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Uber récupère une licence d’exploitation de 15 mois à Londres

C’est l’une des premières victoires majeures de Dara Khosrowshahi depuis son arrivée à la tête d’Uber. La plateforme de VTC va pouvoir poursuivre ses activités à Londres. En effet, la justice britannique a estimé que la firme américaine a réalisé des changements suffisants pour se mettre en conformité avec la législation locale. Sous pression à Londres depuis que sa demande pour renouveler sa licence d’exploitation dans la capitale anglaise a été refusée en septembre par Transport for London (TfL), la régie des transports en commun londoniens, Uber a ainsi obtenu devant le tribunal des magistrats de Westminster une nouvelle licence de 15 mois, contre 5 ans pour une licence classique.

Pour convaincre la justice britannique, Uber a reconnu que la décision prise par TfL était justifiée. L’autorité chargée d’organiser les transports dans la capitale britannique avait dénoncé le manque de responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de la sécurité de ses clients, sa manière de rapporter les infractions commises par ses chauffeurs à la police, ses méthodes pour obtenir des certificats médicaux affirmant que ses chauffeurs sont aptes au service ou encore l’utilisation du logiciel Greyball pour échapper aux contrôles des autorités de régulation. «Après des années de gestion déficiente à Londres, Uber a finalement accepté que la décision de TfL de refuser de renouveler sa licence était totalement appropriée», a commenté Sadiq Khan, le maire de la capitale britannique, sur Twitter.

Uber reste sous étroite surveillance 

Face à ce constat accablant, la plateforme de VTC a introduit de nouvelles mesures au cours de ces derniers mois pour redorer son image auprès des autorités britanniques. Uber a ainsi annoncé en février la mise en place d’une ligne téléphonique, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, pour permettre aux chauffeurs et aux clients de signaler tout incident, davantage de transparence auprès des passagers en fournissant plus d’informations sur les chauffeurs, notamment leur numéro de licence, ou encore une collaboration plus étroite avec les forces de l’ordre en signalant directement à la police tout problème détecté pendant un trajet réservé sur son application.

Avec ces nouvelles mesures, Dara Khosrowshahi a voulu montrer d’Uber était une entreprise rénovée, qui avait abandonné les mauvaises pratiques de l’ère Travis Kalanick. Ce discours a convaincu la justice britannique de donner une seconde chance à Uber à Londres, qui représente son marché le plus important en Europe avec 40 000 chauffeurs et 3,5 millions d’utilisateurs. «Nous nous félicitons de la décision rendue, nous continuerons à collaborer avec TfL pour répondre à ses inquiétudes et gagner sa confiance tout en fournissant le meilleur service possible à nos clients», a déclaré Tom Elvidge, le directeur général d’Uber au Royaume-Uni. Ce procès de deux jours coûtera tout de même 425 000 livres, soit environ 480 000 euros, à la firme américaine.

Malgré la décision rendue par la justice britannique, Uber n’est pas totalement tiré d’affaire outre-Manche. En effet, la plateforme de VTC restera sous étroite surveillance durant la période probatoire de 15 mois qui lui a été octroyée. «Cette licence est soumise à des conditions claires et strictes que TfL va surveiller attentivement», a souligné Sadiq Khan sur Twitter. Uber devra notamment se livrer à un audit indépendant tous les six mois.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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