Après un nouveau cap de revenus récurrents, PIGMENT lève 223 millions d’euros pour poursuivre son expansion
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C’est ce type de besoin que l’entreprise entend adresser à grande échelle. Ainsi L’Oréal a choisi sa plateforme pour remplacer son outil de planification de la masse salariale, sur un périmètre de plus de 95 000 collaborateurs dans le monde.
Une nouvelle levée pour élargir une activité déjà établie
Créée en 2019 par Eléonore Crespo et Romain Niccoli, Pigment annonce avoir doublé ses revenus annuels récurrents en un an. Elle a dépassé plus tôt en 2026 le seuil des 100 millions de dollars d’ARR. Cet indicateur représente la valeur annualisée de ses revenus récurrents ; il ne correspond ni au chiffre d’affaires comptabilisé sur l’année ni au bénéfice.
Ce cap donne une mesure du chemin parcouru, etne signifie pas que les investissements nécessaires au développement de l’entreprise sont terminés. Pour continuer à grandir, Pigment doit signer de nouveaux contrats, réussir leur déploiement et convaincre ses clients d’utiliser la plateforme dans davantage de fonctions.
La conquête internationale constitue l’autre levier. Lors de sa précédente levée, en 2024, Pigment indiquait déjà réaliser la majorité de ses revenus en Amérique du Nord. Le nouveau financement doit soutenir son expansion dans de nouveaux pays.
Chaque tour de financement accompagne une étape différente
La séquence des levées permet de comprendre cette progression. Avec sa série C de juin 2023, Pigment annonçait notamment des investissements dans le produit, les équipes commerciales et les partenariats. La série D d’avril 2024 devait renforcer sa présence auprès des clients nord-américains et accélérer le développement de la plateforme. La série E annoncée aujourd’hui ajoute une priorité : développer les capacités de calcul et les agents d’IA pour prendre en charge des processus de planification plus complexes.
Cette succession de financements se retrouve chez d’autres éditeurs de logiciels d’entreprise. Dataiku a enchaîné une série D en 2020, une série E en 2021 et une série F en 2022. Lors du dernier de ces tours, l’entreprise annonçait plus de 500 clients et avait déjà dépassé le seuil de revenus récurrents aujourd’hui communiqué par Pigment. Elle continuait pourtant à lever des fonds pour développer sa plateforme et poursuivre sa croissance.
Contentsquare a suivi une séquence comparable en 2021 et 2022, avec une série E puis un financement associant capital et dette, alors que ses revenus récurrents atteignaient déjà plusieurs centaines de millions de dollars.
Ces exemples éclairent la logique de Pigment : une base de clients importante peut justifier de nouveaux investissements pour accélérer le développement, mais ne permettent toutefois pas de savoir quelle part de sa croissance Pigment pourrait financer seule sur son cash flow.
Graphite, le moteur derrière les prévisions
Pour servir de grands groupes, Pigment doit pouvoir traiter des modèles plus volumineux, utilisés simultanément par plusieurs équipes. Une modification de prévision peut entraîner de nombreux recalculs, tandis que d’autres utilisateurs continuent à consulter les données ou à préparer leurs propres scénarios.
C’est le rôle de Graphite, son moteur propriétaire. Selon l’éditeur, son architecture permet d’adapter les ressources de calcul à l’activité, de partager les données selon les droits de chaque utilisateur et de maintenir l’accès aux modèles pendant les traitements.
Le financement doit permettre de renforcer ce moteur et les équipes qui le développent. Pigment revendique la capacité de gérer des centaines de milliards de points de données et de faire travailler des milliers d’agents et d’utilisateurs sur un même modèle gouverné.
L’IA doit permettre d’aller au-delà de la préparation des modèles
Pigment indique que 85 % des nouvelles métriques créées dans sa plateforme le sont désormais par un agent IA.
L’entreprise veut étendre ces capacités. Après la création de modèles et l’analyse des données, ses agents doivent progressivement prendre en charge des enchaînements de tâches plus complets. L’ambition est de réduire le travail nécessaire pour construire une prévision, comprendre un écart et actualiser un plan.
Cette évolution place Pigment face à des concurrents qui poursuivent eux aussi l’automatisation. Anaplan développe des agents spécialisés dans les fonctions de planification, tandis que Workday fait évoluer Adaptive Planning vers des interactions en langage naturel et l’exploration de scénarios assistée par l’IA.
Pour gagner de nouveaux contrats, Pigment devra donc démontrer les bénéfices de son approche dans les conditions réelles d’utilisation : connecter les systèmes existants, reprendre les modèles, former les équipes et réduire le temps consacré à la préparation des prévisions. Le prochain cap commercial dépendra autant de ces déploiements que des capacités annoncées de ses agents.
Fondée par Eléonore Crespo et Romain Niccoli, Pigment annonce le 21 octobre 2026 une série E d’environ 223 millions d’euros, pour une valorisation d’environ 2,05 milliards d’euros. Le tour est mené par Scaleup Europe Fund, géré par EQT, avec World Innovation Lab et les investisseurs existants Greenoaks, ICONIQ, IVP et Meritech. Un investissement de NVIDIA est prévu, sans être présenté comme réalisé. Les fonds doivent financer la R&D, le renforcement des équipes d’ingénierie, le développement de Graphite et des agents IA, ainsi que l’expansion internationale.
Les montants de l’annonce Pigment sont convertis au taux de référence du 20 octobre 2026, soit 1 euro pour 1,1215 dollar, et arrondis. L’équivalent en euros du seuil d’ARR est indicatif.
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