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[Dossier] Le social travelling, eldorado des voyageurs

Porté par l’explosion des réseaux sociaux, le Social Travelling rencontre un très large écho auprès des internautes. 72% des utilisateurs accèdent d’ailleurs à leurs réseaux sociaux pendant leur voyage. Etat des lieux d’un phénomène planétaire auquel la France adhère au premier plan.

Génération canapé

Le principe du couchsurfing est aujourd’hui un étendard de la communauté connectée. Il résume à lui seul ce qu’est le réseau social dédié au voyage: le couchsurfing -littéralement le partage de canapés– a pour principe l’hébergement gratuit, chez l’habitant, partout dans le monde.

C’est couchsurfing.org qui rassemble la plus grande communauté de membres avec près de 3 millions de couchsurfers dans 249 pays. Créée en 2004 aux Etats-Unis, totalement gratuite, l’interface permet de connecter des hôtes avec des voyageurs. On peut indiquer des références sur les hôtes accueillants, poster des commentaires, exposer ses goûts et centres d’intérêts… Au départ une simple association à but non lucratif, couchsurfing.org est aujourd’hui une véritable entreprise puisqu’elle vient de lever 7,6 millions de dollars en capital risque. Son fondateur, Daniel Hoffer, souhaite cependant préserver la gratuité qui fait le succès du site. Et la surprise vient de la France, puisque Paris est en top list des capitales les plus demandées sur le site, avant Londres et Berlin.

HospitalityClub.org rassemble quant à lui plus de 700 000 membres dans plus de 220 pays, contre 53000 membres en 2005… C’est dire l’ampleur du phénomène, initié par Bob Luitweiler, un objecteur de conscience américain. Ce dernier séjourna au Danemark en 1948, et fonda Servas, une ONG basée sur l’entraide amicale avec quelques amis volontaires.

Les amis de mes amis sont tes amis!

stayatfriends.com est un nouveau réseau qui a la pertinence de relier des amis, et les amis d’amis (vous suivez?).

Avis aux voyageurs en mal de campagne, connectez-vous à wwoof.fr, un réseau associatif de fermiers dans plus de 100 pays, volontaires pour accueillir les woofers, de plus en plus nombreux à rendre de petits services en aidant aux taches quotidiennes de la ferme.

Cette forme de tourisme durable rencontre un succès retentissant, notamment auprès de la communauté des cyclotouristes. Ces derniers se regroupent au sein du réseau warmshowers.org.

On recense pas moins de 10 000 membres sur le réseau, avec une communauté francophone courageuse, la plus importante d’Europe!

Une communauté qui s’organise en place de marché 

La tendance du social travelling n’est plus seulement une mode. Il faut aujourd’hui répondre au besoin croissant de voyageurs en mal d’échanges simples et authentiques. La toile regorge à présent de plateformes gratuites, montées sur le modèle des networks, qui proposent un hébergement, à l’instar de bewelcome.org, ou stay4free.com, autoproclamé  « The First Free Accomodation Network ». 

En véritable place de marché communautaire, lofty.com met en ligne plus de 26000 propriétés dans près de 3300 villes du monde entier. C’est Fabrice Grinda, un serial-entrepreneur français de la Silicon Valley qui a senti l’énorme demande, et répond en affichant des propriétés qui sont toutes des maisons ou appartements privés, prompts à accueillir un voyageur aventurier. En métropole, un club francophone, echange-maison.net, sert de plateforme d’échange de maisons et de couchsurfing.

Dans la veine du voyage pratique et pas cher, wimdu.fr, rassemble voyageurs et fournisseurs de logements partout dans le monde.

Les outils au service du social traveller

Pour accompagner la tendance croissante du social travelling, des outils multiplient les services, les technologies, et deviennent eux-mêmes des phénomènes communautaires. C’est le cas de Foursquare.com, avec 10 millions d’utilisateurs en juin 2011, et de dopplr.com, qui recense près de 30000 membres. Mais la bataille pour faire grandir les communautés est rude…La petite start-up anglaise, qui relie via une alerte sur mobile les voyageurs sur leur parcours, voit son traffic baisser, ce depuis le rachat par Nokia en 2009.

