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HYLIGHT lève 13 millions d’euros pour faire du dirigeable un outil de maintenance industrielle

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Après ses premières missions pour de grands gestionnaires de réseaux, HyLight veut augmenter sa capacité d’inspection en Europe. La startup annonce 13 millions d’euros pour industrialiser sa flotte de dirigeables autonomes et renforcer l’analyse des données collectées. Son prochain cap sera de rendre ce service reproductible, avec quinze appareils opérés simultanément en 2027.

HyLight : chiffres clés

  • 13 M€ levés pour industrialiser la flotte et renforcer l’analyse des données.
  • Plus de 750 heures de vol et des milliers de kilomètres inspectés, selon l’entreprise.
  • 5 grands clients cités : Enedis, NaTran, Teréga, SNCF Réseau et VINCI.
  • 4 appareils opérés simultanément aujourd’hui, avec un objectif de 15 en 2027.
  • 50 recrutements prévus dans l’ingénierie, l’IA, les opérations et le développement.
  • Jusqu’à 10 heures de vol et une distance cible de 350 km.
  • 10 kg de capteurs embarqués au maximum : caméras, LiDAR et détecteurs de méthane.
  • Plus de 50 types de défauts que HyLight affirme pouvoir identifier automatiquement.

Données déclarées par HyLight. 

Un isolateur endommagé, une végétation trop proche des conducteurs, une fuite de méthane : la surveillance des infrastructures consiste à repérer des anomalies localisées sur des réseaux qui s’étendent sur des milliers de kilomètres. Pour les gestionnaires, la difficulté est de concilier la distance à couvrir, la finesse des observations et la fréquence des inspections.

C’est autour de ce compromis que HyLight a construit son offre. Son dirigeable transporte des capteurs à basse altitude, puis les logiciels de l’entreprise transforment leurs relevés en informations destinées aux équipes de maintenance. Après avoir développé et opéré ses premiers appareils, la société doit désormais organiser la fabrication, l’exploitation et le traitement des données à une échelle supérieure.

Voler longtemps pour observer de près

Long de douze mètres, le HyLighter associe la portance d’un dirigeable à une propulsion électrique alimentée par une pile à hydrogène. Le gaz de sustentation et la source d’énergie remplissent deux fonctions distinctes : Teréga précise que les appareils utilisés dans son expérimentation sont gonflés à l’hélium.

HyLight annonce jusqu’à dix heures de vol, une distance cible de 350 kilomètres et une capacité d’emport de dix kilogrammes de capteurs. Caméras, LiDAR et détecteurs de méthane permettent de répondre à différents besoins. Les images servent à observer les équipements ; le LiDAR, qui mesure les distances par laser, permet notamment de reconstruire leur géométrie et d’évaluer la proximité de la végétation ; les capteurs de gaz recherchent les émissions de méthane.

L’entreprise revendique des images atteignant une résolution de 1 mm par pixel à 25 mètres d’altitude. Cette résolution décrit la finesse de l’image, sans garantir à elle seule une précision équivalente de mesure ou de géolocalisation. Les performances d’endurance et de couverture doivent également être rapportées à la charge embarquée et aux conditions de mission.

L’architecture permet de maintenir des capteurs suffisamment longtemps près des réseaux pour collecter des observations détaillées. Elle ouvre une possibilité de substitution à certaines inspections héliportées.

Des missions réelles et des déploiements encore différenciés

HyLight revendique plus de 750 heures de vol et des milliers de kilomètres inspectés en France et en Europe. La société cite Enedis, NaTran, Teréga, SNCF Réseau et VINCI parmi ses clients.

« Nos HyLighters font déjà le même travail, avec davantage de précision et moins de risques », déclare Martin Bocken, cofondateur et CEO de HyLight, à propos des missions réalisées par hélicoptère.

Dans son rapport d’activité 2024, NaTran décrit des essais sur 40 kilomètres de réseaux, avec un capteur de détection de fuites embarqué.

En février 2026, Teréga présente une expérimentation sur un tronçon de 107 kilomètres, avec des survols bimestriels réalisés en complément des hélicoptères. L’objectif est d’évaluer la réponse aux exigences techniques, réglementaires et opérationnelles de la surveillance des canalisations.

Quinze appareils exigent une organisation industrielle

HyLight annonce un site de production désormais opérationnel et poursuit l’internalisation de composants stratégiques. Son objectif est de passer de quatre appareils opérés simultanément aujourd’hui à quinze en 2027.

Cette augmentation engage toute l’organisation. Il faut fabriquer et maintenir les aéronefs, préparer les missions, déployer les équipes, assurer leur supervision et absorber les données supplémentaires.

Le modèle intégré de HyLight réunit ingénierie aéronautique, logiciel, IA et opérations. Cette proximité permet de faire remonter les contraintes des missions vers les équipes qui développent l’appareil et ses outils. Elle concentre aussi dans l’entreprise les responsabilités et les dépenses de chaque étape. En 2020, la création d’Alteia à partir des activités logicielles de Delair avait illustré le poids croissant de l’analyse d’images dans cette chaîne de valeur.

