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Les banques mobiles ouvrent-elles une nouvelle ère financière?

En s'invitant dans le secteur bancaire, les «néobanques», banques mobiles 2.0, ont redéfini les business modèles traditionnels. Le Web et le mobile ne distribuent plus uniquement les produits bancaires classiques; ils permettent désormais à de nombreux nouveaux acteurs d’innover en proposant des services bancaires et financiers inédits:

  • Digitalisation complète de l’ouverture d’un compte;
  • 100% numérique: vers un objectif 0% papier;
  • Validation des opérations bancaires par lecture de l’empreinte digitale;
  • Déploiement de réseaux de distribution physique sans avoir à supporter les coûts d’une agence;
  • Conquête de clients par le marketing viral, etc.

 

En pleine conquête du grand public, la FinTech a d'ores et déjà bousculé les grandes institutions bancaires, comme en témoigne le rachat récent de Compte Nickel par BNP Paribas.

Vers une utilisation mobile, friendly et instantanée 

Grâce à la généralisation de l’utilisation du mobile, il est désormais simple de régler l’achat d’un bien ou d’un service, d’envoyer de l’argent à un enfant à l’étranger ou de partager une addition avec un ami. Ces nouvelles habitudes de consommation, étroitement liées à la viralité et à la communauté (cagnotte, crowdfunding, etc), sont favorisées par les réseaux sociaux, et permettent ainsi de capter de nouveaux clients en réduisant le coût d’acquisition. Là où les banques sont prêtes à débourser entre 350 euros et 650 euros pour capter un client, de nombreuses néobanques ont su optimiser leur coût d’acquisition entre 45 et 90 euros.

L’essor des technologies permet ainsi de mettre le digital au service des besoins des clients tout en s’appuyant sur des prestations innovantes. Les banques mobiles répondent parfaitement à ces besoins instantanés, où l’expérience visuelle doit être engageante à travers des Apps ou interfaces à l’ergonomie travaillée. Le contraste est d’autant plus prononcé auprès des secteurs B2B où de nouveaux profils de clients (entrepreneurs, start-up, freelancers) émergent, mais où les méthodes de paiement restent les plus traditionnelles (chèques, etc). 

Malgré l’essor des banques en ligne dans les années 2000, il n’existe toujours pas, en 2017, de banque 100% digitale à destination des entreprenants, des PME, des auto-entrepreneurs, ou des freelances! Certaines néobanques l’ont bien compris et souhaitent proposer bien plus qu’un compte en fournissant les outils indispensables au développement d’une activité professionnelle: terminaux de paiement, bouton de paiements, encaissement de chèques, affacturage, ligne de crédits, etc.

Un parcours client et des fonctionnalités enrichies et innovantes

Le rôle des agences physiques subit une mutation, favorable aux banques mobiles. Ainsi, les services bancaires et financiers des banques mobiles s’articulent désormais autour du parcours et de l’expérience client. Elle doit être intuitive, agile, riche et mobile, centrée sur l’usage et l’accessibilité de ses produits. 

Les néobanques enrichissent et bousculent leurs aînées; non pas à travers les fonctionnalités nouvelles qu’elles apportent, mais par leur mise en scène et leur intégration dans un système unique. Fini le temps où pour détenir un terminal de paiement il fallait remplir 3 formulaires, signer un contrat de vente à proximité, attendre des jours et des jours avant que le dossier soit accepté par la banque et consulter ses encaissements dans un espace client différent de celui de son compte principal! Grâce à l’agrégation de comptes, certaines banques mobiles proposent un guichet unique où tout est centralisé. Le client n’a alors plus qu’à activer les options dont il a besoin et il gère tout depuis un même accès. 

Cette construction par brique est une spécificité propre aux FinTechs. Néanmoins, certaines banques commencent à vouloir proposer ce type de modules. C’est le principe de Banking as a Service (ou Bankstore), qui s’appuie sur l’obligation d’ouvrir ses systèmes d’information. En cela, les banques mobiles ouvrent clairement une nouvelle ère à travers les APIs, qui poussent les banques traditionnelles à intégrer le mouvement naissant de Open Banking. 

Vers une complémentarité 

L’un des plus gros enjeux des banques traditionnelles est l’intégration du digital au métier.

Ce n’est pas le digital qui doit s’adapter aux contraintes de la banque, mais la banque qui doit se révolutionner en pensant digital. C’est là où les FinTechs, ayant pensées leurs modèles dès leurs créations, se démarquent et se différencient. 

La digitalisation du métier de la banque va remettre à plat les process internes et va permettre de réaffecter les équipes sur des tâches à plus forte valeur ajoutée comme la fraude, la compliance, etc. Les banques n’ont pas d’autre choix que de passer au tout digital parce que le monde est devenu digital. L’annonce récente de la Banque Postale et le rachat de Fidor par BPCE ne fait que confirmer ce mouvement déjà bien amorcé.

Les banques mobiles sont bâties dès leurs origines sur des principes de viralité, de communautés, et proposent une expérience utilisateur forte, découlant sur un usage mobile, intuitif et sans engagement. Elles peuvent apporter aux banques leur savoir faire, leur vision et leur plateforme pour faire cohabiter deux offres en parallèle, l’une traditionnelle et l’autre digitale. L’une ne remplace pas l’autre. Le système SI de l’un ne remplacera pas le système SI de l’autre. Au contraire, des synergies produits s’opéreront pour apporter encore plus de services aux clients de la banque digitale.

Le deuxième enjeu majeur, peu souligné par les médias, est la mise en vigueur de la directive DSP2, imposant aux banques de fournir des services d’initiation de paiement à ses utilisateurs. Concrètement, la DSP2 offre la possibilité à l’utilisateur de demander à une FinTech d’éxécuter un virement bancaire en se connectant directement à sa banque. Cette révolution représente un risque de désintermédiation où les clients des banques traditionnels pourraient passer par des applications, plus mobiles, plus intuitives pour exécuter des ordres de paiements et gérer leur argent.    

Les relais de croissances futures des néobanques, à l’instar des réseaux traditionnels, reposent donc sur leur capacité à innover et développer des services venant compléter d’autres briques technologiques (opérateur télecom, agrégateur de compte, logiciel comptable, marketplace, e-commerçants…), afin d’apporter plus de valeur ajoutée au client et offrir une expérience utilisateur la plus pertinente possible.

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damien-dupouyDamien Dupouy est un entrepreneur français qui a créé sa première société en 2002, lorsqu’il était encore étudiant d’HEC Entrepreneurs.

Il a eu l’idée de créer MobileTrend suite à un stage en dernière année puis après quelques années, la société est devenu le leader européen du micropaiement par SMS. La société est approchée en 2009 par le groupe HiMedia (HiPay) qui fait une proposition de rachat et qui est acceptée pour créer le leader européen des moyens de paiements. Damien poursuit l’aventure avec HiMedia, puis en 2012 il décide de créer Anytime avec Thierry Peyre et ils ont pour objectif de créer la première offre bancaire digitale à destination des professionnels et des particuliers. Damien accompagne également des startups et intervient comme business angels.

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Lire aussi: Monaize, le compte bancaire mobile pour les indépendants

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Les contributeurs sont des auteurs indépendants de la Rédaction de FrenchWeb. Leurs propos et positions leurs sont personnels.

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