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[Internet] Qui survivrait à l’éclatement de la bulle ?

Le débat revient régulièrement : le secteur high-tech est-il en pleine bulle spéculative ? Comme souvent, c’est la presse généraliste qui crie à la bulle : cette fois-ci ce sont à la fois le New York Times et le Guardian qui relancent le débat.

Il faut dire que les raisons de s’interroger sont nombreuses : Facebook est sur le point de battre des records pour son entrée en bourse (86 milliards de dollars ?), et vient de dépenser un milliard de dollars pour Instagram, une entreprise qui n’a jamais généré le moindre revenu. Groupon a connu bien des déboires depuis son entrée en bourse, et Zynga semble avoir fait la pire affaire de la décennie en rachetant OMGPOP 200 millions de dollars juste avant que Draw Something ne perde ses utilisateurs en masse.

Nick Bilton pour le New York Times explique que les Venture Capitalists suggèrent aux startups de ne pas chercher à générer des revenus, parce qu’il est plus facile de lever des sommes folles sur des chiffres purement spéculatifs que sur des réalités pas forcément aussi enthousiasmantes.

Bien entendu, toute la blogosphère tech anglo-saxonne s’est précipitée pour contredire ces articles en bloc. Ils ont de bons arguments : Apple, Google ou Yahoo ne sont pas surevalués, le taux de croissance des revenus de Facebook est incroyable, etc… Mais ils ont aussi bien souvent un gros intérêt personnel à nier la bulle.

Pourtant, on ne peut pas en douter, ceux qui prédisent que le marché va s’écrouler ont forcément raison : tous les marchés finissent par chuter un jour ou l’autre, et, à ce moment-là, ceux qui auront parlé de bulle pourront dire qu’ils avaient raison. Et s’ils l’ont dit longtemps avant que les premiers signes ne soient là, ils se féliciteront même de leur clairvoyance.

Il y a deux questions plus productives à se poser à propos de l’éclatement de la bulle : quand cela arrivera-t-il, et qui y survivrait ? La première question, on la laisse aux apprentis Nostradamus pour l’instant. On osera par contre spéculer un peu sur la seconde.

Il peut en rester plus d’un

Foursquare, Quora, Pinterest… Un seul d’entre eux pourrait-il resister à la tempête? Certains ont une véritable base d’utilisateurs qui se moquent bien de savoir ce que les marchés pensent de la start-up derrière le service qu’ils utilisent, mais ils pourraient ne pas apprécier les changements apportés dans la précipitation pour monétiser des services qui, jusque-là, n’avaient pas vraiment de business model.

Twitter parviendra-t-il bientôt à générer suffisamment de revenus pour ne pas faire partie de la liste des victimes ? Le géant du microblogging a des pieds d’argile, et serait en bonne position pour devenir le nouveau pets.com.

A moins que ce rôle ne soit réservé à Tumblr ? Si Twitter a commencé à imposer des tweets sponsorisés plutôt rentables sans rencontrer de levée de bouclier de la part de ses utilisateurs, Tumblr a déjà essuyé un revers en proposant à sa communauté de payer pour “sponsoriser” son propre contenu, et expérimente aujourd’hui avec la publicité, mais catégorie “premium” uniquement. Si la bulle éclatait demain, pourront-ils laisser tomber cette approche prudente de la monétisation et risquer d’aliéner une communauté pas forcément emballée à l’idée de voir Tumblr se transformer en nouveau MySpace ?

On ne peut bien entendu qu’en rester au stade de la speculation, mais une chose est certaine pour tous ces sites : un jour ou l’autre, il faudra penser à faire de l’argent, et si à court terme ça peut sembler une bonne idée de ne pas s’en soucier (ça a plutôt réussi à l’équipe d’Instagram, non ?), sur le long terme ça pourrait être une erreur fatale.

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La rédaction

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11 thoughts on “[Internet] Qui survivrait à l’éclatement de la bulle ?”