Les cinquante recrutements annoncés doivent renforcer l’ingénierie, l’IA et la data, les opérations, les affaires réglementaires et le développement commercial.

La concurrence se joue dans les airs et dans les logiciels

HyLight évolue face à plusieurs architectures concurrentes. Le finlandais Kelluu développe lui aussi des dirigeables autonomes et des services de données. L’entreprise a annoncé une série A de 15 millions d’euros en avril 2026, menée par le NATO Innovation Fund, avec Keen Venture Partners, Gungnir Capital et Tesi. En septembre, elle a présenté une nouvelle usine prévue pour l’été 2027, avec une capacité cible de cent appareils par an. Son développement s’oriente fortement vers la défense, tout en conservant des applications civiles.

Le sud-africain Cloudline propose une autre chaîne énergétique, fondée sur les batteries et le solaire, pour des dirigeables destinés notamment à l’inspection des infrastructures énergétiques et minières. En France, Delair fournit des drones à voilure fixe adaptés à la cartographie et à certaines inspections de réseaux. La comparaison dépend donc du type de défaut recherché, de la distance, de la charge utile et des conditions de vol. Le développement de Delair avait notamment été soutenu par un investissement d’Intel en 2018 pour renforcer l’analyse des données aériennes.

Une autre concurrence porte sur l’information livrée. Hepta Insights et Sharper Shape proposent des outils d’analyse, de détection d’anomalies et de représentation numérique des réseaux, alimentés par différents moyens de collecte. Dans le gaz, Bridger Photonics se spécialise dans la détection et la quantification aériennes des émissions de méthane.

Les industriels cherchent également à intégrer ces capacités à leurs offres. Dans ses résultats semestriels publiés en juillet 2026, Schneider Electric annonce un accord pour acquérir environ 90 % d’AiDASH, spécialiste de la surveillance des actifs, de la végétation et des risques climatiques par satellites et IA.

Pour HyLight, la différenciation devra réunir qualité des observations, disponibilité, coût et intégration dans la maintenance.

Transformer les relevés en décisions de maintenance

HyLight affirme pouvoir identifier et géolocaliser automatiquement plus de cinquante types de défauts, ainsi que les risques liés à la végétation sur les réseaux électriques. L’intérêt pour le gestionnaire est de recevoir des anomalies exploitables, avec leur localisation, plutôt que de devoir examiner lui-même des milliers d’images.

La valeur de cette automatisation dépendra de sa fiabilité : défauts critiques manqués, fausses alertes, temps de validation humaine et délai de restitution. Une détection doit pouvoir être rapprochée d’un équipement et contribuer à préparer une intervention.

Les inspections successives peuvent également constituer un historique de l’état des réseaux. Le jumeau numérique envisagé par HyLight dépendra de la fréquence des passages, de la comparabilité des observations et de leur intégration aux données du client. Les futurs usages dans l’assurance, l’agriculture et la gestion territoriale ouvrent des perspectives, après le marché initial de l’inspection.

La météo et les autorisations déterminent la capacité utile

La longue endurance est un avantage, mais le dirigeable doit avancer et tenir sa trajectoire. Le vent de face réduit la progression au sol, et maintenir une cadence donnée peut accroître la puissance nécessaire. Dix heures de vol ne garantissent donc pas une distance équivalente inspectée dans toutes les conditions.

Si l’hydrogène permet d’embarquer une quantité importante d’énergie par unité de masse, son intérêt doit être apprécié avec l’ensemble du système : stockage, pile à combustible et équipements auxiliaires. HyLight devra aussi organiser l’approvisionnement et le remplissage sur ses zones d’intervention. L’absence d’émission directe en vol ne constitue pas un bilan climatique complet, qui dépend notamment de la production du carburant et de la logistique.

Les vols hors vue du télépilote ajoutent une contrainte de déploiement, dans le cadre européen de la catégorie « spécifique », les autorisations définissent des conditions d’exploitation et reposent, selon l’opération, sur une évaluation des risques au sol et dans l’espace aérien. Les opérations transfrontalières nécessitent des démarches adaptées au régime applicable et aux conditions locales. Une autorisation ne vaut donc pas liberté générale de survol des territoires européens.

L’Allemagne et les Pays-Bas figurent parmi les marchés prioritaires annoncés par HyLight.

Fondée en 2022 par Martin Bocken, Josef Rokusek et Thomas Laporte, et basée à Brétigny-sur-Orge, HyLight annonce une levée de 13 millions d’euros auprès de Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, avec la participation de ses investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital. Les fonds doivent financer l’industrialisation de la flotte, le renforcement de l’analyse automatisée, cinquante recrutements et l’expansion commerciale en Europe, avec l’objectif d’opérer simultanément quinze HyLighters en 2027.

Financement


Rubio Impact Ventures

Tour actuel Série A : 13 M€
Tour précédent 3,7 M€ – annoncé en avril 2024
Levées annoncées cumulées 16,7 M€ (2024 et 2026)
Valorisation du tour Non communiquée
Chef de file Rubio Impact Ventures
Participants DRW Venture Capital,
Teampact Ventures
Investisseurs historiques Y Combinator,
Ring Capital
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