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Comment Hectar entend réunir agriculture, Tech et esprit d’entreprise sur son campus

AFP

Il entend réunir agriculture, Tech et esprit d’entreprise sur un même site: Hectar, vaste campus agricole fondé par une ancienne conseillère d’Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau, et par le milliardaire Xavier Niel, s’apprête à ouvrir ses portes progressivement, près de Paris. Au programme, formations gratuites pour « entrepreneurs agricoles de demain » ou pour codeurs désireux de se spécialiser dans ce secteur. Mais aussi accélérateur de start-up en partenariat avec HEC à partir de janvier. Ou encore ferme laitière pilote en agriculture régénératrice. Sans compter la maison pédagogique pour sensibiliser les lycéens aux métiers agricoles… Hectar se veut multiforme, souple, évolutif et singulier.

« C’est un projet qui voit grand » d’où le choix de son nom, explique Audrey Bourolleau, 40 ans, en faisant visiter en avant-première à l’AFP le Domaine de la Boissière, ensemble agricole de plus de 600 hectares à Lévis Saint-Nom, en vallée de Chevreuse. « Aujourd’hui, l’agriculture vit plusieurs révolutions, générationnelle, économique, technologique, environnementale. Cela ouvre beaucoup d’opportunités. C’est un moment fabuleux », considère Francis Nappez, 42 ans, le directeur général d’Hectar, passé par Free et Meetic avant de co-fonder le site de covoiturage BlaBlaCar. Acheté en 2019 à 51% par Audrey Bourolleau, diplômée de l’école supérieure de commerce de la Rochelle, et à 49% par la holding personnelle de Xavier Niel, fondateur et principal actionnaire d’Iliad (Free), le domaine a nécessité une rénovation complète, toujours en cours. Mais les locaux destinés à accueillir les 15 premiers « apprenants » seront prêts pour la rentrée le 6 septembre.

La formation phare : « Hectar entrepreneurs »

Porteurs d’un projet agricole en gestation, ils suivront un programme personnalisé, « Hectar tremplin », destiné à leur permettre de « consolider leur business plan » et de « passer de l’idée à l’action ». La majeure partie de cette formation sur cinq semaines se fera en distanciel. « L’apprenant pourra suivre le programme sur son temps libre », souligne Francis Nappez. Trois cents personnes par an pourront bénéficier de ce coaching. Les formations d’Hectar seront gratuites pour l’apprenant et dispensées par des pairs et non par des enseignants, à l’instar des écoles de codage informatique « 42 » lancées par Xavier Niel. Association d’intérêt général, Hectar est éligible aux fonds de la formation professionnelle.

La formation phare, « Hectar entrepreneurs », tournée vers la reprise d’exploitations agricoles, démarrera en janvier. D’une durée de six mois, elle concernera 60 personnes par an. Hectar va proposer aussi un programme de formation sur l’intelligence artificielle appliquée à l’agriculture, d’une durée d’un an. « Les entreprises qui fournissent des solutions ‘Tech’ au secteur agricole sont avides de trouver des profils de codeurs comprenant les enjeux du secteur », explique Francis Nappez. Effectif visés: 30 personnes par an au départ, « environ 60 à terme ».

Jeunes pousses en campagne

Janvier 2022 constituera un temps fort pour le développement d’Hectar avec le lancement d’un accélérateur de start-up en partenariat avec l’incubateur de l’école de commerce HEC Paris. Objectif: accueillir 80 jeunes pousses en deux ans. « Le volet ‘innovation’ d’Hectar est devenu plus central qu’imaginé au départ », relève Audrey Bourolleau. « Nous avons eu énormément de demandes d’accélération de start-up. D’un programme très axé sur les repreneurs de fermes au départ, nous sommes passés à un écosystème ‘Agritech’, avec davantage de start-up qui pourront leur apporter des solutions ».

L’espace de restauration est appelé à devenir un lieu d’échanges important. Un futur repreneur de ferme va pouvoir y rencontrer un codeur, une start-up un chercheur, se projette-t-elle, avec enthousiasme. En mars, la révélation par le magazine Capital du projet Hectar avait suscité des critiques de certains syndicalistes agricoles. Puis fin juin, environ 130 personnes avaient manifesté devant le site, à l’appel du Syndicat national de l’enseignement technique agricole public (Snetap-FSU). Hectar n’entend « pas challenger l’enseignement technique agricole qui est très bon en France », se défend Audrey Bourolleau. « Nous ne sommes pas concurrents mais complémentaires. Notre rôle à nous est de former des entrepreneurs solides et de leur donner des compétences sur les innovations de demain ».

La rédaction

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