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Capital-risque: « La France, c’est 1 milliard de dollars investis dans les start-up chaque année »

Les chiffres sont trompeurs. Si le capital-risque français a enregistré un recul de 7% des montants levés en 2014, « il s’agit d’une bonne nouvelle car les investissements se sont maintenus dans un contexte très compliqué » selon Franck Sebag, associé EY en charge du secteur VC-IPO en France. « Il y a aussi un effet de seuil : si nous avions pris en compte certaines levées ayant eu lieu début janvier comme celles d’Ebuzzing ou de Sigfox, à un mois près, nous serions en progression. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous restons sur une tendance de 1 milliard de dollars d’investissements dans les start-up en France, ce qui n’est pas rien ».

La France, 3e acteur européen

Plus précisément, 897 millions d’euros ont été levés en 2014 par les entreprises tricolores. En termes de maturité, l’amorçage a capté 43 millions d’euros, les phases de premiers tours 336 millions, les seconds tours 180 millions, et les troisièmes tours et au-delà 338 millions. Parmi les secteurs ayant le plus attiré les fonds, Internet arrive en tête avec 347 millions d’euros levés, répartis sur 157 opérations, devant les logiciels (137 millions), les biotechs et les cleantechs.

A ce niveau, la France se positionne ainsi comme le troisième marché européen pour le capital-risque au second semestre, avec 10% des montants levés, loin derrière le Royaume-Uni (30%) et l’Allemagne (26%). Un classement qui serait en trompe-l’œil selon EY, cet écart s’expliquant notamment par des tours de tables plus petits en France, mais aussi par les levés pré-IPO réalisées outre-Rhin par Delivery Hero (dont une de 350 millions de dollars en septembre, ndlr) qui ont boosté les chiffres. Si l’on corrige cet effet, la France serait au même niveau que l’Allemagne.

Le capital-risque français améliore aussi sa chaîne de financement. « Dans le digital, il y a toujours eu un gap au niveau du late stage venture. Mais la France rattrape son retard car elle intéresse de plus en plus les fonds étrangers : les fonds européens de tailles importantes et les fonds américains investissent de plus en plus dans l’Hexagone. Au final, on compte environ 23% de présence d’investisseurs étrangers en France » souligne M. Sebag.

Un marché boursier inadapté

Et les fonds français commencent eux-aussi à rattraper leurs homologues internationaux. Partech Ventures a par exemple lancé la semaine dernière un fonds de croissance de 200 millions d’euros, qui pourra monter jusqu’à 300 millions d’euros à terme pour prendre des tickets de 10 à 45 millions d’euros (en savoir plus avec notre article: Partech lance un fonds de 200 millions d’euros: « nous voulons combler le gap avec les Etats-Unis »).

Tout n’est pas vert pour autant, le véritable enjeu pour le financement des entreprises françaises du numérique se situant surtout au niveau de la Bourse. « Les marchés boursiers français sont inadaptés au secteur du digital, notamment lorsqu’il faut lever plus de 100 millions d’euros. C’est un vrai chantier. Le secteur manque d’opérations emblématiques » conclut M. Sebag.

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Olivier Harmant

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