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A San Francisco, la « French Mafia » s’organise

« Pus de 60 000 Français travaillent aujourd’hui dans les plus grandes entreprises de la Silicon Valley » indique Romain Serman, le jeune consul de San Francisco, installé en Californie depuis 2010.

Lorsqu’on débarque sur place, il n’est pas rare en effet de surprendre quelques conversations en français ça et là dans le centre-ville. Pas rare non plus d’être accueilli par un jeune frenchie au siège de Facebook ou de Google, LinkedIn et même Tesla.

Romain Serman

« Quand je suis arrivée en 2010, j’ai rencontré le responsable de TiE, une organisation indienne qui favorise l’entraide entre entrepreneurs. Ils étaient 3 au démarrage, 20 ans plus tard, ils sont 17 000 actifs dans l’association. Je veux m’inspirer de cette initiative », commente Romain Serman (en photo ci-contre).

TiE (The Indus Entrepreneurs), est aujourd’hui un réseau avec 2500 fondateurs, tous répartis dans 14 pays, qui organise conférences, soirées de networking et aide entre indiens.

"Ici aux Etats-Unis il y a une culture de l’entraide. Il est normal de se mettre au service des autres. Même Mark Zuckerberg donne des cours à Stanford, une façon de rendre l’ascenseur », précise le consul.

Cet esprit d’entraide, Julien Barbier l’a transformé en créant While42, le « French Tech Engineers Alumni Netwwork », un réseau d’ingénieurs et de développeurs français, lancé l’année dernière [Revoir l’interview de Julien Barbier], qui compte aujourd’hui 175 adhérents sur San Francisco, « entre 500 et 1000 Français dans le monde » indique cet ancien étudiant d’Epitech.

While42, comme TiE, est organisé en « chapitres », c’est-à-dire en comités géographiques par ville. Le réseau, animé par exemple par Sylvain Kalache, un Français travaillant chez Slideshare, fonctionne sur un système de co-optation, où chacun des parrainés – tous en postes- se doit juste de parler la langue de Molière, et « savoir un peu coder » , ironise Julien.

JulienBarbier1While42 a fêté son premier anniversaire chez RackSpace le mois dernier, et avait réuni l’écosytème français sur place: Romain Serman, Guillaume Decugis (Scoopit), un ministre français (impossible de savoir qui!), un data-scientist travaillant chez LinkedIn, Bruno Lévèque (Prestashop) et d’autres « tech » et entrepreneurs de la région. Dans les échanges autour d’un verre, on parle tech, mais aussi bons plans, locaux à partager et postes en vue.

Pour Julien Barbier, qui a déjà lancé 3 entreprises à moins de 30 ans, While42 est né du constat que les anciens étudiants de la Valley avaient des choses en commun. Sans doute de partager leur vision du rêve américain, et surtout de leur quotidien. Mais pas par n’importe quel biais: « Il existe bien des structures, comme les Chambres de commerce et d’Industrie, qui proposent des réunions entre Français. Mais les « prestations » sont payantes… ».

Julien veut faire grandir While42, mais « doucement » : » On pourrait être 15 000 tout de suite, on a beaucoup de demandes. Mais ça dénaturerait notre esprit. On veut continuer à se retrouver en petit groupe une fois par mois, dans une startup différente à chaque fois » . La « mafia » de développeurs et d’ingénieurs, qui est implantée à Paris, Shanghai , Pékin, Toulouse,  Sydney, Londres, va bientôt ouvrir un « chapitre » à Montréal.

Romain Serman évoque lui aussi cette "french mafia", lui qui n’hésite pas à ouvrir son précieux carnet d’adresses aux entrepreneurs qui cherchent des contacts business dans la Valley.While42
Avec Reza Malekzadeh, un Français qui a lancé la French Alumni Association, un réseau d’anciens étudiants de grandes écoles et d’universités,  le consul veut bâtir le socle d’un réseau d’entraide fort : « On  a 500 membres aujourd’hui, des personnes de Stanford, de Berkeley, des gens de chez Cisco, Intel, Oracle, Google, Facebook. Mais on accepte tous les profils:  des « marketeux », des DRH, des développeurs, qu’ils bossent dans les cleantech, les biotechnologies, ou l’IT ».

While42_2L’Association, comme While42, réunit ses membres une fois par mois, à San Francisco ou Palo Alto. L’objectif est clair : favoriser le recrutement, mais aussi le business, comme la recherche de partenaires potentiels.
L’emploi, c’est d’ailleurs un sujet-clé dans la « french mafia », assez courtisée par les géants du web, qui n’hésitent pas à surenchérir les salaires, autour de 190 000 dollars pour un développeur chevronné chez Google. Les Français ont bien la cote sur leurs compétences techniques et de management…

While42 et French Alumni Association ont l’ambition de fusionner et agrandir la « French connection », avec une idée très précise en tête :

« Que tout entrepreneur qui arrive dans la Sililcon Valley à l’aéroport soit accueilli par un autre entrepreneur, et qu’il bénéficie du réseau au moment où il y pose le pied », indique-t-on des deux côtés.

Et la French Tech dans tout ça ? Pour Romain Serman, il faut aider les écosystèmes de France (écoles, entrepreneurs, incubateurs…) à pénétrer le marché américain, qui représente 50% du marché mondial rien que dans la Silicon Valley. Des stages sont déjà mis en place, comme avec Polytechnique par exemple. Romain Serman est issu lui, de l’ENA, comme Fleur Pellerin qui a fait partie de sa promo.

"Nous travaillons à la création d’un accélérateur à San Francisco et à Boston", qui pourra accueillir les startups françaises dans ces « maisons de l’international » chères au projet du gouvernement. L’inauguration pourrait avoir lieu dès le mois de février prochain.

While42, the French Tech Engineers Alumni Network:

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Marion Moreau

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10 thoughts on “A San Francisco, la « French Mafia » s’organise”

  1. marion_moreau le consul de France à San Francisco n’est pas issu de Polytechnique mais de l’ENA : )

  2. Il y a aussi un Français chez Pinterest. N’hésitez pas à faire signe si vous voulez visiter notre bureau! :)

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