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« Airbnb, Uber… La France mérite la disruption »

Les taxis feraient mieux de jeter un pavé dans la mare de l’innovation que des pavés sur les VTC transportant des enfants. L’aveuglement borné, pousse à des extrémités que rien ne justifie. Pas même l’irrespect de la Loi. Pas même une violation des règles de concurrence. Le respect de la vie humaine est au-dessus de toute loi humaine et les taxis coupables d’actes de violence, sont une sous-catégorie de l’humanité. La lie de la population. Rien ne peut leur servir de circonstance atténuante.

Uber est un acteur louable, car comme toute entreprise à succès, il exploite le besoin insatisfait d’un marché pour en faire un succès entrepreneurial. Rapide. Efficace. Magique. Le fait d’être disruptif contribue à faire bouger un monde qui se réservait à la rente et l’héritage, et oblige les acteurs concurrents à une qualité de service et à la remise en cause. Et profite ainsi à tous. C’est louable et doit être soutenu.

Uber est un acteur condamnable, car aux USA, violer la loi lui vaudrait des condamnations record, et il s’y soumettrait. Mais ici il exploite la faiblesse coupable des Européens, des Français en particulier, avec l’arrogance de ceux qui pensent que les lois ne s’appliquent qu’aux autres et que le succès excuse tous les comportements. C’est inadmissible.

Les taxis, animés par une société qui bénéficie d’un quasi-monopole, G7, bénéficient d’une rente qu’une société libre ne peut tolérer. Tout monopole est condamnable et doit être battu en brèche et « challengé ». Le sens du service n’est même pas un concept pour eux, les prix sont inadmissibles et un cadenas sur la liberté, préservant la rente, a été mis en place sous forme d’un numérus clausus et de prix de licence.

Quelles solutions pour satisfaire tout le monde ?

Enfin, ni l’arrivée de Airbnb, ni celle des VTC, n’a volé de marché aux taxis ou aux hôtels. Ils ont accru la taille du marché sans pénaliser les acteurs présents. Ils n’y perdent rien. Ils permettent notamment en période de pointe à des usagers de trouver un taxi plutôt que s’entasser dans des métros ou de…marcher ! Sans oublier que ce sont des centaines, des milliers de personnes sous-qualifiées, souvent immigrés de seconde génération, qui trouvent ainsi un espoir d’ascension sociale, de reconnaissance, d’intégration, et qui serve avec gentillesse et attention des clients, plus habitués à une radio qui hurle, un avis personnel non sollicité sur la classe politique, des discussions de café du commerce passionnantes, dans des véhicules qui rivalisent avec les conducteurs de rallye.

La solution est simple. UberPop doit continuer. La décision, prise sous la pression est une erreur grave, un refus d’ouverture. Une soumission à l’esprit de rente et un NON au monde de demain. Il suffisait d’exiger d’eux une assurance lourde, qui protège le client, un service impeccable et une certitude de taxation de leurs revenus. Et laisser le marché faire le reste. Les taxis doivent se voir, sous forme de dégrèvement fiscal, rembourser leur licence et ainsi livrer un combat à armes égales avec les VTC, sachant que le client UberPop est souvent un client qui ne prendrait pas un taxi « normal ».

Rien ne doit stopper le changement, l’innovation, la remise en cause de la rente. Mais les taxis ne sont pas des milliardaires rentiers, ce sont les sociétés qui les « exploitent » qui tirent parti de cette anomalie gauloise. Ils doivent donc s’améliorer, mais se battre à conditions équivalentes. Sinon l’innovation est un vol et non un bond vers l’avant. La France mérite la disruption, elle doit rester une terre de droit. L’Etat doit permettre l’évolution des marchés, permettre aux acteurs de s’adapter à cette évolution, mais se faire respecter pour y parvenir. Un état trop lourd étouffe. Un état faible tue son marché. Un compte pop garantira l’innovation rentrante !

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[tab title= »L’auteur : Denis Jacquet »]

denis-jacquetDenis Jacquet. Entrepreneur du Net depuis 2000, fondateur de Parrainer la Croissance, devenue en 4 ans la plus grande association au service des entrepreneurs avec 3 600 membres avec un objectif national de 5000 dans 2 ans.

Il a fondé le premier incubateur intergénérationnel, en France, qui met les seniors des grands groupes au service de la croissance des PME et start-up.
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6 thoughts on “« Airbnb, Uber… La France mérite la disruption »”

  1. Toujours sur FrenchTech : http://frenchweb.fr/uber-pense-deja-a-letape-dapres-avec-500-000-tesla-sans-chauffeur/201370
    Beaucoup d’arguments de cet article tombent alors.

    Le crowdsourcing bouscule nos sociétés, et il faut aussi en mesurer les conséquences sociales sur le long terme.
    Une dose de protectionisme et de favoritisme envers les initiatives européenne, me semble indispensable pour que la transition vers une économie « plus digitale » soit pérenne.

