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Après New York, Seattle impose à Uber et Lyft un salaire minimum pour leurs chauffeurs

AFP

Seattle, dans le nord-ouest des Etats-Unis, a décidé mardi la mise en place d’un salaire minimum pour les chauffeurs de Uber et Lyft, une politique destructrice d’emplois selon les deux leaders de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC). C’est la deuxième ville américaine à prendre ce type de mesure, après New York, où la rémunération minimum est entrée en vigueur en 2019.

« La pandémie a exposé les failles dans notre système de protection des travailleurs, laissant nombre d’entre eux, notamment les conducteurs en première ligne, sans filet de sécurité », a déclaré Jenny Durkan, la maire de Seattle, dans un communiqué. La décision de sa municipalité va permettre de « garantir que les chauffeurs soient correctement payés et puissent prendre soin de leurs familles », a-t-elle ajouté. À partir de janvier 2021, les conducteurs de VTC de Seattle devront percevoir au moins 16,39 dollars par heure.

Détruire des emplois ?

« C’est une copie conforme de la loi de New York », a commenté un porte-parole de Uber, interviewé par l’AFP mercredi. À New York, cette politique « a réduit les opportunités d’emplois pour les conducteurs et fait monter les prix pour les usagers », note une lettre d’Uber adressée à la ville de Seattle mi-septembre. La société explique avoir dû réduire l’accès des chauffeurs à la plateforme en cas de faible demande. En conséquence, « des milliers d’entre eux ont perdu l’accès à leur travail », assure le groupe. En parallèle, « le prix moyen d’une course à New York a monté de 30% en un an » (entre janvier 2019 et janvier 2020), selon Uber. « Le nombre de voyages a continué à augmenter dans les communautés riches mais a chuté dans les quartiers plus pauvres », poursuit la société.

« Le plan de la ville est profondément problématique et va en réalité détruire des emplois pour des milliers de personnes -jusqu’à 4 000 chauffeurs rien que pour Lyft– et pousser les VTC hors de Seattle », a réagi de son côté un porte-parole de Lyft. Uber n’a pour l’instant pas prévu de contester la nouvelle règlementation devant les tribunaux. Elle est déjà engagée dans un bras de fer avec la Californie, où la loi impose depuis janvier dernier aux sociétés de VTC de donner à leurs chauffeurs le statut de salariés, et non d’indépendants.

Uber et son concurrent américain Lyft se considèrent comme des plateformes technologiques, qui mettent en relation les conducteurs, indépendants, et les passagers, et non comme des sociétés de transport. Les élus californiens entendent les forcer à accorder des avantages sociaux à leurs chauffeurs, qui travaillent souvent dans des conditions précaires.

La rédaction

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