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Pourquoi parler de « quartiers numériques » ?

Fleur Pellerin est ce lundi 16 septembre en visite à Bordeaux pour « valoriser » et appuyer la dynamique des territoires

Fleur Pellerin est à Bordeaux. Sa visite officielle a pour objectif de « rencontrer les acteurs de l’écosystème numérique bordelais, et saluer le travail réalisé par la Communauté urbaine de Bordeaux et la Région Aquitaine pour faire de Bordeaux et sa région une métropole numérique reconnue à l’international ».

Il est vrai que la ville, jadis berceau du jeu vidéo, dispose de belles pépites que FrenchWeb a pu déceler lors du traditionnel FrenchWeb Tour:  ConcoursMania, leader du jeu-concours sur internet avec plus de 15 millions d’euros de chiffres d’affaires, ou encore Immersion, une société spécialisée dans la 3D immersive sur différentes surfaces, lancée il y a 18 ans, en croissance de 18%/an. Immersion, qui est d’ailleurs sur la roadmap de la Ministre ce lundi.

Le numérique à Bordeaux, c’est par ailleurs la première région de France, pour la part budgétaire consacrée à la recherche et à l’innovation par habitant. La région Aquitaine est la deuxième région la plus connectée après l’Ile de France. La filière numérique y est estimée à plus de 3 700 entreprises employant 23 000 personnes (+14% d’évolution des emplois numériques en 2011), dans les secteurs de l’e-santé (1ère région française), des jeux vidéo, du mobile, de la géo-localisation et du transport intelligent, sans oublier bien sûr, l’innovation dans le vin, le fleuron français qui dispose aujourd’hui d’un cluster planté au milieu des vignes, abritant chercheurs et startups….

Bordeaux-Paris en deux heures

En 2017, Bordeaux sera reliée à Paris en seulement 2h00 de TGV. De fait, les prix de l’immobilier tendent certes à grimper, mais ils restent extrêmement attractifs aux yeux des parisiens, et notamment des entrepreneurs fatigués de la capitale qui leur coûte à tous points de vue : on estime que 15% des effectifs des startups à Bordeaux sont des des ex-parisiens, ayant accepté de baisser (un peu) leur salaire, pour une qualité de vie meilleure.

A Bordeaux toujours, le siège de Yummypets, cette start-up qui a développé un réseau social pour animaux (plus de 120 000 membres), est basée en plein centre-ville. Une aubaine pour cette société qui emploie une quinzaine de personnes.

Plus que des « quartiers numériques », les villes de France ont toutes leur carte à jouer dans le rayonnement de la France sur le secteur de l’innovation, notamment pour l’implantation des laboratoires R&D, des datacenters, et des supports techniques. Là où les coûts et les charges y sont moins élevés, et la formation au niveau attendu des sociétés et PME innovantes. On pourrait presque penser que le label du « Paris capitale de l’innovation » ne pourrait se passer de ses connexions avec la province.

Facebook vient chercher ses data-analystes à l’EM Lyon

Comme le confiait un data-analyste français qui travaille au siège de Facebook en Californie : « On est venu me chercher à Lyon, où je faisais une thèse sur les relations sociales. Quelqu’un m’a mis en relation et je suis parti en quelques semaines là-bas ».

A Lille, le pôle d’innovation et d’accélération des startups EuraTechnologies a un partenariat avec l’Université de Stanford depuis… 3 ans maintenant. L’idée: envoyer nos « petits frenchies » à l’épreuve des questions-réponses avec les meilleurs VC’s et entrepreneurs de la Silicon Valley. Un must-have pour nombre de startups en phase de croissance.

Le secteur de l’aérospatial en Aquitaine, la recherche en robotique et les mathématiques à Grenoble, les innovations en logistique plus au Nord et les télécommunications en région nantaise ont depuis longtemps fait leurs preuves . Si l’on ajoute à cela l’ancrage des « racines » ( d’où la création d’une chaîne de relais dans l’investissement et du mentorat en région), les infrastructures de transports de bonne qualité qui favorisent les échanges, se dessine une carte de France qui n’a rien à envier à la Tech City de Londres- très éloignée de ses soeurs Newcastle ou Manchester qui peinent à trouver leur identité dans l’innovation.

La valorisation des « territoires » est sans doute un bon début, reste à intégrer les atouts de nos chères villes de France dans un projet global d’innovation « made in France ».

Crédit photo: Shutterstock, des millions de photos, illustrations, vecteurs et vidéos

Marion Moreau

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