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Pourquoi vivons-nous dans une société en défaillance ?

Par Grégory Pouy, expert FrenchWeb

Michael Dandrieux est sociologue de l’imaginaire mais aussi professeur à Science Po Paris et il s’intéresse naturellement au futur de notre société.
Il possède un angle particulier puisqu’il s’intéresse aux imaginaires collectifs mais aussi aux futurs souhaitables.
Le minimum est de se rendre compte que nous en avons grandement besoin.
Entre la crise écologique liée à nos modes de vie supposés non négociables, les crises humanitaires liées à la crise écologique et aux ventes d’armes, la montée du fascisme un peu partout dans le monde.
Difficile de ne pas se poser de questions… Mais ce que j’ai eu envie de comprendre avec Michael, c’est pourquoi notre société est en défaillance et privilégie des extrémistes pour définir une voie possible.
La seconde guerre mondiale n’est pas assez loin pour que l’on ait oublié les ravages de la haine de l’autre et pourtant, nous y retournons, c’est donc intéressant de se poser pour comprendre ce mouvement.

Cela complète l’épisode la semaine dernière sur la manipulation des émotions avec Guy Philippe Goldstein.


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Notre société à « le cul entre 2 mythes »

Le terme « mythe » peut faire peur et vous vous demandez peut être où je vais vous amener mais finalement il est essentiel pour lire notre société de comprendre que nous fonctionnons avec des mythes communs.
C’est, entre autre, ce qui soude notre société.
Ainsi comme l’explique Michael, le mythe du 20ème siècle s’appuyait sur la maitrise de l’Homme par la technique.
Nous allions maitriser la nature, l’être humain (la vie, la mort, la longévité) etc….
Ce mythe de la domination de l’Homme par la technique nous a permis beaucoup de réussites en particulier sociales.
Comme l’explique à la fin de l’épisode Michael, le 20eme siècle a tenu sa promesse quelque part mais ce faisant il a supprimé la magie du monde et ce faisant l’espérance.
Et ces 100 dernières années d’amélioration de l’existence sont notre manière de lire et de comprendre le monde.
On ne peut pas faire sans cet héritage extrêmement fort et en même temps ce n’est pas ce que je souhaite pour mes enfants. Et d’ailleurs, ces derniers ont déjà une vision du monde différente de la notre.
Mais alors comment remplacer, avec quels outils et quelles croyances?
Selon Michael, nous passons d’un mythe très Prométhéen donc très fort, masculin à un mythe Dyonisaque donc plus libre, plus végétal, plus festif avec un retour du corps et du mystique.
Il n’y a plus de règles dans cette époque et cette liberté peut faire peur pour certaines personnes car on ne sait plus bien s’inscrire dans cette société.
Cela explique sans doute la montée du fascisme un peu partout.

Une trop grande liberté peut donner le vertige à notre société

Emile Durkheim, père de la sociologie parlait déjà de la peur de l’infini que procurait une trop grand liberté.
Il est vrai que c’est la 1ère fois dans l’histoire contemporaine voire plus largement, que l’Homme doit tout choisir par lui même.
Les dogmes religieux sont tombés dans un certain nombre de sociétés, il n’y a plus de règles, nous pouvons décider de tout par nous même.
Mais cela créé de nouvelles questions nécessairement: quelle est la meilleure éducation pour mes enfants? Comment gérer au mieux son couple? Comment trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle?
Tous ces questionnements peuvent donner le tournis et donner envie que quelqu’un nous donne des réponses simples et claires.
En 2 mots: qu’il ou elle nous rassure.

Et dans ce cas, rien de plus simple que de se rapprocher d’un petit groupe de gens qui pensent comme soi et nous maintiennent dans nos croyances.
C’est la raison pour laquelle nous assistons à un retour des tribus en tout en genre dans notre société.
Dans ce contexte, l’altérité peut faire peur car nous avons du mal à nous projeter dans un mythe collectif.
Mais comme le souligne Michael, si chacun construit son petit mythe alors personne n’a de grande histoire dans laquelle se retrouver.

Notre société a besoin d’avoir une vision à 30 ou 50 ans et c’est loin d’être le cas actuellement.
Nous pourrions nous dire que notre grande cause commune serait la sauvegarde de la vie mais ce qu’explique Michael, c’est qu’à l’inverse, l’écologie est devenu un accélérateur du totalitarisme.
En effet, dans la mesure ou les gens ont peur, ils préfèrent être dans le déni avec une personne qui les rassure en s’appuyant sur le mythe sur lequel ils ont construit toutes leurs croyances plutôt que d’aller vers un autre mythe.
Toutefois, Michael explique également très bien qu’une fois que ce destin commun défini, les gens ne savent toujours pas comment s’y prendre…ils ont un peu les bras ballants devant l’immensité de la tâche.

Peut être qu’il faut simplement s’arrêter, stopper cette vague de l’entrepreneuriat à tout prix, pour se poser et réfléchir.
Cela pourrait nous permettre de redéfinir un récit commun, une histoire dans laquelle chacun à envie de se retrouver.
Voire comme Mathieu Bodin le proposait, créer un ministère du temps long qui prendrait en considération la vie dans son ensemble afin de s’assurer un destin commun.
Le mystique et la magie sont en train de revenir un peu partout en particulier par la culture orientale et c’est de cette manière que l’on va retrouver de l’espérance.

L’expert:

gregory-pouy

 

Grégory Pouy est le fondateur de LaMercatique, un cabinet de conseil de transformation digitale axé sur la partie marketing. Basé entre New York et Paris, il est «expert» marketing pour FrenchWeb.fr. Pour suivre ses écrits et échanger avec lui

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