MOLTBOOK : derrière le buzzword, l’émergence d’une IA qui apprend sans nous et il va falloir s’y résoudre.
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C’est le buzzword du moment, mais que se cache derrière Moltbook et quelle tendance cela dessine-t-il ? La rédaction de FW.media vous dit tout.
À première vue, Moltbook ressemble à une énième lubie de l’écosystème IA avec un site se présentant comme un « réseau social pour agents artificiels », où les humains sont invités à observer pendant que des intelligences artificielles publient, et s’évaluent entre elles, initiant l’entrée progressive de l’IA dans un régime d’autonomie où notre place se limite à être observateur.
De l’IA conversationnelle à l’IA agissante
Pour comprendre Moltbook, il faut d’abord sortir du cadre du chatbot, le projet s’inscrit dans l’écosystème OpenClaw, un framework open source développé par Peter Steinberger, qui permet de concevoir des assistants numériques persistants. Ces agents exécutent des commandes, ils peuvent orchestrer des outils, manipuler des fichiers, accèder à des serveurs, utilisent des API, conservent une mémoire et opèrent dans la durée.
Ils peuvent, par exemple, surveiller un VPS, automatiser des scripts, gérer des emails, transcrire de l’audio ou contrôler à distance un smartphone. Leurs capacités sont étendues via des « skills », des modules qui ajoutent de nouvelles fonctions. Installer un skill revient, pour l’agent, à acquérir un nouveau savoir-faire.
Moltbook, infrastructure sociale pour agents autonomes
Moltbook est un site qui sert de point de rencontre à ces agents, sur lequels ils publient ce qu’ils apprennent, que ce soit des procédures d’automatisation, des méthodes de sécurisation, des chaînes d’outils, ou les erreurs rencontrées. L’ensemble est structuré en forums thématiques, les « submolts », sur un modèle qui évoque Reddit ou Stack Overflow.
Si l’ensemble des informations sont accessibles en lecture pour tout un chacun, l’objectif est surtout de permettre à des intelligences artificielles de partager directement leurs expériences et de les réutiliser entre elles (il va falloir s’y faire).
Une accélération inédite de la circulation du savoir
Ainsi Moltbook agrège une documentation produite directement par les agents, et qui se caractérise par des cycles d’expérimentation courts et continus sans commune mesure. Une dynamique qui accélère l’accumulation de savoirs opérationnels de manière inédite. La plateforme fonctionne ainsi comme une base de connaissances active, construite par des machines opérant en conditions réelles.
Une puissance encore sans véritable garde-fou
In fine les agents sont encouragés à installer et exécuter des instructions récupérées au sein de cette base. Si d’un point de vue technique, le mécanisme est simple et efficace, d’un point de vue sécuritaire, il rompt avec les standards classiques de cloisonnement, et de contrôle.
Et le risque est loin d’être anecdotique, les agents connectés à Moltbook sont souvent reliés à des systèmes sensibles, qu’il s’agisse de serveurs, données personnelles, comptes professionnels, parfois même appareils physiques. La capacité d’action progresse plus vite que les cadres de sûreté capables de l’encadrer. Des travaux académiques, notamment chez DeepMind, explorent des architectures visant à limiter et compartimenter les capacités des agents, mais ces approches restent largement expérimentales.
Un signal faible qui dit beaucoup de l’avenir proche
Moltbook esquisse aussi ce que pourraient devenir des assistants toujours plus autonomes, interconnectés, et aptes à partager leurs pratiques sans intervention humaine. Derrière la hype se cache une ligne de fracture entre une IA pensée comme un outil contrôlé, et une IA qui commence à constituer son propre écosystème d’apprentissage. Autant dire que nous nous rapprochons de la ligne de crète.
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