    Durant toute débacle, as-t-on parlé de ChauffeurPrivé, AlloCab ou VisuCab ? Non, dommage !

  2. Cher Denis, les mots « sous catégorie de la population » et « lie de la population » (lie : rebut, ce qu’il y a de plus vil, de plus mauvais) sont d’une rare violence pour qualifier les personnes qui non seulement sont en train de perdre leur bien le plus précieux : leur license, dont le prix sur le marché baisse vertigineusement, et qui souffrent en plus de la baisse du chiffre d’affaire qui empêche le remboursement de leur dite license : cercle cauchemardesque : mettez vous à leur place et regardez la violence de vos mots : parmi les 50000 taxis ruinés sur l’autel du libéralisme sauvage, auriez vous fait parti des pacifistes ?

    Pourquoi ne pas faire un chronique directement contre la patron des taxis G7, dont la rente vous effraie tant, d’ailleurs, sa rente est elle plus indécente que celle du patron de UBER ?

    Le discours plein de bon sentiments sur les pauvres conducteurs Uberpop qui ne demandent qu’à arrondir leur fin de mois oublie un détail majeur : ils ne payent pas de charges sociales. Ils ne participent donc pas à la sécurité sociale (retraites, chômage, santé). Bien sur, ce travail ne leur garantie aucune des sécurités qu’offre l’état. Par exemple, un chauffeur Uberpop qui travaille à mi temps à l’usine et complête par des courses Uberpop n’aura qu’une retraite et un chômage proportionnel à ce mi-temps, Il tombera donc dans la précarité lors des ses vieux jours, et sera obligé de poursuivre cette activité advitam eternam.

    Que donne Uber à ses chauffeurs en cas d’accident de la route et d’incapacité de travail. Que donne Uber à l’individu qui fait une dépression suite à un accident de vie ? Uber symbolise le combat de l’utralibéralisme contre celui de l’Etat social. Bien sur l’Etat doit se moderniser, s’optimiser. La solution est probablement dans la synthèse des deux monde.

  3. Bonjour,

    Un article qui apporte autant de « facts » et d’arguments qu’une bonne conversation de comptoir ! Comment pouvoir pousser autant de cliché et de naïveté ? Comment avoir si peu de notion économique ?

    Comment comptez-vous rembourser les licences ? L’Etat n’a plus d’argent … Un impôt exceptionnel ? Il faut garder UberPop avec une application d’assurances claires, oui je suis d’accord ; mais on ne peut pas laisser les conducteurs travailler sans avoir d’abord défini quelles doivent être ses assurances.
    Le marché de l’hôtellerie et des taxis n’a pas baissé ? Quels chiffres avez-vous à votre disposition ? Car l’ensemble des analystes du secteur, du moins pour l’hôtellerie, disent le contraire.

    Par ailleurs vous semblez dire que ces acteurs apportent un vent d’égalité sur des secteurs rentiers. Mais c’est à peu de choses près exactement l’inverse :
    – AirBnB favorise les propriétaires de biens en leur apportant un nouveau flux de revenus. Cela favorise donc plutôt les personnes ayant du capital et ne crée aucune valeur additionnelle pour la société notamment en termes d’emplois vs les hôtels
    – Par ailleurs ces outils sont nord américains et sont basés sur un model de winner takes all qui se traduit dans la verticalisation des usages. 1 marché = 1 seul acteur. C’est au final le modèle de l’internet : recherche = Google / appstore = Apple / Musique = Spotify / Commerce = Amazon….

    C’est assez triste de voir si peu d’analyse et de clairvoyance….

  4. Bonjour,

    Une licence de taxi en France est gratuite et délivrée par les
    préfectures. Jusqu’en 1973, les licences qui ne sont plus exploitées
    devaient être remises à l’autorité. Depuis, les propriétaires des
    licences ont obtenu le droit de les revendre à un prix obéissant à la
    loi de l’offre et de la demande. (source Wiki). Les gouv successifs ont baissé les numerus clausus de 2/3 faisant flamber le prix de licences, souvent échangées au noir d’ailleurs.
    Aujourd’hui le problème est que si les prefectures augmentent le nombre de licences en en emettant de nouvelles, gratuites bien sûr comme il se doit, cela fera baisser le tarifs actuel délirant des licences et les Tacots empêcherons l’honnête citoyen de se rendre au boulot ou au resto.
    Donc c’est mort. 60 ans de contrôle par l’état sur les licences à engendré la fin programmée des Taxis à horizon 2025.

    CQFD, on ne peut pas sous-estimé l’intelligence collective des hommes qui se remettent à se rendre service en mode pair à pair. La révolution est en marche et ce ne sont pas quelques parpaings qui l’arrètera.

    Bye.

  5. Le discours plein de bon sentiments sur les pauvres conducteurs Uberpop qui ne demandent qu’à arrondir leur fin de mois oublie un détail majeur : ils ne payent pas de charges sociales. Ils ne participent donc pas à la sécurité sociale.Casquette Huf

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