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La crise, du pain bénit pour les startups ?

En tant qu’indépendant, je pourrais très bien perdre toute source de revenus du jour au lendemain, une possibilité qui bien sûr ne manque pas de se rappeler à moi de temps en temps. Si ça vous arrivait, que feriez-vous ? Pour ma part, j’ai déjà tout un plan qui n’implique même pas d’aller postuler comme équipier dans le fast food en bas de chez moi.

La première étape de ce plan, c’est de transformer mon bureau en chambre que je pourrais ainsi sous-louer via AirBnB. Je me lancerais aussi dans le dog sitting grâce à Myeasypet.com, et depuis peu j’ai ajouté à la liste de mes activités celle de table d’hôte avec Cookening. Je trouverais bien aussi un petit truc à fabriquer de mes mains que je vendrais sur Etsy. Pour voyager, je pourrais même imaginer un projet humanitaire dans un pays en développement et je lèverais des fonds pour le mener à bien sur Ulule.

Si tout ça ne suffit pas à payer mon loyer, j’espère bien que d’ici ce jour fatidique on aura en France l’équivalent de Taskrabbit ou Zaarly, deux applications qui fonctionnent comme de véritables marchés du travail 2.0 : vous avez un meuble Ikea à monter mais pas le temps de le faire ? Vous avez 2000 courriers à envoyer mais pas de stagiaires pour les mettre dans les enveloppes ? Désormais il y a une application pour ça !

Purs produits du web 2.0, tous ces services ont pour point commun de mettre en relation économique des particuliers afin qu’ils échangent des services qui étaient autre fois l’exclusivité de professionnels. Si on a encore du mal à imaginer aujourd’hui à qui Etsy fait concurrence, ou bien que Cookening remplace vraiment les petits restaurants de quartier, il ne fait cependant aucun doute que, vu qu’on estime aujourd’hui sa valeur à 2 ou 3 milliards de dollars, AirBnB est en train de devenir un concurrent sérieux pour l’hôtellerie traditionnelle.

Cette petite (pour l’instant) révolution est celle de l’économie du partage, et a inspiré beaucoup d’autres services encore, comme SnapGoods, qui vous permet de louer un objet à un particulier, ou encore Getaround, qui fait la même chose pour les voitures. Le partage en soi n’a rien de nouveau, ce qui a changé c’est qu’internet permet de mettre en relation de façon sûre des inconnus. Et ça, ça devrait faire peur à beaucoup de monde dans plusieurs industries.

Il est évident que la crise bénéficie à ces services. Si le scénario de chômage que j’imagine venait à se réaliser, AirBnB, Cookening, Etsy et plusieurs autres prendraient leur commission sur tous mes petits business d’homme à tout faire 2.0. De là à les traiter de profiteurs de crise, il n’y a qu’un pas… Que je ne franchirai pas. Ce n’est pas de leur faute si l’économie va si mal, et au contraire ils aident à la remettre sur pied en allouant de façon plus efficiente des biens existants.

On pourrait même arguer qu’ils offrent une rare source de croissance écologiquement neutre.

Le véritable côté négatif de la “sharing economy”, particulièrement évident chez Taskrabbit et Zaarly, c’est le risque de précarisation. Economiquement, qui dit plus grande flexibilité dit aussi plus grande insécurité. Le code du travail a beau être lourd, souvent dépassé et incompréhensible, il n’est pas sûr que l’oublier totalement et se contenter de faire confiance à une start-up pour réguler le marché du travail soit la meilleure des idées. Est-ce une meilleure idée de “précariser” le marché des biens, de l’hôtellerie, de l’automobile ?

L’avenir nous le dira sûrement, parce que si une chose semble certaine, c’est que l’avenir est bien à l’économie du partage. Si vous avez une idée pour mettre en place une application pour transformer votre appartement en laverie de fortune ou pour louer votre WiFi… C’est le moment de vous lancer.

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La rédaction

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16 thoughts on “La crise, du pain bénit pour les startups ?”

  1. L’economie du partage c’est vraiment un nouveau style de vie. ce n’est pas qu’une question de crise. Mais c’est vrai que le portefeuille qui se vide permet de se poser les bonnes questions ;)

    Et je rajoute à la liste des starts-up, http://www.deways.com/ pour louer la voiture de ses voisins, amis … Allez voir ca.

  2. C’est vrai que l’avenir de cette « sharing economy » est devant nous. Le B2B est également concerné.

    J’en veux pour preuve Salezeo, une plateforme collaborative d’échange de contact commerciaux 2.0, très utile pour trouver de nouveaux prospects.

    J’ai testé le service et c’est très efficace et gratuit !
    http://www.salezeo.com

  3. On court circuite la monnaie et par la même occasion les taxes… on arrive donc au paradoxe bien connu, qu’à trop monter les impôts on finit par en récolter moins, car l’économie parallèle se crée. Pire, celle là est tout à fait légale :)

    Elle est aussi l’apanage des temps de crise c’est vrai.

  4. Dans l’économie collaborative les services proposés par les startups sont justement là pour permettre aux consommateurs d’accéder simplement à des produits ou des services peer to peer.

    Louer sa voiture serait compliqué sans des intermédiaires comme Deways, tout comme louer un appartement à l’autre bout du monde sans AirBnb.

    Finalement avec l’économie collaborative, on retrouve de la proximité et de la simplicité dans les usages de biens et de services.

  5. Les gars faut revenir sur terre !
    Vous vous émerveillez de quoi au juste ?

    Du retour à une société de la débrouille. Du petit boulot à la semaine pour ne pas dire à la journée ou à l’heure. De la misère totale mais avec le sourire . C’est plus cool !?!

    Il y a une énorme différence entre imaginer au chaud ce que l’on fera si l’on tombe dans la précarité et le faire le jour où cela vous arrive. Tant de paramètres souvent inimaginés sont alors si différents.

    Et puis imaginer des entreprises, start-up ou non, qui vivent, ou vont vivre sur le dos des précaires n’est ni une nouveauté, ni une innovation enthousiasmante.

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