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[#Netexplo] Digital dragon : entre expansion et contradiction

La Chine est-elle un digital dragon ? C’est sur ce thème que la 6ème édition du forum Netexplo a ouvert ses portes hier. Animée par Pierre Haski (Rue89), Guillaume Grallet (Le Point) et Francis Pisani (Netexplo), cette table ronde est revenue sur le potentiel énorme du marché numérique chinois, entaché toutefois d’une certaine contradiction.

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Avec une population de plus de 560M d’internautes, la Chine a pu monter en puissance grâce à son marché local colossal. Depuis quelques années des géants du web nationaux ont donc vu le jour.

Du copycat à l’innovation

C’est le cas notamment, du moteur de recherche Baidu, équivalent chinois de Google. Fondé en 2000, il traite actuellement près de trois quarts des requêtes effectuées en Chine contre 24% pour Google. Aujourd’hui, il se positionne comme le 1er site chinois et se place au 6ème rang mondial.

Créé en 1999, le géant du e-commerce Alibaba s’accapare 71% des achats en ligne effectués par les Chinois. Il possède notamment trois plateformes parmi les 100 sites les plus visités dans le monde. Le site Alibaba spécialisé sur le marché BtoB comptabilisait 52M d’entreprises inscrites début 2011. Dans la veine d’eBay, la plateforme Taobao a été créée en 2003 et doit notamment son succès à son service de chat qui permet aux acheteurs et vendeurs d’entrer en contact. Le 11 novembre dernier, le site a enregistré sur une seule journée plus de 3 milliards $ de ventes. 

Youku, l’équivalent chinois de Youtube, a racheté en mars dernier son concurrent Tudou Holdings par échange de titres. Depuis, les deux géants chinois de la vidéo en ligne ne font plus qu’un. Cette fusion aurait permis à la nouvelle entité de s’accaparer plus de 50% des parts de marché sur ce secteur en Chine. Tous les deux cotés au Nasdaq, ils revendiquaient respectivement 264M et environ 200M de visiteurs.

Toujours dans un esprit de copycat, l’équivalent de Twitter, Sina Weibo, compte aujourd’hui près de 400M de membres. Par ailleurs, 70% des utilisateurs de Sina Weibo ont moins de 30 ans tandis que 40% auraient moins de 22 ans. Malgré cette forte audience, de nombreux analystes estiment que la plateforme de micro-blloing se trouve aujourd’hui sur le déclin. Une érosion qui s’expliquerait notamment par la pollution du site et par la censure répétée.

Après être passée par un processus de copycat, la Chine se présente désormais comme une véritable terre d’innovations. A titre d’exemple, lors du forum Netexplo, 5 projets des 10 Lauréats sélectionnés ont été développés en Chine. La question reste donc de savoir si le pays réussira à exporter ses services à l’échelle mondiale.

Vers une guerre froide technologique ?

L’application de messagerie Wechat représente ici un très bon exemple. A la croisée de Facebook et Twitter, cette communauté plus privée regroupe aujourd’hui plus de 300M d’utilisateurs en Chine et à travers le monde. « Les réseaux sociaux fonctionnent très bien en Chine car, du fait de sa géographie, il y a un véritable besoin de communication » expliquent les experts. Par ailleurs, on assisterait aujourd’hui à un bouleversement où le boom des réseaux sociaux ne s’appuierait plus sur les relations sociales mais sur les conversations.

Toutefois, malgré ses innovations et ses ambitions internationales, l’application Wechat est, elle aussi, victime de censures qui ne touchent pas uniquement les utilisateurs chinois. « Le parti communiste rêverait d’un vaste intranet à l’échelle de la Chine, ce qui est possible. Mais, quand on a des ambitions mondiales on doit savoir travailler dans un espace ouvert. Il y a une véritable contradiction », regrettent les experts présents.

Le contexte politique reste donc très vigilant et sensible et la question de l’imperméabilité des frontières entre le web chinois et le reste du monde demeure en suspens.

Pour conclure cette table ronde, Pierre Haski a rappelé l’évocation de la Chine dans les bonnes feuilles du livre qu’Eric Schmidt doit publier en avril prochain. « Il n’adopte pas un discours de chef d’entreprise mais celui d’un véritable ministre des Affaires Etrangères, où il estime que la Chine constitue une véritable menace. » Une sorte de nouvelle guerre froide technologique pourrait donc voir le jour…

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La rédaction

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