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Et si le nouvel ennemi n°1 de Google était Amazon ?

On parle beaucoup de la guerre qui oppose Google à Facebook, de celle qui oppose Google à Apple, ou encore à Microsoft. En clair, Google est très fort pour se faire des ennemis, ce qu’on peut voir comme un signe de sa réussite. A cette liste d’ennemis, on peut aujourd’hui ajouter un autre géant du web : Amazon.

Tout le monde ne l’a pas vu venir, mais rétrospectivement on peut considérer que c’est Amazon qui a ouvert les hostilités l’an dernier avec une manoeuvre qui a priori ne ressemblait pas à une déclaration de guerre, bien au contraire : le lancement d’une tablette Android.

Avec le Kindle Fire, Amazon a fait ce que personne n’a réussi à faire véritablement avant lui : vendre des tablettes Android en grande quantité. Aucun chiffre officiel n’a été révélé, mais on parle de 4 à 6 millions de Kindle Fire vendus, loin devant la concurrence.
En vendant sa tablette à 199$, soit deux à trois fois moins cher que la concurrence (et 2 à 3 dollars de moins que ce qu’elle coûte!), Amazon a fait le pari d’un positionnement “good enough” avec une marge faible, l’objectif étant visiblement de mettre dans un maximum de mains un outil pour vendre le contenu Amazon Prime. Et selon certains analystes, c’est un pari gagnant.

Et c’est là qu’Amazon est entré en conflit avec Google : le Kindle Fire est la seule tablette Android à être livrée sans pré-installation de l’Android Market. Amazon a été plus loin que tous ses concurrents dans la customisation de l’OS de Google, dans le but de mettre en avant sa propre offre de contenus, qui a depuis longtemps dépassé la vente de livres “papier” pour inclure les mp3, les e-books et même les applications Android. Amazon a poussé le vice jusqu’à bloquer le site de l’Android Market dans son browser, du moins jusqu’à ce que les blogs ne fassent un scandale.

Ce serait une erreur de croire que le Kindle Fire est un concurrent direct de l’iPad. Apple a toujours vu le software comme un moyen de vendre du hardware. Amazon, à l’inverse, à inventé le Kindle pour vendre ses e-books. Le Kindle Fire est bien trop “cheap” pour concurrencer l’iPad, et ne fait de la concurrence qu’a ceux qui vendent du contenu. Et aujourd’hui, de plus en plus, ça veut dire Google.

La contre-attaque : Google Play et la Nexus Tab

Google ne pouvait pas rester sans réagir : les tablettes Android devaient s’attaquer à la suprématie d’Apple, pas se retourner contre leur créateur. Google a, depuis toujours, un gros problème avec l’Android Market : ses utilisateurs n’y téléchargent que des applications gratuites. Evidemment, la plupart de ces applications sont pleines d’AdWords, mais Google sait que si les utilisateurs d’Android étaient prêts à payer, les développeurs pourraient proposer de meilleures applications.

La réponse de Google à Amazon est donc double. D’abord ça passe par la transformation de l’Android Market en “Google Play”. Plus qu’un simple App Store, c’est un lieu unique où acheter/louer musique, films, livres et applications (du moins aux USA, puisque chez nous Google ne propose pas encore tous ces contenus). L’idée est d’offrir à un produit peu populaire comme Google Music la fréquentation de l’ex Android Market, mais aussi de créer un environnement qui incite la communauté Android à payer pour du contenu, que ce soit des films ou des applications.

Google Play bénéficie d’un gros avantage sur Amazon Prime : une chanson, un livre ou un film acheté sur Google Play peut-être consommé indifférement sur tout appareil connecté à votre compte Google, que ce soit votre tablette, téléphone ou ordinateur. Mais Amazon a pour lui une communauté Kindle déjà bien habituée à payer pour ses e-books.

Le problème, c’est que l’outil roi de la consommation de ce type de contenu aujourd’hui, c’est la tablette. Et la tablette Android numéro 1 aujourd’hui, c’est le Kindle Fire. C’est pour ça qu’on croit bien volontiers aux rumeurs d’une tablette Nexus fabriquée par ASUS et vendue entre 150 et 200 dollars. Avec cette tablette, Google pourrait proposer un environnement aussi complet qu’Amazon et espérer enfin vendre son contenu.


Apple, Facebook, Microsoft, Amazon… A force de vouloir être partout, Google se fait des ennemis de toute part. Alors que la confrontation avec Apple est plus féroce que jamais, que celle avec Facebook semble mal engagée, difficile de prédire si Google sera capable de l’emporter sur Amazon. Le succès d’une tablette Nexus pourrait en tout cas redorer un peu l’image de Google, écornée à de multiples reprises dans les derniers mois.

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La rédaction

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2 thoughts on “Et si le nouvel ennemi n°1 de Google était Amazon ?”

  1. Notons aussi l’extraordinaire offre cloud d’Amazon qui se situe en très bonne position sur ce marché. Autant de domaines qui concurrencent Google.

  2. Tout à fait d’accord avec Antwan ! C’est surtout sur le marché du Cloud que les deux géants se livrent la guerre ! Entre l’offre IaaS d’Amazon et le SaaS de Google, la guerre est déclarée depuis quelques années !

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