourde parce que dans cette affaire sont en jeu la crédibilité et l’autorité de la SEC en tant que garantes des intérêts des investisseurs. « La SEC doit envoyer un message aux dirigeants d’entreprises que les informations qu’ils publient aux marchés financiers doivent être exactes», enjoint Stephen Davis. « Le raisonnement d’Elon Musk est le suivant: ‘si je pars, l’entreprise s’effondre et tout le monde est perdant’ », explique Charles Elson, un calcul que la SEC devrait ignorer, selon lui. « Soit elle réagit comme il se doit soit elle aura beaucoup de mal à imposer ses règles à d’autres personnes», prévient l’universitaire. M. Musk, lui, en a remis une couche mardi, en moquant les procédures de contrôle de l’autorité.

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