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Troisième Startup Academy vue de l’intérieur

J’ai assisté à la remise des prix de la troi­sième Star­tup Aca­demy mardi 13 avril 2010 sur une péniche aux pieds de la Tour Eif­fel. J’étais membre du jury pour la troi­sième fois égale­ment. Ce qui me per­met de lever le voile sur le pro­ces­sus de sélec­tion et de vous par­ler de quelques unes des star­tups can­di­dates qui me sem­blaient inté­res­santes, en plus de celles qui ont été sélectionnées.

Panorama StartupAcademy Avril 2010

Les gagnants

Quatre star­tups ont été sélectionnées :

  • Len­gow : une solu­tion per­met­tant aux sites de ecom­merce de dif­fu­ser leurs réfé­rences pro­duits dans des com­pa­ra­teurs de prix, plate-formes d’affiliation et places de mar­ché. C’est un concur­rent assez direct du fran­çais Bee­zUp qui fait visi­ble­ment la même chose. Après, c’est une ques­tion de vitesse d’acquisition de clients qui fera la dif­fé­rence. La star­tup a par ailleurs, coïn­ci­dence oblige, levé le même jour 140K€ auprès de Kima Ven­ture. C’était donc une bonne jour­née pour eux !

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  • Alit­tle­mar­ket, une place de mar­ché de pro­duits réa­li­sés de manière arti­sa­nale. Ce n’est pas le pre­mier pro­jet de ce genre mais l’équipe est solide.
  • iAd­vize, pro­pose une solu­tion logi­cielle de chat des­ti­née aux sites mar­chands pour répondre aux inter­ro­ga­tions des visi­teurs pen­dant leur pro­ces­sus d’achat. La grande ques­tion pour ce genre de solu­tion est de bien seg­men­ter les sites mar­chands concer­nés et d’identifier ceux pour qui cela vaut la peine de réin­té­grer des res­sources humaines (cou­teuses) dans le pro­ces­sus d’achat. Ques­tion de retour sur inves­tis­se­ment, qui ne peut être cal­culé qu’avec l’expérience.
  • All­myapps qui a obtenu le “coup de cœur” du jury, sorte de qua­trième place. La société que j’ai déjà croisé à d’autres occa­sions (concours Bizs­park aux Tech­Days Micro­soft en février 2010) pro­pose une solu­tion d’installation auto­ma­ti­sée de logi­ciels sur votre micro-ordinateur. Pra­tique lorsque l’on doit fré­quem­ment ins­tal­ler ou réins­tal­ler son ordi­na­teur. Mais limité en appa­rence aux logi­ciels gra­tuits. Ils se sont aussi fait remar­quer récem­ment en gagnant le Tech­Crunch Tour à Paris en mars dernier.

Le pro­ces­sus de sélection

98 dos­siers avaient été pré­sé­lec­tion­nés par l’équipe de la Star­tup Academy.

Le jury est com­posé d’une ving­taine de per­sonnes d’origines variées (leveur de fonds, entre­pre­neurs, experts, consul­tants, jour­na­listes, spé­cia­liste de la pro­priété intel­lec­tuelle, etc). Cha­cun dépiaute les can­di­da­tures à par­tir d’un dos­sier de 2 pages par star­tup cor­res­pon­dant au for­mu­laire qu’on rem­pli en ligne les can­di­dats. Il fait un tri en pro­po­sant les 20 pro­jets qu’il juge les meilleurs, avec des notes com­prises entre 20 et 1, comme à l’Eurovision de la chan­son. Les votes sont com­pi­lés par l’organisation pour ser­vir de base à une visio­con­fé­rence, à plus de 20 !, oui c’est pos­sible. Grâce à l’outil Open­Learn, ori­gi­naire du Royaume Uni.

La déli­bé­ra­tion en ligne per­met de dis­cu­ter sur les 12 star­tups qui émergent en pre­mier dans le clas­se­ment conso­lidé. Cha­cun donne son avis sur les pro­jets concer­nés. Sur 20 per­sonnes, il y en a sou­vent qui connaissent de près chaque pro­jet ! Cela cham­boule les avis des uns et des autres et on revote ensuite (tou­jours en ligne) pour iden­ti­fier les trois pre­miers et un coup de coeur.

