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Google porté par ses 26,6 milliards de dollars de revenus publicitaires au premier trimestre 2018

A l’approche de l’entrée en application du RGPD, Google se porte bien. Sa maison-mère, Alphabet, a ainsi enregistré un bond de 74% de son bénéfice net au premier trimestre 2018, à 9,4 milliards de dollars. Dans le même temps, le chiffre d’affaires a grimpé de 26% pour atteindre 31,1 milliards de dollars, un résultat légèrement en-dessous des prévisions des analystes qui tablaient sur 30,36 milliards de dollars de revenus sur les trois premiers mois de l’année.

Dans ces résultats trimestriels, une nouvelle donnée est apparue avec l’obligation de mentionner la valeur des investissements dans d’autres entreprises, révélant ainsi un gain de 3 milliards de dollars grâce à la participation du groupe au sein d’Uber. Avant de déclarer la guerre à Uber il y a un an, Google avait investi 258 millions de dollars dans la plateforme de VTC en 2013. Ce changement comptable a alimenté le bénéfice net à hauteur de 2,4 milliards de dollars.

Les revenus publicitaires à leur zénith, les TAC aussi 

Une fois de plus, le chiffre d’affaires de Google a été largement alimenté par ses recettes publicitaires. Celles-ci ont atteint 26,6 milliards de dollars au premier trimestre, en progression de quasiment 25% sur un an. Selon le cabinet eMarketer, Google et Facebook devraient peser à hauteur de 56,8% sur le marché de la publicité en ligne aux États-Unis en 2018. Cependant, la filiale d’Alphabet espère ne pas suivre l’exemple de Facebook, englué dans l’une des plus graves crises de son histoire à cause du scandale Cambridge Analytica.

Même si les revenus publicitaires continuent d’augmenter, la hausse des coûts d’acquisition de ces recettes inquiète les analystes. Sur les trois premiers mois de l’année, les TAC (Trafic Acquisition Costs) ont ainsi atteint 6,3 milliards de dollars, contre 4,6 milliards de dollars à la même période en 2017. Ces coûts d’acquisition représentent désormais 24% des recettes publicitaires de Google, contre 22% au premier trimestre 2017.

Forte hausse des dépenses dans l’immobilier 

Au rayon des autres dépenses, celles dans l’immobilier et les infrastructures (locaux, centres de données…) ont explosé au premier trimestre. Ces dépenses représentent 7,7 milliards de dollars, contre 2,4 milliards de dollars l’an dernier. L’achat d’un bâtiment à New York a notamment coûté 2,4 milliards de dollars à la firme américaine. Google a également mis la main au portefeuille pour réaliser des achats de contenus à destination de YouTube et intensifier ses efforts dans la R&D et le marketing, notamment pour son enceinte connectée Google Home et son smartphone Pixel. Au cours des trois premiers mois de l’année, Google a embauché 5 000 personnes personnes supplémentaires.

La firme de Mountain View ne lésine pas non plus sur les moyens pour se renforcer dans le cloud. En février, Google a notamment racheté la société Xively, qui développe une plateforme cloud dédiée à l’IoT, pour 50 millions de dollars. Selon Sundar Pichai, le patron du géant américain, Google Cloud rapporte désormais 1 milliard de dollars par trimestre. En revanche, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous pour Nest. La réintégration comptable de la société, spécialisée dans la maison connectée et rachetée par Google pour 3,2 milliards de dollars début 2014, dans la division hardware de la firme de Mountain View permet de connaître les performances de la branche dédiée aux thermostats connectés. Ainsi, Nest a réalisé un chiffre d’affaires de 726 millions de dollars en 2017, mais dans le même temps, Google a enregistré 621 millions de dollars de pertes associées à Nest.

Après ce bon premier trimestre pour entamer l’année, la firme américaine se prépare désormais à l’entrée en application du RGPD prévue le 25 mai prochain. Sur ce point, Sundar Pichai affirme que Google s’y prépare depuis 18 mois. «Il est important de comprendre que l’essentiel de notre activité dans la publicité est basée sur la recherche en ligne, qui se contente d’une masse d’information très limitée, essentiellement les mots-clés, pour montrer une publicité ou un produit pertinents», indique-t-il. Avec l’arrivée du RGPD, les annonceurs pourraient se montrer plus timides pendant plusieurs mois, ce qui se traduirait par une réduction des budgets alloués pour l’année en cours, le temps de percevoir l’impact réel de cette nouvelle réglementation sur le marché.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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