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La génération Fab Lab s’installe en République islamique d’Iran

C'est son premier voyage hors du Moyen-Orient. Pour cette première fois, Elnaz Hariri, project manager, est en France pour présenter, à la conférence Leade.rs, le projet Fab Lab Connect, un programme privé dont le but est d'implanter ces ateliers de fabrication collaboratifs et numériques dans le monde. Citoyenne de la République islamique d'Iran, Elnaz Hariri veut encourager une génération d'entrepreneurs et d'ingénieurs de son pays à créér, à devenir des «Makers». 

Depuis Zanjan, une ville iranienne située à quatre heures de la capitale Téhéran, Elnaz Hariri est fière d'appartenir à une initiative privée, non dépendante de l'État, la première du genre dans son pays pour une Fab Lab. «Nous sommes en cours de négociation avec des investisseurs iraniens du secteur privé», explique cette ingénieure de formation. Car pour développer un projet en Iran, notamment numérique, il est souvent plus facile de passer par les grandes universités publiques soutenues par le gouvernement. En France, pour rappel, la mode Fab Lab est aussi passée par le soutien de l'État. En 2013, le ministère de l'Economie débloquait plus de 2 millions d'euros pour l'ouverture de 14 Fab Labs sur le territoire. 

«C'est très compliqué de passer par une aide du gouvernement. Il faut être nécessairement coopté», raconte la jeune iranienne. A Paris, en VRP, elle a d'ailleurs à coeur d'appliquer la méthode et de rencontrer «les bonnes personnes» pour développer le projet cofondé par Nader Shaterian, un ingénieur iranien de l'aéronautique qui a fait ses armes dans les entreprises tech de la côte Ouest des États-Unis. «Nous avons des projets de réalité virtuelle très prometteurs avec HTC Vive», annonce pour la rentrée la project manager.

VOIR: Interview d'Elnaz Hariri, Project Manager à Fab Lab Connect (anglais)

Le réveil de l'Iran

Depuis la fin des sanctions contre l'Iran en 2015, le pays s'ouvre et les réseaux d'entrepreneurs commencent à peine à s'organiser. A Téhéran, il existerait aujourd'hui entre 350 et 400 start-up, quand le pays en comptait seulement 150 un an plus tôt, d'après le média local TechRasa. Hackhathons et ouvertures d'incubateurs se multiplient pour créer les nouveaux acteurs de l'e-commerce ou des Fintech. 

«Ce qui me surprend en France, c'est la profusion d'événements dans le secteur digital», note Elnaz Hariri. En arrivant à Frenchweb, prise par cette euphorie de l'écosystème tricolore qu'elle découvre au travers de ses hôtes (Loïc Le Meur et Roxanne Varza), elle oublie d'abord de porter le voile, de rigueur, face à la caméra. Du reste, alors qu'actuellement en Iran 70% des étudiants dans la filière science et ingénieur sont des femmes, le pays campe sur ses interdits. La génération d'Elnaz espère, elle, connaître des disruptions plus profondes.

Jeanne Dussueil

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