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E-sport: dans les coulisses du club français Vitality, comment s’entraînent les gamers

AFP

Arrivé récemment au sein du club français d’esport Vitality comme directeur de la performance, l’ex-joueur de tennis Thierry Ascione a été recruté pour « apporter les valeurs du sport traditionnel à l’esport », explique-t-il dans un entretien à l’AFP. L’actuel coach de Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, qui découvre le monde des compétitions de jeux vidéos, s’est d’abord mis au travail avec la formation Counter-Strike dans le but d’«optimiser les qualités émotionnelles, mentales et physiques » des gamers, y compris pendant la période du confinement.

Comment est née votre collaboration avec Vitality et quel est votre rôle dans la structure ?

« Des connaissances en commun dans le sport et l’esport m’ont mis en contact avec Fabien Devide, le co-fondateur de Vitality (principale équipe esport de France, ndlr). Il cherchait quelqu’un pour structurer la performance et apporter les valeurs du sport traditionnel à l’esport. On a une vision commune du jeu, de la performance, (pour) essayer d’optimiser les qualités émotionnelles, mentales, physiques des joueurs. Je me suis entouré de personnes avec qui je travaille dans d’autres disciplines et on a commencé cette aventure. Notre rôle n’est pas axé sur la spécificité du jeu vidéo, c’est tout ce qu’il y a autour: tout faire pour que quand les joueurs se posent sur leur siège, qu’ils prennent leur souris et leur clavier, tout soit en place. »

Voyez-vous des parallèles avec le monde du sport ?

« A part la dimension physique, c’est identique. Aujourd’hui, l’esport est un sport d’émotion, d’adaptation, c’est une discipline de communication, de rapport aux autres, de confiance en soi, de confiance aux autres, de valorisation collective, de remise en question. Il y a beaucoup de choses qui se rejoignent. Qui dit haut niveau, dit pression, tension et émotion. Quelle que soit la discipline, on doit délivrer la meilleure prestation possible. »

Les joueurs sont-ils réceptifs à ce discours ?

« Ils ont très envie, ils sont très réceptifs à ça. Quand on a affaire à des personnes très fortes dans leur discipline, il faut prendre le temps et expliquer que oui, ils sont déjà très forts, mais en évoluant ou en changeant certaines choses, ils peuvent l’être encore plus. Donc il y a un vrai travail de communication. (Peu après le début de notre collaboration), ils ont gagné une compétition à Moscou, donc ça validait le travail qui avait été fait. Ils se sont dit: on a fait évoluer 2-3 petites choses et on gagne déjà, alors si on fait évoluer beaucoup de choses, qu’est-ce que ça va être ? »

Etes-vous surpris par le niveau de professionnalisation dans le monde de l’esport ?

« Chacun développe sa passion, il y en a qui font du golf, d’autres de la musique et certains du jeu vidéo. Tous les joueurs professionnels d’aujourd’hui étaient des passionnés à la base, comme moi je l’étais de tennis, c’est juste qu’ils sont devenus très forts dans leur passion et ça a rendu cela très professionnel. Quand on voit l’engouement autour de ça, c’est assez déroutant et en même temps assez exceptionnel. »

Les compétitions esportives ont été bouleversées par la pandémie de coronavirus et ont dû passer en ligne. Cela a-t-il eu des conséquences sur votre travail ?

« Il y a moins de compétitions donc moins de voyages, les joueurs sont plus en famille. On en a profité justement pour travailler. On est toujours en train d’essayer de s’adapter. Pendant les matches, les joueurs sont chacun chez eux, donc ils sont tous stressés que leur ligne internet ne coupe pas 5 minutes avant un match. Ils doivent organiser leur temps individuel, ce qui permet de travailler aussi la responsabilisation, qui est une chose essentielle quand on veut être performant dans une discipline.

Pour communiquer entre eux, il n’y a pas ce langage corporel, les regards, donc il manque 2-3 éléments supplémentaires mais c’est pareil pour tout le monde, il faut s’adapter. Ils ont la chance de continuer à travailler et de faire leur passion pendant que d’autres sont plus en difficulté.»

La rédaction

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