FRANCEIN THE LOOPLES LEVEES DE FONDS

SPIKO, WIREMIND, VATES : près de 270 millions d’euros annoncés par la French Tech cette semaine

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Du 5 au 11 octobre 2026, treize entreprises françaises de cette sélection ont annoncé près de 270 millions d’euros de financements en capital. Spiko, Wiremind et Vates concentrent plus de la moitié du montant. Derrière ces trois opérations, les investissements répondent à des besoins différents : validation scientifique, capacité industrielle ou déploiement d’un logiciel déjà commercialisé.

Le total de la semaine est porté par des entreprises qui ne se trouvent pas au même stade. Spiko finance l’expansion de ses fonds monétaires. Wiremind et Vates ouvrent leur capital après des années de développement autofinancé. Rivercell doit encore construire une partie de l’infrastructure expérimentale sur laquelle reposera son produit, tandis que VoltR et Edonia préparent une augmentation de leur production.

Du 5 au 11 octobre 2026
La semaine en chiffres
13
opérations retenues
≈ 270 M€
de financements en capital
54 %
pour Spiko, Wiremind et Vates
≈ 71 M€
pour quatre entreprises de santé
Sélection d’annonces françaises ; aides et autres financements non dilutifs exclus du total.

Les levées de fonds de la semaine

Société Siège Montant annoncé Priorité financée
Spiko Paris 90 M$ (environ 79,9 M€) Distribution et déploiement international des fonds monétaires
Wiremind Paris 35 M€ R&D et expansion internationale
Vates Grenoble 30 M€ Virtualisation, équipes commerciales et partenaires
WhiteLab Genomics Paris 26 M$ (environ 23,1 M€) Validation in vivo et développement commercial
Rivercell Paris 25 M$ (environ 22,4 M€) Données biologiques, laboratoire et modèles
Vocca Paris 20 M$ (environ 17,7 M€) Déploiement des agents vocaux dans les soins
VoltR Verrières-en-Anjou 22 M€, dont 16 M€ en capital Industrialisation des batteries reconditionnées
Edonia Bordeaux 15 M€, dont 12 M€ d’investissements Production d’ingrédients issus de microalgues
Netsec France et Italie Plus de 10 M$ (plus de 8,9 M€) Services informatiques et cybersécurité
Cleavr Paris 8 M€ Automatisation de l’encaissement des factures
Archeon Medical Besançon 7,5 M€ Études cliniques et déploiement commercial
Verso Paris 6 M$ (environ 5,4 M€) Études consommateurs assistées par IA
Fleuret AI Paris 4 M€ Automatisation des tests d’intrusion

Le total d’environ 270 M€ additionne les montants investis en capital dans cette sélection, après conversion indicative des annonces en dollars. Pour VoltR, il retient 16 M€ sur une enveloppe de 22 M€ comprenant 6 M€ d’aides. Pour Edonia, il retient 12 M€ d’investissements sur 15 M€ de financement annoncé. Il ne constitue pas un décompte exhaustif des levées françaises.

Ce que révèle la composition des tours

NEA mène la série B de Spiko. Wiremind accueille IronWave, Seaya Andromeda et Bpifrance lors de sa première ouverture du capital ; Vates fait entrer IRIS et Bpifrance. Ces trois opérations portent sur des entreprises dont le produit est déjà commercialisé. Les investisseurs financent leur capacité à se développer sur davantage de marchés, avec les dépenses de recrutement, de distribution et de produit que cette expansion suppose.

Bpifrance participe à quatre des treize tours en capital, par des véhicules répondant à des besoins distincts : Large Venture chez Wiremind et Vates, Digital Venture chez Rivercell et le fonds industriel SPI 2 chez VoltR. Edonia bénéficie également d’un soutien non dilutif.

Les fonds spécialisés rendent ces différences plus visibles. AVP mène le tour de WhiteLab Genomics, consacré notamment à la validation biologique de ses technologies. HV finance l’amorçage de Rivercell et la construction de sa plateforme de données. Norrsken VC mène celui de Vocca, tandis que Newfund intervient dans Archeon Medical via HEKA, son fonds consacré à la santé du cerveau. Dans l’industrie, VoltR associe SPI 2 et Decathlon Pulse ; Edonia réunit notamment SWEN Blue Ocean 2, Asterion Ventures et EIT Food.

Spiko, Wiremind et Vates financent leur expansion

Spiko annonce 90 millions de dollars pour étendre l’usage de ses fonds monétaires. Après une série A de 18,5 M€ en 2025, la fintech doit rendre son offre accessible dans davantage de marchés et d’outils financiers. Sa concurrence comprend les produits de trésorerie proposés par les banques et les plateformes spécialisées dans le placement des liquidités des entreprises.

Wiremind, qui édite des logiciels de gestion des revenus, des capacités et de la distribution pour le transport et l’événementiel, lève 35 M€ pour renforcer sa R&D et son implantation internationale. L’entreprise doit convaincre des opérateurs dont les décisions de prix et d’inventaire reposent parfois sur des outils installés depuis longtemps ou développés en interne.

