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L’État et SFR sortent de Numergy, nouvel échec du cloud à la française

L’État est sur le point de retirer ses intérêts placés dans l’opérateur de cloud Numergy. Le cloud souverain, piloté par la puissance publique, est donc en train de vivre un nouvel échec, après celui de Cloudwatt, revendu début 2015. L’autre actionnaire SFR, (à 47%), cherche aussi à quitter le navire, d’après Usine Digitale. L’État est présent à hauteur de 33% au travers de la Caisse des Dépôts, avec le groupe informatique Bull (20%), racheté par Atos en 2014.

Un prise de participation, qui, comme le prophétisait l’un de nos experts, était vouée à l’échec: «Ce cloud souverain a presque autant de chances de succès que l’idée de créer un moteur de recherche à la française, (lancée en 2005 avec l’initiative Quaero), écrivait sur Frenchweb Olivier Ezratty il y a un an. Et d’affirmer:

Olivier-EzrattyDans le numérique comme ailleurs, les stratégies industrielles de nature protectionnistes ne fonctionnent pas. L’erreur numéro un, c’est de se tourner en priorité sur notre marché intérieur, qui pèse moins de 3% du marché mondial dans le numérique. C’est le cas du fameux “cloud souverain” qui a mené à la création de Cloudwatt et Numergy. Ces deux sociétés accumulent les travers de l’innovation à la française pilotée par les grandes entreprises et l’Etat et en particulier un actionnariat et une gouvernance incompatibles avec l’esprit de conquête de marché qu’elles devraient avoir.

Le cloud à la française de Numergy ne pourra donc rivaliser avec les offres des géants américains, tels Amazon Cloud Services. Alors qu’il vient de fêter ses trois ans, Numergy revendique «une présence chez 40% des comptes du CAC 40». Reste qu’en 2014, son chiffre d’affaires atteignait seulement 2 millions d’euros.

Avec la revente de SFR, son avenir est encore plus incertain que les commandes de l’opérateur télécom comptait pour près de 80% de son chiffre d’affaires, apprenait-on il y an un an. Numergy ne pourra sans doute remplir son objectif de recruter plus de 300 personnes d’ici 2017 (actuellement à moins de 100 personnes).

Jeanne Dussueil

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