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Morning, un bras de fer avec la Maif, qui pourrait l’envoyer au terminus

La FinTech toulousaine Morning (ex-Payname) pourrait ne pas se relever du bras de fer qui l'oppose à son actionnaire majoritaire la MAIF.

En 2013, nous vous présentions la start-up sous le nom de Payname, qui lançait une application de paiement pour déclarer, assurer et payer les services entre particuliers. Depuis, la société a opéré de nombreux pivots, dont le dernier l'été dernier en voulant se transformer en banque en ligne, sous la marque Morning. Fondée par Eric Charpentier, Morning veut «aller vers un nouveau paradigme de la banque, ancré dans l’économie réelle».

Et c'est à cette réalité que Morning doit aujourd'hui faire face, l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) a pris le 1er décembre des mesures conservatoires visant à suspendre l'activité de la société. En voulant proposer un service de carte bancaire à ses clients, Morning a dû garantir au travers d'un nantissement d'une partie de son compte de cantonnement (compte qui détient les fonds reçus de sa clientèle). Face à cette situation, l'ACPR a considéré que «les intérêts de ses clients sont susceptibles d’être compromis».

«Nous ne pouvons pas reverser l’argent collecté sur le compte de nos clients. Le site est donc gelé et aucun mouvement ne peut être opéré», explique la société via son blog.

L'entreprise doit également faire face à des difficultés de trésorerie, cette dernière étant devenue négative au 17 novembre 2016, selon le commissaire aux comptes de la SAS. Autant de faits qui ont constitué des motifs suffisants pour justifier la décision de l'ACPR.

La Maif refuse une IPO de Morning 

Eric Charpentier explique cette situation par la dégradation des relations avec la MAIF, actionnaire à 38% de la société, qui, selon lui, ne soutiendrait pas le projet financier qu'il souhaitait développer, à savoir une introduction en bourse début 2017. La MAIF préférerait que Morning ouvre son capital à une banque traditionnelle, scénario qui selon le fondateur irait à l'encontre de l'indépendance de Morning. Et pour cause, ce désaccord empêcherait l'arrivée de nouveaux actionnaires.

Eric Charpentier a déclaré dans les colonnes de La Tribune que les salaires de décembre ne pourront être versés. Pour lui, les seules issues sont «soit la Maif se réengage, soit elle se désengage complètement».

Depuis son lancement en 2013, Morning a réalisé trois tours de table : le premier de 300 000 euros auprès de business angels, dont Denys Chalumeau et Olivier Pariselle, le second de 500 000 euros via la plateforme de crowdfunding Wiseed, puis 5 millions d'euros auprès de MAIF AVENIR (4 millions d'euros), le groupe La Dépêche du Midi, la BPI et la région Midi-Pyrénées.

Morning a lancé en juin 2016 un ambitieux projet de campus à Saint-Elix le Chateau dans lequel la start-up aurait investi plus d'un million d'euros. Morning compte aujourd'hui une cinquantaine de salariés.

Lire aussi : Les assureurs ont multiplié par 20 leurs investissements dans les start-up en trois ans

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Richard Menneveux

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