Pour Vates, rentable et autofinancé depuis 2016, les 30 M€ doivent soutenir à la fois la plateforme de virtualisation, les équipes commerciales et le réseau de partenaires. La remise en concurrence de VMware crée des occasions de vente, mais une migration d’infrastructure engage les sauvegardes, la continuité des applications et les équipes qui devront exploiter le nouveau système. La capacité à accompagner ces transitions déterminera une partie de la croissance de Vates. Son choix de lever tout en étant rentable éclaire plus largement les arbitrages entre autofinancement et capital extérieur.

Dans la santé, chaque financement achète une preuve différente

WhiteLab Genomics lève 26 millions de dollars pour poursuivre la validation in vivo de composants de thérapies génomiques conçus avec l’IA et développer ses partenariats commerciaux. Concevoir un candidat prometteur par calcul constitue une première étape ; vérifier son comportement dans un organisme vivant, puis établir son intérêt pour un programme thérapeutique, en constitue d’autres. Le financement doit faire progresser ces validations ainsi que l’activité de l’entreprise en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Rivercell réunit 25 millions de dollars en amorçage pour produire ses propres données expérimentales, agrandir son laboratoire parisien et développer des modèles capables de prédire la réponse de cellules humaines à des traitements. Face à des acteurs comme Recursion et Insitro, son enjeu sera de montrer que l’intégration du laboratoire et du logiciel améliore une décision de recherche concrète. La valeur des données, des modèles et des capacités expérimentales dépend notamment de leur réutilisation d’un projet à l’autre.

Vocca finance, avec 20 millions de dollars, le déploiement d’agents vocaux chargés de traiter des échanges entre patients et établissements de santé. Son marché recouvre le secrétariat médical, les centres d’appels et les logiciels de gestion des rendez-vous. Archeon Medical, de son côté, lève 7,5 M€ pour poursuivre les études cliniques et le déploiement de son dispositif d’aide à la ventilation lors d’un arrêt cardiaque.

VoltR et Edonia doivent convertir le capital en production

VoltR annonce 22 M€ pour industrialiser le reconditionnement de batteries lithium. Les 16 M€ investis en capital par SPI 2 et Decathlon Pulse sont complétés par 6 M€ d’aides du programme Première Usine. L’entreprise veut augmenter fortement sa capacité à Verrières-en-Anjou. Son activité doit être distinguée du recyclage : elle cherche à remettre des cellules en usage, ce qui exige de les caractériser, de les assembler et de garantir la qualité des batteries produites à mesure que les volumes progressent.

Edonia annonce 15 M€ de financement, dont 12 M€ d’investissements, pour ouvrir une unité dédiée à son ingrédient issu de microalgues. La société vise la restauration et les industriels alimentaires en Europe et à l’international. Le passage à l’échelle devra établir qu’elle peut fournir des volumes réguliers, adaptés aux contraintes de formulation et de prix de ses clients. Le financement d’un outil de production répond ici à une autre logique que celui d’une plateforme logicielle : les dépenses précèdent la montée des volumes vendus.

Les logiciels métier cherchent une place dans les opérations quotidiennes

Avec plus de 10 millions de dollars levés auprès d’investisseurs menés par Partech, Netsec veut réunir informatique et cybersécurité dans un abonnement facturé par salarié. L’entreprise se confronte aux prestataires d’infogérance établis, aux fournisseurs d’outils de sécurité et aux équipes internes de ses clients. À mesure qu’elle centralise les interventions, la qualité de sa réponse aux incidents et la clarté des responsabilités deviennent déterminantes. Ces critères figurent dans notre guide d’achat et de déploiement de ces services de cybersécurité.

Cleavr réunit 8 M€ pour automatiser le suivi des factures jusqu’au paiement. Son produit doit s’insérer entre les logiciels comptables, les équipes financières et les interlocuteurs du client, notamment lorsqu’une facture fait l’objet d’un litige. Verso lève environ 5,4 M€ pour accélérer les études consommateurs. La jeune entreprise se mesure aux instituts établis et à des plateformes comme Outset, GetWhy ou Listen Labs ; la baisse du coût de production des études rend également plus pressante la question de leur prix et de la qualité des résultats.

Fleuret AI ferme cette liste avec 4 M€ en préamorçage pour développer des agents capables d’automatiser une partie des tests d’intrusion. Face aux cabinets spécialisés et aux outils de sécurité déjà utilisés par les entreprises, il lui faudra démontrer la pertinence des failles détectées, la reproductibilité des tests et la place laissée à l’expertise humaine. RAISE Ventures mène le tour, avec notamment Auriga Cyber Ventures, Wind et Better Angle.

Une semaine de capitaux, plusieurs échéances

Les près de 270 M€ de cette sélection financent des étapes dont les résultats ne se mesureront pas au même rythme. Pour Spiko, Wiremind et Vates, la question porte sur l’expansion et la fidélité des clients. Pour WhiteLab, Rivercell et Archeon, les prochaines preuves seront d’abord scientifiques ou cliniques. Pour VoltR et Edonia, elles sortiront des lignes de production.

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