ActualitéLes ExpertsTribune Libre

Les notifications « push », les nouvelles stars du Web devant l’e-mail marketing

Les notifications donnent aux sites Web le pouvoir, jusqu’alors réservé aux applications iOS et Android, de réimpliquer et relancer leurs utilisateurs. En s’abonnant explicitement (via l’opt-in) aux notifications d’un site, l’utilisateur autorise ce dernier à lui envoyer des alertes, y compris lorsqu’il n’est pas en train de le visiter. Les push Web s’affichent sur son bureau ou sur l’écran d’accueil de son smartphone. Des messages qui peuvent être hyper ciblés, en fonction de ses goûts, de son expérience, ou de son parcours.

Cela va avoir de multiples conséquences sur la place de Google comme intermédiaire systématique dans la relation utilisateur-Web, ou encore sur la suprématie des applications mobiles sur le Web, ces dernières n’ayant plus le monopole de l’alerting. Le marketing digital va être profondément bouleversé, à commencer par l’e-mail marketing. S’il semble encore être le mode de communication consacré par les webmasters, je suis convaincu que l’avenir de la fidélisation client appartient aux push Web.

40% des internautes sont équipés de navigateurs adaptés aux push

Envoyer une newsletter est un processus lourd et coûteux, pour des taux de clics dépassant très rarement les 8%. Trop lent, trop cher, l’e-mail marketing n’est pas adapté à un monde qui se recentre sur le mobile. A l’ère du tweet, la notification push et ses 140 caractères, permet de toucher chaque utilisateur avec le bon message au bon endroit au bon moment, en apparaissant instantanément sur les desktop et les écrans d’accueil des smartphones. C’est donc l’outil idéal pour faire réagir les utilisateurs de son site Web et les réengager.

Aujourd’hui près de 40% des utilisateurs sont équipés de navigateurs supportant les push Web, Chrome et Safari, soit déjà près d’un milliard d’internautes. Et l’on peut anticiper qu’une très large majorité le sera d’ici la fin de l’année, en raison du déploiement automatique des mises à jour de Chrome et Safari mais aussi des efforts de Mozilla pour doter Firefox de cette innovation.

Contrairement à ce qui se passe avec la pub, l’utilisateur reste le maître du jeu. A tout moment, il peut résilier (via l’opt-out) son abonnement aux notifications d’un site Web s’il considère que les messages qu’il reçoit ne lui sont d’aucune utilité. C’est la grande différence avec l’e-mailing, le SMS, ou la publicité.

Les push, un outil de développement durable des audiences

Alors oui, certains seront tentés de faire n’importe quoi au début, et de noyer leurs utilisateurs sous un flot incessant d’alertes sans intérêt. Puis le rapport entre un site Web et son utilisateur va aller en se personnalisant et les push notifications seront de plus en plus ciblées, prenant alors en compte les besoins des utilisateurs. Ainsi les push notifications vont s’installer comme l’outil de développement durable des audiences.

Google sent qu’il est en train de perdre sur le mobile la place de porte d’entrée vers le contenu au détriment d’un «walled garden», un écosystème fermé totalement contrôlé par un Facebook qui se projette comme le nouvel entremetteur sur le mobile. En ouvrant les push aux sites Web via les dernières versions de son browser Chrome, Google redonne aux éditeurs les clés de leur relation avec leurs propres clients, c’est à dire ni plus ni moins que la possibilité de s’affranchir aujourd’hui de Facebook pour exister demain.

[tabs]

[tab title= »L’auteur : Frédéric Mahé »]

frederic-maheSpécialiste des médias et des moteurs de recherches, Frédéric Mahé a occupé des postes de direction au sein du groupe Lagardère puis chez AOL avant de fonder Yakaz, puis WonderPush, une plate-forme en Saas d’envoi de push notifications sur le Web et le mobile.

 

[/tab]

[/tabs]

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits
Tags

Les Experts

Les Experts sont des contributeurs indépendants de FrenchWeb.fr.

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share This