Les cri­tères de sélec­tion sont ainsi liés à :

  • Une ana­lyse “papier” rapide des star­tups, qui sera meilleure si ledit dos­sier a été bien rem­pli par les can­di­dats. Ce n’était pas tou­jours le cas, cer­tains étant tel­le­ment abs­cons que l’on avait une impres­sion de j’menfoutisme. Cer­tains membres du jury pri­vi­lé­gient le busi­ness model, d’autres l’originalité. Les pro­jets “me-too” sont faci­le­ment écartés.
  • Un rea­lity check avec les membres du jury s’appuyant sur les quelques uns qui connaissent le pro­jet. En effet, les star­tups can­di­dates sont sou­vent déjà pas­sées dans d’autres concours de star­tups et autres pitches pour busi­ness angels et consorts.
  • La répu­ta­tion de l’équipe qui joue ici un rôle impor­tant. Et l’entrepreneur isolé est faci­le­ment écarté pour des rai­sons que j’ai eu l’occasion d’évoquer dans ce post en novembre 2009.

Le gagnant de la Star­tup Aca­demy béné­fi­cie de divers ser­vices en nature de la part de ses spon­sors, ceux qui ont la plus grande valeur mar­chande pro­ve­nant de Sun (consul­tants, ser­veurs, etc). L’équipe de la société Powe­rOn qui orga­nise le concours pro­pose égale­ment du coa­ching aux gagnants et en fait à tous les candidats.

A noter la pré­sence de Pay­pal, un nou­veau spon­sor de cette opé­ra­tion, repré­senté sur place par Amina Bel­ghiti (ci-dessous). Un acteur de plus de l’Internet qui pro­pose son pro­gramme de par­te­na­riat tech­no­lo­gique “le x.com” et mar­ke­ting pour les star­tups. Un peu sur­vendu d’ailleurs lorsqu’est évoqué une “mise en rela­tion avec les VCs”… Un grand clas­sique du genre.

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Quelques pro­jets inté­res­sants dans les candidats

Quatre star­tups ont émergé de ce pro­ces­sus de sélec­tion, mais cela en laisse 95 sur le tapis.

Dans le tas, j’en ai trouvé quelques unes qui méri­taient une cita­tion que voici. Le plus sou­vent parce la solu­tion était un peu ori­gi­nale par rap­port au deal flow que je vois pas­ser habi­tuel­le­ment. Ce qui ne veut pas dire que ces pro­jets n’ont pas d’écueils, que j’évoque au pas­sage. Le jury les a sou­vent écar­tés parce qu’il jugeait que leur mar­ché était trop niche. D’autres star­tups ont été écar­tées parce que le mar­ché est déjà bien encom­bré. Mon avis est basé sur des infor­ma­tions publiques puisque les dos­siers consul­tés par le jury sont dis­po­nibles en ligne sur le site de la Star­tup Aca­demy.

