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Mes 3 coups de cœur «management» de 2017

Par Bertrand Dalle, fondateur de Conseil & recherche et larecherchecollaborative.com

Voici les entreprises qui, pour moi, sont les plus innovantes et que j’ai eu la chance de visiter cette année.

Premier coup de coeur

KIABI, l’entreprise qui m’a ouvert les yeux sur la capacité de remise en question des anciens modèles d’organisation du travail et de management. Oui c’est possible, leurs témoignages sont poignants, emplis d’humilité et d’une profonde croyance que l’énergie des individus vaut 1000 stratégies. Le monde de la passion reprend le dessus. Cette entreprise est un incroyable laboratoire expérimental du mouvement humain dans le cadre du travail salarié.

L’initiative à tous les niveaux, assortie d’un cadre et de leaders bienveillants qui remettent en jeu l’exercice de leur fonction, nous montrent un excellent exemple des nouveaux paradigmes des organisations que quelques-uns tentent de mettre en place. Toute ma gratitude à l’équipe de Kiabi, emmenée dans un nouveau chemin par un dirigeant d’exception. L’un de mes inspirateurs favoris de l’année, pour ne pas dire de ces 10 dernières années. Kiabi, le bonheur leur va si bien!

«Dans ce chemin, on part avec une petite valise comme pour partir à la maternité: avoir une volonté forte de changer et accepter les logiques individuelles car c’est la somme des engagements des individus qui créera le mouvement; penser un mouvement humain plus qu’une nouvelle organisation du travail; changer de posture à tous les niveaux». Nicolas Hennon, Directeur général Kiabi

Mon deuxième coup de coeur

GUSTO, l’entreprise où l’on travaille «comme à la maison». Gusto, San Francisco: une entreprise en croissance confrontée à la problématique d’attirer et conserver les talents dans un bassin d’emploi très concurrencé. L’expérience collaborateur est pensée et portée chaque jour par les fondateurs. Objectif: respecter la singularité des individus et leur apporter des environnements de travail sains et favorables au travail individuel et collectif. Mais bien au delà du discours, c’est très perceptible dès la première visite dans leurs locaux: l’accueil est composé de gigantesques casiers à chaussures et on nous invite à enfiler une paire de pantoufles pour entrer dans les espaces. Cette entreprise m’a vraiment passionné par sa double orientation très forte, clients et collaborateurs. Beaucoup de choses à retenir, je vous livre ici quelques belles pratiques de Gusto sur leur manière de penser l’«expérience collaborateurs»:

  1. un bureau «super welcoming» et «warm feeling»: On s’y sent tout de suite très bien. Surtout parce que chacun s’est totalement approprié l’espace, l’a personnalisé, dans l’authenticité. Plutôt que du mobilier design à chaque recoin, notre parcours en chaussettes nous met nez à nez avec …le chien d’une collaboratrice!
  2. il n’y a pas de différences entre le personnel dans le matériel informatique comme dans les bureaux. Chacun est doté d’outils haut de gamme (écrans Apple, écouteurs Bose pour s’isoler…) et d’un bureau qui lui permet de travailler assis ou debout.
  3. en matière de style de management, la responsabilité est à l’honneur. Les congés sont illimités, les pratiques de télétravail sont libres. Et comme souvent à San Francisco et dans l’univers des start-up, l’usage du vélo pour se rendre au bureau est fortement favorisé et subventionné.

S’appuyer sur la singularité des individus, cela se traduit chez Gusto par de nombreuses intentions, avec l’objectif de supprimer les rapports de pouvoirs entre les personnes. L’ego est proscrit et les environnements de travail permettent de se sentir «comme à la maison». Charles Guillemet, responsable du recrutement Gusto

Troisième coup de coeur

Mon troisième coup de coeur revient à Upwork. Leur métier: que chaque emploi trouve le meilleur travailleur indépendant possible et vice-versa! Entreprise de la Silicon Valley, leader mondial de la mise en relation entre entreprises et travailleurs indépendants, 12 millions de freelancers utilisent leur plateforme, dans 180 pays. Upwork m’a impressionné sur deux registres: le premier, leur métier, qui accompagne la lente et constante mutation du travail salarié vers le travail indépendant; le second: leurs pratiques, très avancées, en matière de télétravail. J’illustre ici ce deuxième point.

«Aujourd’hui, savoir faire travailler les gens à distance devient un avantage concurrentiel énorme pour les entreprises qui savent le manager» Stéphane Kasriel, Directeur général UpWork

L’idée développée par Upwork est que nous n’avons définitivement plus besoin de la contrainte du lieu de travail unique dans le monde du service d’aujourd’hui. Ils s’appliquent à eux-même cette logique: 1000 salariés dont 750 en télétravail, distribués dans tous les États-Unis, sur plusieurs fuseaux horaires et dans d’autres pays. Les salariés y voient là une manière de réduire leurs temps de transport, voire d’améliorer leur qualité de vie en restant vivre dans une zone géographique autre que celle de la baie de San Francisco, tout en bénéficiant d’un salaire supérieur à celui qu’ils auraient dans leur bassin d’emploi de résidence. Pour Upwork, ce système permet de recruter des compétences devenues rares sur leur bassin d’emploi. Cerise sur le gâteau, avec des salaires souvent inférieurs, ou encore une diminution du foncier. Et pour faire fonctionner l’entreprise avec 75% de ses salariés dispersés à travers le monde, quelques bonnes pratiques inspirantes:

  • au préalable, il ne s’agit pas de simplement intégrer cette particularité de dispersion des effectifs dans leur système de management. Il faut bâtir le système de management sur cette particularité! Tout doit être pensé dans un cadre de travail à distance avec des équipes dispersées.
  • Pour manager ce télétravail, il faut de bons outils SI certes; mais aussi et surtout des meetups réguliers qui permettent de travailler ensemble sur un court moment, au même endroit, et de socialiser les équipes selon leurs propres choix. Ces regroupements, plusieurs fois par an, physiquement, par équipe, se font partout dans le monde. Ils sont:
  1. réalisés avec des moyens généreux, quelque soit la population rassemblée (les équipes disposent d’un budget et l’affectent librement. Il n’y a pas besoin d’être dirigeant pour avoir de «vrais» budgets)
  2. façonnés par les participants eux mêmes. Même le choix de la destination et le style d’hébergement restent libres (certains louent des maisons plutôt que des hôtels).
  3. «out of the box», souvent dans un endroit du monde au milieu des lieux de résidence des participants et organisent aussi des moments de convivialité en équipe, au delà du travail, pour vivre des choses réelles et intenses ensemble.

 

Le contributeur:

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Bertrand Dalle est le fondateur de Conseil & recherche et larecherchecollaborative.com.

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