En France, monnuage.fr génère aujourd’hui une communauté de 50000 voyageurs. Sur ce site, ce sont les bons plans (vols et hôtels) qui complètent un service de guides touristiques contributifs, dans plus de 11000 villes visitées par les internautes inscrits.

C’est aussi le cas de quiveutpartir.com, un site communautaire pour trouver son co-voyageur, en cas de départ solitaire.

Via mTrip.com, créé par Frédéric de Pardieu, français installé à Montréal, on peut publier depuis son smartphone ses visites, photos et notes de voyage, le tout étant géolocalisé.

Cette puissance exponentielle des communautés online, de plus en plus actives, a-t-elle un impact sur l’industrie du tourisme ?  C’est une question que pose Stéphane Bouchez, consultant spécialisé dans le domaine:

Il reste à noter que l’industrie du tourisme mondial compte un milliard de clients, un chiffre qui évoluera indubitablement avec le milliard d’internautes qui seront consommateurs de réseaux sociaux, d’ici fin 2012.

En savoir plus:

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Marion Moreau

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8 thoughts on “[Dossier] Le social travelling, eldorado des voyageurs”

  1. Très bon article mais il ne faut pas oublier MobilyTrip, un nouveau site web et une application iPhone pour créer et partager en temps réel ses carnets de voyage et de week-ends. Il y a aussi des centaines de guides gratuits à télécharger.
    http://www.mobilytrip.com/

  2. Bonjour, panorama très intéressant de ces nouveaux modes de consommation du voyage. J’ai moi-même une chambre d’hôtes à Issy-les-Moulineaux (www.parissy.fr) et je confirme que la plupart de mes visiteurs sont des adeptes des outils cités et qu’ils se connectent souvent à FB pendant leur voyage pour s’organiser.
    Il me semble qu’on pourrait rajouter à cette liste de sites du social travelling les sites d’avis de consommateurs, véritable institution aux US avec en premier Yelp.com. Yelp ou Qype se développent en France et permettent de se faire une bonne idée d’un lieu grâce aux avis de la communauté.

    Lofty est très prometteur aussi, j’attends de voir s’ils ont une approche plus qualitative qu’AirBnB non cité également.

    Dernière chose, j’ai testé cet été le réseau Warmshower réservé aux cyclistes, c’est étonnant comme ce réseau est bien déployé même en France !

    Beaucoup de belles choses à venir encore …

  3. Bonjour,

    côté français il y’ a aussi Cityzeum qui est un concurrent direct de monnuage. Aux Etats-Unis, geckogo est un site communautaire très bien fait qui à l’air de bien progresser (mais il n’est pas traduit en français pour le moment). Les hispanophones se retrouvent sur viajeros.com, qui compte un très large communauté en amérique latine. En France il y’ a aussi un nouveau réseau très bien fait, axé sur la photo et qui se distingue par sa simplicité d’utilisation: tiwago.com.

  4. L’article dresse un bon panorama de l’évolution des pratiques des internautes en matière de voyages. Il est intéressant aussi de noter la montée en puissance des sites d’avis et, désormais, leur spécialisation par destinations. Un exemple, sur New York : http://www.newyorkhotels.fr qui se concentre uniquement sur les avis d’hôtels à New York. Preuve que le web permet d’aller toujours plus dans le détail des demandes des internautes.

  5. Très bon état du marché actuel du tourisme low cost utilisé par les jeunes, en général avec un âge inférieur à 30 ans avec un pouvoir d’achat relativement faible.
    Les offres dans ce domaine sont en train d’exploser sans doute à cause de la baisse du pouvoir d’achat qui impose aux propriétaires ou locataires à accueillir de plus en plus souvent du monde chez eux pour arrondir les fins de mois ..

  6. Vous n’avez pas nommé TrackMyPals qui est un site pour suivre vos amis voyageurs lors de leur voyage !

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