  • AdSafe : un ser­vice qui per­met de véri­fier qu’un plan média en ligne est bien res­pecté par les régies publi­ci­taires. Un modèle inté­res­sant car il y a beau­coup de fraude aux pla­ce­ments dans la publi­cité en ligne, les plans médias n’étant pas bien res­pec­tés par cer­taines régies en ligne avec des effets de bord sur l’image de marque pou­vant être désa­treux. Un type de ser­vice égale­ment vu avec AdLedge… tou­jours chez Scien­ti­pôle Initiative.
  • T1SCH ( tvisual.fr ) : une chaine TV pour per­sonnes mal­en­ten­dantes à dif­fu­ser via les bou­quets sat et IPTV. Une idée que j’ai trouvé bien sédui­sante dou­blée d’une uti­lité sociale indé­niable mais deux pro­blèmes clés à trai­ter : la taille du mar­ché assez réduite à l’échelle natio­nale (300000 sourds, mais 4 mil­lions de mal­en­ten­dants) et la concur­rence des chaines TV clas­siques qui dif­fusent de nom­breux pro­grammes avec les sous-titres pour mal­en­ten­dants (par obli­ga­tion légale ?).
  • Mobshop.com : une solu­tion de com­merce en ligne inté­grée mul­ti­ca­nal et mul­ti­shop (com­pa­ra­teurs, réseaux sociaux, mobiles). Le site est bien fait. Il intègre l’inévitable appli­ca­tion iPhone. Le concept est inté­res­sant par la glo­ba­lité de l’offre pro­po­sée. Cepen­dant c’est aussi un mar­ché très encombré.
  • Semio­cast : qui pro­pose l’indexation et l’analyse séman­tique du micro-blogging et se situe dans une mou­vance assez pro­lixe de star­tups pro­po­sant des outils d’analyse de ten­dance sur les marques dans les réseaux sociaux. Au des­sus de nom­breux outils spé­cia­li­sés (ana­lyse séman­tique des blogs, de Twit­ter, Face­book, etc), ce sont les solu­tions d’intégration de ces dif­fé­rentes sources d’information qui auront le plus de valeur d’usage pour les direc­tions mar­com des entreprises.
  • Akopso.com : un site de réser­va­tion de visite gui­dée avec un modèle inté­res­sant. Le pro­blème est que le mar­ché du voyage est encom­bré et frag­menté et que l’échelle d’une telle solu­tion serait limi­tée pen­dant long­temps. Il y avait comme chaque année pas mal de can­di­dats dans le sec­teur du voyage.
  • IllustraSound.com : un site de vente de droits d’utilisation musi­caux abor­dables. A l’air bien, se dif­fé­ren­tie des sites de dif­fu­sion de musique en ligne type Jamendo, pas des­ti­nés aux mêmes usages.
  • Meet­Sound : un outil de recom­man­da­tion de la musique qui passe par les DJ. c’est une appli­ca­tion Facebook.
  • CapSEO.com : une pla­te­forme d’intermédiation pour les ser­vices d’optimisation du SEO (search engine opti­mi­za­tion) de votre site web, pro­po­sant des packages de ser­vices dans le domaine.
  • Moobz : un outil pour pro­mo­teurs immo­bi­liers per­met­tant de visi­ter en 3D et de meu­bler vir­tuel­le­ment les loge­ments pro­po­sés. J’avais vu un concept voi­sin avec Play­viz chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive mais des­ti­née aux sites de vente de mobi­lier. Reste à savoir si c’est plus malin de pro­po­ser le concept à ceux qui vendent le conte­nant et pas le contenu.
  • Ima­gera : un site de recherche de pho­to­graphes de mariage. Le ser­vice de mar­ché de niche par excel­lence dans un mar­ché qui est plu­tôt en déclin, les pho­to­graphes pro­fes­sion­nels étant de plus en plus concur­ren­cés par l’équipement grand public qui monte en gamme. Le choix d’un pho­to­graphe fonc­tionne aussi par bouche à oreille en “proxi­mité”. Le pro­duit pour­rait être plus étoffé dans son concept. Mais j’ai un faible pour la photo vous savez !
  • Easy­Bill ( MyFacture.com ) : une solu­tion de ges­tion de fac­tu­ra­tion en ligne pour PME. Elle est bien faite et éprou­vée mais il y a du monde sur le cré­neau de manière plus ou moins inté­grés avec divers outils de ges­tion en ligne.
  • Lva Tech­no­logy (Absolimmo.com), un site immo­bi­lier avec approche acqué­reurs inté­res­sante, le site a l’air opé­ra­tion­nel. Mais ce mar­ché a ses codes pas faciles à détour­ner et il est très saturé. Il y avait beau­coup de can­di­dats dans l’immobilier cette année comme les précédentes.
  • J3M PARTNERS (monadressechange.com), un site pour la ges­tion de chan­ge­ment d’adresses après un démé­na­ge­ment. Il me semble qu’on pou­vait le faire sur service-public.fr. Ca ne doit donc pas être la même chose…
  • Coocoonhome.com : un réseau social immo­bi­lier dans un mar­ché encom­bré. Avec un busi­ness model curieux basé sur l’abonnement. Pour­tant, on ne change pas de loge­ments de manière régu­lière, normalement !
  • Flash’ItEasy : un géné­ra­teur de Flash pour sites web. Très sédui­sant tech­ni­que­ment car cela rend le déve­lop­pe­ment de sites en RIA ‘(rich inter­net apps’) plus abor­dable. Je les avais vus sur Capi­tal Week en avril 2009. Bon, le mar­ché des outils de déve­lop­pe­ment est assez casse-cou !
  • Fone­Loop (Mobilorama.com) : qui pro­pose un ser­vice de recy­clage de mobiles. Quelques acteurs se sont lan­cés sur ce cré­neau. Les mobiles sont sou­vent recy­clés en Afrique où ils entament une nou­velle vie dans le mar­ché de l’occasion. C’est un busi­ness très consom­ma­teur de main d’oeuvre. Mais il peut contri­buer à créer des emplois dits de “reclassement”.

Petite anec­dote au pas­sage : on peut juger qu’un mar­ché est encom­bré parce que l’on a déjà entendu par­ler d’une autre star­tup fai­sant la même chose. Même si au bout du compte, c’était la même boite, dont on avait oublié le nom. La mémoire joue des tours ! Comme quoi un nom de société pas trop tara­bis­coté et facile à rete­nir est important.

