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Les entrepreneurs de la Tech partent à la conquête de l’espace

La conquête de l'espace semblait dépassée depuis la fin du programme Apollo dans les années 1970. Avec pas moins de 1,8 milliard de dollars investis dans des start-up de l'espace sur la seule année 2015, rien n'est moins sûr si l'on en croit l'étude Fabernovel, The second Space revolution publiée en ce mois de septembre.

Autre signal fort, il y aurait plus de 17 lanceurs de fusées actuellement en cours de développement aux Etats-Unis, et près de 437 nanosatellites devraient être lancés cette année, selon l'agence spécialiste de l'innovation. Cette dernière dresse un panorama des nouveaux acteurs de l'aérospatial, et analyse la manière dont ils bouleversent le marché. 

Accélération des investissements dans les start-up de l'espace 

Premier constat, on assiste aujourd'hui à une accélération des investissements dans des start-up de l'espace. Plus de la moitié des 2,9 milliards de dollars investis dans le secteur ces 15 dernières années l'ont en effet été sur la seule année 2015. On retiendra quelques levées de fonds spectaculaires, à l'image de Planets, qui a levé 158 millions de dollars, ou encore de Terra Bella rachetée par Alphabet après avoir levé 91 millions de dollars. 

Le budget de la NASA, qui représentait 4,5% du budget fédéral dans les années 1960 ne représente aujourd'hui plus que 0,5% du buget américain, rappellent les auteurs de l'étude. Cela ouvre donc des perspectives pour de nouveaux acteurs sur ce marché historiquement dominé par des acteurs publics. 

De nouveaux acteurs qui cassent les codes

Nés durant la Guerre Froide, les sociétés traditionnelles de l'aérospatial sont aujourd'hui concurrencées par de nouveaux entrants, qui profitent de programmes tels que le Commercial Orbital Transportation Services de la NASA (qui confie à des acteurs privés une partie du transport du frêt et des équipages à la Station spatiale internationale) par exemple. 

Principales caractéristiques de ces nouveaux acteurs: leur vision beaucoup moins averse au risque que les acteurs publics, et leur forte culture de l'expérimentation qui les amène à bouscouler le statu quo. 

SpaceX, la société d'Elon Musk, capitalise ainsi sur les meilleures pratiques apprises au sein des usines Tesla et les transpose à l'aérospatial, ce qui lui permet de réaliser rapidement des économies d'échelle. Blue Origin utilise quant à elle des processus d'expérimentation tels que l'A/B testing pour tester les limites de sa technologies. 

Ces entreprises, qui mettent en place de nouveaux processus industriels, des systèmes de maintenance prédictive, ou encore de prototypage rapide créent de nouveaux écosystèmes, plus faciles à appréhender pour la prochaine génération. «Créer un service spatial en B2B ou en B2C sera aussi facile que de créer une application pour smartphone» estiment les auteurs de l'étude.

Objectif: Mars

Le graal, pour ces nouveaux acteurs de l'aérospatial, n'est plus de marcher sur la Lune ou de découvrir les satellites de la Terre. Leur objectif, clairement affiché, est de permettre aux hommes de faire leurs premiers pas sur la planète Mars.

L'ambition d'Elon Musk est même de créer de toutes pièces une ville habitable sur la planète rouge. Dans cet objectif, SpaceX a ainsi prévu de lancer plus de 4 000 satellites dans l'espace d'ici 5 ans. Budget total de l'opération: 3 milliards de dollars.

Ce lundi, SpaceX testait le moteur de sa fusée supposée amener les premiers hommes sur Mars, baptisé Raptor. 

Mais les défis technologiques à relever avant de poser le pied sur cette nouvelle planète sont encore nombreux, et nécessiteront des financements conséquents (des logements adaptés, de la nourriture ou encore des moyens de transports). L'intervention d'Elon Musk, programmée dans le cadre du 67eme congrès international d'astronautique au Méxique apportera-t-elle des éléments de réponse quant à la manière dont il compte procéder pour effectivement coloniser Mars? 

 

Crédit photo: Fotolia, banque d'images, vecteurs et videos libres de droits
 
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Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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