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L’audience de la presse américaine de plus en plus «mobile-first»

Le mobile en avant toute. C’est en tout cas l’une des tendances du dernier rapport du Pew Research Center sur l’état des médias d’information outre-Atlantique en 2015 (State of the News Media 2015), réalisé à partir des données recueillies par comScore. Depuis le début de l’année 2015, sur les 50 premiers sites d’information américains, 39 ont cristallisé davantage d’audience provenant du mobile que d’ordinateur. Et sur les 25 premiers sites, 19 ont une audience sur mobile (ou application mobile) qui dépasse d’au moins 10% celle réalisée sur desktop. Une donnée clé dans la mesure où les grands titres de presse américains réalisent leur transformation numérique.

Plus d’audience mobile, mais moins de temps

Cette tendance est particulièrement significative dans le cas du USA Today, le journal à la plus forte diffusion outre-Atlantique, qui a concentré 34,6 millions de visiteurs uniques sur mobile en janvier 2015, contre 25,2 millions sur ordinateur. L’écart reste toutefois plus serré dans le cas du New York Times (respectivement 31,5 et 28,9 millions de visiteurs uniques sur la période).

Mais si le trafic et sa source (ordinateur ou mobile) restent certes des données clés pour les annonceurs et les revenus des organisations de presse, c’est également la durée de lecture qui a été étudiée par le think tank américain. Sur ce point, il semble que les chiffres soient moins favorables au mobile. Pour 13 des 25 premiers sites, les visiteurs sur desktop ont passé davantage de temps (au moins 10% de plus) que ceux sur mobile, contre seulement 5 cas inverses, souligne l’étude.

Les revenus ont chuté de moitié en 10 ans

Pourquoi le temps ? Parce que plusieurs médias s’interrogent sur la pertinence de la seule audience comme variable de facturation pour les annonceurs. Au Royaume-Uni par exemple, le Financial Times – prestigieux quotidien britannique dont, rappelons-le au passage, 70% de l’audience totale payante a été réalisée avec le numérique en 2014 – avait annoncé l’an passé vouloir lancer un nouveau format de facturation pour les annonceurs afin de prendre davantage en compte la durée des impressions, plutôt que le seul CPM (coût pour mille) [lire notre article : E-publicité : Faut-il en finir avec le CPM ?, ndlr].

Si l’on revient sur le secteur aux Etats-Unis, en dépit des efforts réalisés sur le numérique et sur le mobile par les journaux, le State of the News Media 2015 dresse un sombre panorama financier. C’est très simple : à 19,9 milliards de dollars en 2014, la presse américaine réalise environ deux fois moins de chiffre d’affaires qu’il y a dix ans. Rien que l’an passé, il a encore reculé de 4%. Et si les revenus issus du numérique ont progressé ces cinq dernières années, ils ne suffisent pas à compenser les pertes enregistrées sur le print, comme le révèle le graphique du Pew Research Center ci-dessous.

Des investissements records

Certains titres de presse – journaux ou magazines – ont connu des difficultés. C’est le cas du magazine The New Republic, racheté en 2012 par Chris Hughes, l’un des cofondateurs de Facebook, qui a nommé un ancien de Yahoo! pour assurer la transformation numérique du titre. Mais des désaccords ont eu lieu entre la rédaction et la direction. Dans un tout autre contexte, Gigaom a mis la clé sous la porte. Lancé en 2006, le site d’information dédié à l’actualité technologique avait pourtant levé plus de 20 millions de dollars.

Dans le même temps, de nouveaux acteurs entièrement en ligne ont émergé, avec des levées de fonds parfois record. Cette semaine, le site fashion et lifestyle Refinery69 a bouclé un tour de table de 50 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, 10 ans après sa création. Fin 2014, le groupe Vox Media a levé 46,5 millions de dollars pour une valorisation estimée à plus de 380 millions de dollars, soit plus que les 250 millions mis sur la table par Jeff Bezos, l’emblématique PDG d’Amazon, pour acquérir l’historique Washington Post. Autre cas, Vice News, né dans les années 1990 à Montréal sous la forme d’un magazine alternatif, a battu des records d’investissements : en l’espace de deux tours de table distincts, il a levé 500 millions de dollars.

Certains acteurs se sont même étendus à l’international. Créé en 2007 par des anciens du Washington Post, le site Politico, accessible gratuitement sur Internet et en version papier dans les hauts lieux du pouvoir de Washington, s’est lancé ce mois-ci en Europe pour couvrir l’actualité des politiques européennes et les coulisses de Bruxelles.

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Olivier Harmant

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