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Neuf médias ont dit «oui» à Facebook, pour le meilleur et pour le pire?

Le projet de rapprochement avec Facebook avait fuité depuis quelques semaines. Neuf médias ont officiellement franchi le Rubicon, d’après un communiqué de Facebook cette semaine. Ils ont donné l’autorisation à la solution «Instant Articles», développée par le réseau social, d’aspirer leurs articles pour les publier directement sur le mur. Avec un tel mariage, les éditeurs dont BuzzFeed, The New York Times, National Geographic, BBC News, le Spiegel, Bild, ou encore The Guardian confient leurs contenus à l’ogre du partage social qui draine 60% de leur trafic. Pour assurer leur salut, les médias embrassent l’ère du «social», après avoir cru au «search».

Pour convaincre les éditeurs, la firme de Mark Zuckerberg joue sur l’ergonomie et les fonctionnalités proposées par Instant Articles. Dans une vidéo créée pour l’événement, les médias partenaires reconnaissent que «l’article se charge instantanément», la rapidité étant pour eux une clé pour garder leurs lecteurs. De son côté, Facebook ne cache pas sa satisfaction : «Fondamentalement, ce produit permet aux éditeurs d’offrir une meilleure expérience à leurs lecteurs», explique Chris Cox, chief product officer de Facebook. «Les éditeurs peuvent produire des articles interactifs rapidement tout en maintenant le contrôle sur leurs contenus et leur business model». Parmi les options disponibles, de l’auto-play vidéo, du son, des cartes interactives. Mais Facebook promet de «donner le contrôle aux éditeurs».

«Nous participons à Instant Articles pour explorer de nouveaux moyens d’accroître le nombre de lecteurs du Times sur Facebook, tout en améliorant leur expérience de notre journalisme et en approfondissant leur engagement», raconte Mark Thompson, président et CEO du New York Times. Un nouvel usage de l’information qui vient aussi combler les lacunes des éditeurs en matière de développements sur mobile. Au New York Times, alors que plus de la moitié du trafic Internet provient désormais des mobiles, ces supports représentent au total seulement 10% des revenus du digital, rappelle AdAge.

Un transfert de valeurs

Côté recettes, Facebook ne met en place le partage de revenus publicitaires (30% des revenus) que si l’éditeur utilise son service de promotion «Facebook Audience Network». Dans le cas contraire, l’éditeur publie et se rémunère seul sur ses publicités. Mais tel un imprimeur des temps modernes, Facebook pourrait faire évoluer ses offres comme il l’entend, et même privilégier certains éditeurs qui pourraient payer plus cher leur mise en avant.

Si les données sont exploitées par Facebook, les médias n’ont-ils pas accepté un cadeau empoisonné en signant un tel contrat? Facebook va en tout cas pouvoir mettre la main sur une nouvelle palette de comportements de lecteurs, liés aux articles et aux thématiques qu’ils consultent. L’étau publicitaire tendra donc à se resserrer encore plus autour des éditeurs qui dépendront toujours plus des datas fournies par Facebook.

 

Facebook domine l’ère du partage social

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Shareholic, 2014.

 

Jeanne Dussueil

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