  1. Ca fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à m’interroger au sujet de l’éclatement d’une bulle des médias sociaux.
    Comme je l’écrivais dans un article récent (http://socialreflexe.wordpress.com/2012/04/13/the-social-media-bubble/) l’une des principales caractéristique d’une bulle, c’est que personne ne la voie venir. Hors pour mon article j’ai mené une petite étude qui montre que 88,2% de professionnels du web n’y croient pas.
    Inquiétant ?

    1. D’un autre côté, si on interrogeait les professionnels de la boulangerie (au hasard) et que 90% d’entre eux déclaraient ne pas croire à l’existence d’une « bulle de la boulangerie », cela voudrait-il dire que je paye mon pain trop cher ?

  2. C’est inquiétant si les venture capitalists recommencent comme en 2000 (on y était) à demander des business plan sans business..parce que c’était les inepties entendues à l’époque juste avant le crash ! ceux qui y étaient ne sont pas morts, reconvertis oui, mais les boites du net d’aujourd’hui sont nées après la purge d’alors (meetic aufeminin..)
    Se méfier donc.

  3. J’adore cette remarque « Nick Bilton pour le New York Times explique que les Venture Capitalists suggèrent aux startups de ne pas chercher à générer des revenus, parce qu’il est plus facile de lever des sommes folles sur des chiffres purement spéculatifs que sur des réalités pas forcément aussi enthousiasmantes. »
    Je comprend mieux pourquoi un investisseur m’a dit que ma société qui est rentable ne l’intéresse pas car elle a « un business à faible croissance potentiel »…

  4. Nous n’en sommes pas tout à fait au même point qu’en 1999, cependant : les start up ne font pas leur IPO avant d’avoir un business plan. Si la « bulle » éclatait demain, ce serait aux dépends des VC, pas des petits porteurs. Là encore, c’est pour ça que l’IPO de Facebook sera déterminante pour la suite.

  5. Les indices boursiers américains s et p, nasdaq, dow sont au plus haut depuis 2000 lors du crack. Les mecs délirent complètement. Le pognon sert à spéculer sans limites. On se fout de l’économie réelle. ça va faire mal. Stop.

  6. C’est incroyable d’entendre que telle ou telle société vaut X milliards juste parce que le service est « à la mode », ou qu’elle a déjà X millions d’utilisateurs… Et ? On fait quoi de ces utilisateurs, on les force à payer ? On leur envoie du spam ? …
    Bref cet article résume bien la situation et je n’échangerai pour rien au monde 10 actions Google ou Apple contre 100 actions Facebook!

  7. Qu’il y ait des malins, VCs et entrepreneurs, pour vendre des fortunes des entreprises dont ils n’ont pas la moindre idée de ce qui pourrait être une source de revenus, c’est rusé. Rien à dire.

    Mais ce qui est affligeant, c’est qu’il y ait des idiots pour payer ces sommes et croire au Père Noël! Qu’ils soient patrons de boites faisant des acquisitions ou simples acheteurs d’actions en bourse…

    That’s life !

  8. La valorisation des boites c’est une chose, leur business une autre

    Apple est profitable
    Google est profitable
    Facebook est profitable
    Twitter est surement profitable (150 millions de revenus pour 700 salariés)

    Par contre technicolor (ex Thomson) est toujours dans le rouge, en 8 ans la société a fait 1 seul exercice positif.

  9. Richard a raison.

    Le move instagram est défensif, et on ne met pas suffisamment en avant à quel point il consolide la position de FB sur le mobile. Mobile qui est d’ailleurs devenu le premier écran d’accès à FB…

    Quant à Draw Something, ils généraient 100k$ jour au moment de l’acquisition.
    Il est déjà rentabilisé avec ce qu’il offre en terme de possibilité de cross-promo pour un éditeur de jeu dont c’est le premier canal d’acquisition.

    Youtube pour 1 milliard? Super deal.

    1. D’accord avec vous. Sauf sur Draw Something, c’est qu’ils perdent 5 millions d’utilisateurs par mois, et qu’ils ont réussi à vendre pile au moment où ils connaissaient leur pic de popularité… Aujourd’hui, je parierais que Zynga n’en voudrait pas pour la moitié du prix qu’ils ont déboursé.

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