  • LeTemp­sEst­Doux (rotatives-bcsc), un site qui pro­pose des conte­nus cultu­rels pour les sites mar­chands, une idée assez ori­gi­nale, voi­sine des agré­ga­teurs de flux comme Paperblog.
  • Sanoia.com, une solu­tion de dos­sier santé en ligne pour les patients de mala­dies chro­niques. Le ‘pain point’ n’est pas assez fort car il relève plu­tôt d’une logique d’assurance que d’usage régu­lier (four­ni­ture d’informations pour les situa­tions d’urgence). C’est aussi un ser­pent de mer (le fameux DMP) qui a du mal à sor­tir de l’eau. Google Health et Micro­soft Health ne sont pas pré­sents en France par hazard.
  • Weem.com : un réseau social d’entreprise de petites annonces pour régler les pro­blèmes de la vie quo­ti­dienne, payé par les CE. Une décli­nai­son inté­res­sante du concept de CanalCE qui est plu­tôt orienté loisirs.
  • Siaje.com : un sys­tème d’information en ligne com­plet pour la ges­tion de junior entre­prises, avec deux anciens de la JE de Cen­trale Lyon. Une idée inté­res­sante sur un mar­ché ultra-niche qui limi­tera les capa­ci­tés à lever des fonds.
  • Weg­gly (abracadaban.com) : une place de mar­ché de desi­gners pros. La vague des place de mar­ché de niche conti­nue. Je me demande bien les­quelles arrivent à réel­le­ment émerger.
  • CO-WEB ( catch-online.com ) : un site de vente en ligne de pro­duits pour le catch. Encore un bon petit mar­ché de niche, qui peut fonc­tion­ner si il n’y a qu’un seul acteur sur le cré­neau. J’avais ren­con­tré il y a deux ans Rudy Jons­tomp qui a lancé le site éponyme sur la vente de pro­duits dans les sports de combat.
  • Deal­Mee­ting : une place de mar­ché inver­sée ou les clients expriment leurs besoins. Quels pro­duits sont concer­nés ? Who cares chez les ven­deurs ? Quel coût des ventes induit par ce pro­ces­sus chez les ven­deurs ? C’est l’envers du mass mar­ket. C’est sédui­sant mais je suis très dubi­ta­tif sur le modèle. Dans la même veine, il y avait Octa­line (MyLastPrice.com), un site d’intermédiation d’achat auto­mo­bile où le consom­ma­teur exprime son besoin. Encore une inver­sion du prin­cipe du com­merce (demande vers offre au lieu de offre vers demande), qui marche rarement.
  • Hop-Cube : qui four­nit un baro­mètre sur le carac­tère écolo­gique des pro­duits ven­dus en ligne. Une solu­tion qui sera très inté­res­sante le jour où la four­ni­ture de cette infor­ma­tion sera obligatoire.

Remer­cie­ments

Jean-François Ruiz PowerOn Sébastien Rousset PowerOn

A Jean-François Ruiz et Sébas­tien Rous­set (ci-dessus), les deux co-fondateurs de Powe­rOn qui pilotent de main de maitre cette ini­tia­tive, certes inté­res­sée, mais très utile à l’écosystème des star­tups en phase d’émergence.

url de l’article original: http://www.oezratty.net/wordpress/2010/troisieme-startup-academy/

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1 thought on “Troisième Startup Academy vue de l’intérieur”

  1. Bonjour,

    Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier de l’interet que vous portez a notre projet.
    Nous sommes ravis d’avoir été cités dans votre article et en profitons pour adresser toutes nos félicitations aux gagnants du concours de la Start Up Academy.

    Je saisis l’opportunité pour présenter en synthèse notre activité.

    Bien plus qu’une simple place de marché,
    Abracadaban.com vise à démocratiser la publicité en ligne tout en rétribuant les designers pour leur travail.

    En effet, nous permettons à tous de pouvoir créer des bannières publicitaires en quelques minutes à un prix ultra compétitif.

    Les points forts de notre offre sont:
    – Tarifs les plus bas du marché: de 2 à 8€ maximum
    – Facilité d’utilisation: création de vos bannières flash sans aucunes connaissances technique en quelques minutes
    – Publication sur tous les sites: site web, un blog, MySpace, Facebook, Bebo,…
    – Analyse de ses performances
    – Rétribution d’une commission aux designers de 40% sur chaque vente.

    Notre activité en images (en français très prochainement):
    http://www.youtube.com/watch?v=8y0eqLmm1i4

    Nous vous remercions une nouvelle fois pour votre intérêt et espérons vous retrouver très prochainement sur Abracadaban.com

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