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Débuts difficiles en Bourse pour le géant chinois Xiaomi

Hong Kong, 9 juillet 2018 (AFP)

Le géant chinois des smartphones Xiaomi reculait lundi pour ses débuts sur la place de Hong Kong, une entrée en Bourse attendue de longue date mais qui coïncide avec le début d’une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Le titre a débuté aux alentours de 16,60 dollars de Hong Kong, en recul par rapport au prix unitaire de 17 dollars (2,16 dollars) fixé pour l’introduction en Bourse (IPO), plongeant même à un moment de 5,9%, à 16 dollars hongkongais. Selon l’agence financière Bloomberg, Xiaomi est ainsi valorisé aux alentours de 50 milliards de dollars, loin derrière la cible ambitieuse de 100 milliards de dollars affichée l’année dernière.

Avant même le début de l’IPO, les investisseurs s’étaient montrés sensiblement méfiants, vendant leurs titres au rabais la semaine dernière sur un marché «gris» non-officiel, poursuit BloombergXiaomi espérait initialement lever sur les Bourses de Hong Kong et Shanghaï, lors de deux introductions distinctes, 10 milliards de dollars américains au total : cela aurait représenté la plus grosse introduction depuis celle du géant chinois de l’e-commerce Alibaba à New York en 2014, et aurait donc valorisé l’entreprise autour de 100 milliards de dollars. Au final, Xiaomi ne s’introduit dans un premier temps que sur la place hongkongaise.

Ce report, ainsi que les doutes des investisseurs sur la durabilité de son modèle d’entreprise, figurent parmi les facteurs qui expliquent la baisse du titre, expliquent les analystes. «Rien ne peut aider car l’atmosphère n’est pas bonne en ce moment», juge Dickie Wong, analyste chez Kingston Securities. «La plupart des IPO de cette année n’ont pas été si rentables que cela», a-t-il poursuivi, estimant qu’il n’y aurait pas de retournement de la situation avant l’introduction à Shanghaï.

Une IPO sur fond de guerre commerciale entre Washington et Pékin 

Fondé en 2010, le quatrième fabricant mondial de smartphones a connu un essor fulgurant grâce à sa recette initiale consistant à proposer des appareils haut de gamme mais abordables, en sabrant les coûts de production et en les vendant directement en ligne. Même si le groupe réalise d’ambitieuses percées sur quelques marchés émergents, notamment en Inde, il écoule encore l’écrasante partie de sa production en Chine, où il a été un temps numéro un du marché du smartphone… avant de subir la concurrence acérée de fabricants locaux aux produits meilleur marché, à l’image d’Oppo et Vivo. Et s’il engrange des revenus croissants via la publicité en ligne et les jeux vidéo, près des trois quarts de son chiffre d’affaires sont encore générés par la vente d’appareils, des smartphones mais aussi une gamme variée d’objets connectés.

Cette entrée en Bourse survient au moment où les hostilités commerciales ont été déclarées entre Washington et Pékin. La Chine a saisi vendredi dernier l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoises, accusant l’administration Trump d’être responsable du déclenchement de «la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique».

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