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La biométrie, fer de lance d’Idemia pour relever les nouveaux défis de la sécurité numérique

Interview de Frédéric Beylier, Chief Operating Officer chez Idemia

Avec l’arrivée du numérique et l’émergence de nouvelles technologies, l’identité a progressivement basculé du monde physique à l’univers digital. Si chacun dispose toujours d’une identité physique, comme en témoignent les cartes d’identité, les passeports ou les cartes bancaires, celle-ci se décline aujourd’hui dans l’espace virtuel avec le lot de risque que cela comprend. Piratage, usurpation d’identité, fraude, arnaque… Les possibilités pour les cybercriminels sont nombreuses. De plus, les attaques XXL en ligne se multiplient, à l’image de la cyberattaque mondiale WannaCry qui a touché pas moins de 300 000 ordinateurs dans 150 pays en 2017.

Dans ce contexte, le groupe Idemia a vu le jour en 2017 à la suite de la fusion entre fusion entre Morpho, ancienne filiale du groupe Safran, et Oberthur Technologies. Au travers de cette union, l’idée était de donner naissance à un champion de la sécurité numérique. Misant sur la cryptographie, la biométrie et l’intelligence artificielle pour sécuriser l’identité numérique de chacun, la société fournit sa technologie à une large palette d’acteurs, comme les banques et les institutions financières pour sécuriser les cartes de paiement et les solutions de paiement mobile, les opérateurs télécoms pour protéger les cartes SIM, les gouvernements pour assurer une protection optimale des papiers d’identité (passeport, permis de conduire…), les forces de l’ordre (contrôle aux frontières).. ou encore les objets connectés, marché en plein essor. En 2025, ce sont ainsi plus de 25 milliards d’objets connectés qui seront en circulation dans le monde, soit autant d’aubaines pour les hackers d’avoir un impact négatif sur la vie de millions de personnes. Apple-converted-space »>Le directeur de l’Anssi, le gendarme français de la sécurité informatique, a d’ailleurs indiqué cette semaine qu’il redoutait une «succession d’attaques massives surprises», estimant que tous les éléments techniques sont réunis pour un «cyber-Pearl Harbor». 

Le RGPD, «un exemple qui sera déployé dans le monde d’ici 20 ans»

Pour faire face aux nouvelles problématiques engendrées par les bouleversements technologiques, Idemia a développé la notion d’«identité augmentée», qui consiste à mettre la biométrie au service de l’identité numérique. Derrière ce concept, l’objectif est ainsi d’améliorer la sécurité digitale en ayant recours aux empreintes digitales ou à l’iris pour vérifier l’identité de chacun. Cela pourrait par exemple se traduire par des cartes de paiement biométriques pour ne plus avoir à saisir son code, par des serrures intelligentes de voiture déverrouillables d’une simple pression de doigt ou encore par une porte d’entrée de son domicile qui s’ouvrira grâce à la reconnaissance faciale.

Ces questions sécuritaires autour de l’identité numérique sont d’autant plus importantes qu’une défiance grandissante à l’égard des grands groupes technologiques s’est installée ces derniers mois dans la conscience collective. La faute notamment à Facebook, qui croule sous les polémiques pour sa conception du respect de la vie privée de ses utilisateurs. Frédéric Beylier, Chief Operating Officer chez Idemia, estime d’ailleurs que le scandale Cambridge Analytica a agi comme un détonateur dans cette prise de conscience à l’échelle internationale. Alors que la menace d’une régulation des géants du numérique, principalement les GAFA, se fait de plus en plus pressante, il se dit «assez fier» de l’application du RGPD depuis mai 2018 qui, à ses yeux, est «un exemple qui sera déployé dans le monde d’ici 20 ans». Toutefois, pour Frédéric Beylier, un cadre trop contraignant n’est pas la solution optimale. «Il ne faudrait pas que ce soit plus contraignant que ça ne l’est aujourd’hui à travers le RGPD, mais je pense que ce sera très sain pour notre monde digital de demain», a-t-il estimé Apple-converted-space »>à l’occasion du sommet des Napoleons qui s’est tenu à Val d’Isère du 9 au 12 janvier.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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