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Et si Google+ était en fait un succès ?

Passée l’euphorie des premiers jours, les analystes ont été nombreux à qualifier Google+ d’échec. Les utilisateurs se sont inscrits en masse… pour ne pas faire grand chose. Un réseau social que personne n’utilise, c’est forcément, un échec, non ?

Tout dépend des objectifs que s’est fixé Google lorsqu’il a lancé le projet Google+. Si l’objectif était d’être numéro un sur les vidéos de chatons partagées, c’est raté. Mais le but n’était probablement pas là.

De nombreux observateurs ont affirmé  que Google+ était destiné à reprendre à Facebook du temps utilisateur, la seule métrique sur laquelle le site de Marc Zuckerberg dépasse Google pour l’instant. Mais que ferait Google de ce temps ? La véritable valeur économique d’un réseau social n’est pas là, elle est dans les données collectées sur ses utilisateurs, dans leur graphe social en particulier.

Un réseau social sous marin ?

Depuis quelques mois, Google a lancé de nouvelles versions de la plupart de ses produits phares : Gmail, Reader, Youtube, News… Jusqu’à son moteur de recherche, qui a d’abord hérité d’une barre noire qui va bientôt être remplacée elle même par une nouvelle mouture. Les points communs de ces nouvelles versions : un design unifié, plus aéré, et l’intégration de Google+.

Vous voulez partager une news trouvée dans Google Reader ? En un clic, elle est sur Google+. Une vidéo Youtube ? Même chose. Vous faites une recherche sur Google ? Les visages des membres de vos cercles apparaissent à côté des résultats qu’ils ont partagés.

A partir du moment où vous vous êtes inscrit sur Google+ et que vous avez “encerclés” vos amis, dès que vous utilisez un service Google aujourd’hui, vous utilisez Google+, dans le sens où vous envoyez des données qui permettent à Google d’alimenter votre graphe social. “Encerclé” est d’ailleurs un mot bien choisi, puisque même si vos amis ne se sont jamais inscrits, eux, ou s’ils n’ont jamais créés de cercles, Google peut construire leur graphe social en s’appuyant sur tous ceux de leur entourage.

Et les vidéos de chatons ?

On ne juge correctement d’une réussite que si on a défini les bon indicateurs de performances. Nous nous sommes peut-être trompés en pensant que Google+ devait pour réussir prendre la place de Facebook.

Il ne faut tout de même pas négliger l’indicateur des vidéos de chatons. Si Google voulait vraiment que son réseau social n’agisse qu’en “sous marin”, il ne prendrait pas la peine de lancer des campagnes de communications comme Circles Love Story. Entre les nouvelles versions de tous ses produits, Google a aussi continué d’ajouter de nouvelles fonctionnalités à son réseau social, et semble déterminé à ce qu’on l’utilise, ne serait-ce que parce que pour que le sous marin soit opérationnel, il faut qu’il remonte à la surface de temps en temps : il faut tout de même que les gens créent des cercles pour que tout ça fonctionne.

Il ne faut pas non plus négliger la culture d’entreprise de Google. Ils sont habitués à être les meilleurs, et leur lutte avec Facebook est aussi une affaire d’égo. A Mountain View on est persuadé d’offrir le meilleur produit, et on ne voit pas pourquoi les internautes ne l’utiliseraient pas.

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La rédaction

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6 thoughts on “Et si Google+ était en fait un succès ?”

  1. Le pari de Google est que Google+ va devenir de plus en plus familier des utilisateurs grâce à l’ensemble des produits Google… et quasiment tous les internautes utilisent au moins un produit Google : YouTube, Gmail…

    La puissance de frappe globale de Google au service de son réseau social, Wait and see !

  2. Ajoutons surtout que G+ semble aussi avoir du succès auprès des entreprises qui ont déjà, fait le choix des Google Apps, ainsi la menace serait vraisemblablement plutôt du coté Microsoft que Facebook . En effet , G+ est plus structurant que facebook , sur facebook on peut tout faire (y compris n’importe quoi ) il n’y a pas de guide d’usages on peut et il faut inventer la vie qui va avec ..Sur G+ nous ne sommes pas dans ce domaine là et il semble qu’on sachemine à terme plus vers un linkedin aux apps professionnelles que vers un facebook like . (Ces opinions n’engagent que moi et c’est déjà pas mal ;)

  3. Bonjour

    Je partage totalement l’avis de ce billet.
    Les analystes ont analysé trop vite en en ne prenant pas en compte une stratégie globale qui se dessine dans l’esprit d’une nouvelle ramification de Google autour d’un noyau central G+. Dans ce sens, les exemples de connexions donnés ci-dessus sont très juste.
    Un réseau social optimal se doit de prendre en compte toute l’action social de l’individu et d’en devenir le reflet. G+ correspond à cet objectif tout en gardant pour l’instant des atouts certains sur une part de confidentialité sur les données perso et la sécurité avec le ssl. Souhaitons que cela se poursuive.
    cordialement

  4. Ouais enfin, vu les mesures qu’ils sont en train de prendre pour faire marcher g+, ça ne m’etonne pas qu’il y aie plus d’inscrits… ce n’est plus de l’engagement volontaire, et c’est bien dommage, on risque de passer à côté de strat-up qui ont de l’avenir, genre http://www.urban-profil.com juste parce qu’il y a eu plus gros avant…

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