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Lettre ouverte aux maisons de disques même si elles ont rien demandé

Il y a presque 10 ans, je passais un entretien avec le Directeur Général d’une maison de disques pour un poste de responsable marketing interactif (oui, à l’époque le marketing était interactif). Lorsque nous avons abordé le sujet Napster, toute jeune et naïve que j’étais, je lui dis qu’il fallait utiliser Napster comme outil de promotion, et que grâce à cet outil, les artistes pourraient beaucoup plus facilement rencontrer, toucher leurs fans…Que n’ai-je dit !!! Je n’étais pas loin du « Vade retro satanas !» Outre le fait que j’avais complètement planté mon entretien, mon interlocuteur m’a expliqué que « le public on s’en fout », que « seule la défense des droits compte » et que « le CD est et restera le seul et unique format de musique…. » Et puis c’est tout.

10 ans plus tard, rien n’a changé….Lorsque je discute avec ces mêmes interlocuteurs (oui, les personnes qui nous avaient dit avoir tué le piratage en fermant Napster il y a 10 ans sont toujours en place), nous avons toujours les mêmes discussions …Entre le « je ne vois pas quelles erreurs nous avons bien pu faire depuis 10 ans » à « Tu sais Virginie, le marketing online pour la musique ne sert à rien » (ces deux citations, véridiques sont l’œuvre d’un DG de major en 2009), l’après Napster n’a toujours pas eu lieu….

Je ne veux pas faire ma vétérante, mais cela fait maintenant un bout de temps que je traîne dans la musique. En 1997, je finissais mes études aux Etats Unis et je découvrais MP3.com. En 2000, j’étais sur Napster. J’ai ensuite travaillé dans des groupes de télé, de radio, sur le web avec un poste toujours en relation avec la musique et les maisons de disques. Depuis 10 ans, j’assiste, voire même je participe aux différentes tentatives de « sauvetage » de la musique, comme le Napster to Go, les plates formes lancées par les majors multi sécurisées, non interopérables avec des catalogues non commun, les deals 360, le Comes with Music, le Starbucks Music, MySpace, Spotify….

Mais aucune de ces tentatives n’a été le futur de la musique. Et Spotify ne le sera pas plus que les autres. Je me souviens en avoir discuté l’été dernier avec un patron de la stratégie d’une maison de disque. Il me disait vouloir travailler en exclu avec Spotify car c’était vraiment « l’avenir de la musique ». « Ah oui, lui ai-je répondu, pour toi l’avenir c’est une écoute gratuite basée sur du revenu pub ? »…

La seule chose dont on peut être certain, c’est que Spotify n’est en aucun cas le futur de la musique. Peut-être parce qu’il n’y a pas de futur dans la musique. En tout cas, il n’y a pas de futur pour l’industrie de la musique actuelle. Pas telle qu’elle évolue actuellement…Et puis, c’est quoi l’industrie de la musique ? Des centaines d’acteurs fragmentés par secteur, par fonction ou par genre…

Qu’est ce qui a tué l’industrie musicale ? L’arrogance. L’arrogance d’être certain que rien ne changera, que ça ne sert à rien de chercher à anticiper le mouvement. L’arrogance de croire que tout se réglera à coup de procès ou de lois. L’arrogance de croire qu’on a pas besoin de chercher à comprendre ou changer..

Mes amis des maisons de disques, il faut comprendre dès maintenant que nous ne sommes plus dans un business de ventes de CD, mais dans un business de création de valeur autour de la musique. Une fois que vous aurez compris ce changement, je vous assure que le reste suivra beaucoup plus facilement…

Vous avez dépensé des millions de $$ en stratégies inadaptées et mal conduites, en lobbying, en pratiques complètement dépassées. Sans compter le temps perdu. Il serait temps que vous vous intéressiez et intégriez vraiment ce qui arrive. Ce n’est plus comment ça devait être, ni comme vous voulez que ça soit, ni comme cela devrait être…C’est juste que c’est comme ça. S’adapter ou mourir.

Permettez-moi donc de vous faire part de quelques petites réflexions qui me trottent dans la tête depuis fort longtemps. Loin de moi l’idée de vous donner des leçons. Ce n’est ni mon rôle, ni mon job. Il s’agit simplement de réflexions, mûrement constatées par quelqu’un de complètement dépitée par le tour que prennent les choses.

Connaissez votre environnement : Je suis extrêmement étonnée par la place donnée au digital dans les maisons de disques. On a les chefs de projets et les chefs de projets digitaux. La promo et la promo web, les ventes et les ventes digitales. Comme si le digital était un support mineur, qui nécessite d’être traité différemment et surtout d’être éloigné de tout autre contact avec les équipes….C’est étonnant. Le digital est un composant du mix marketing, et un moyen de distribution. Il doit donc être intégré, de la réflexion stratégique à l’opérationnel. Il n’y a pas de chefs de projets tv ou de chef de projet radio, alors pourquoi des chefs de projets digitaux ? Le digital est par nature transversal, un support de la création aux ventes. Il starte une promo, soutient les ventes. Alors intégrez-le, pour de vrai….

Préparez vos équipes : Le NY Times a demandé récemment à ses équipes de se mettre sérieusement au digital ou de partir…Faites la même chose. Comment pouvez réellement comprendre et assimiler le marché si vous ne le comprenez pas, si vous ne cherchez pas à l’anticiper, à intégrer théories et cases studies. Quand je parle CwF et RtB, de segmentation des fans, de freemium, d’accès à la musique, de datamining, on me regarde très bizarrement. C’est-à-dire que ces différents concepts, qui sont connus, reconnus et testés, fondateurs du music marketing moderne sont inconnus par les premiers qui sont sensés les appliquer. La plupart du temps, on me parle de playlist nrj et de passage au Grand Journal. Voilà la stratégie marketing en maisons de disque…Sans aucune réflexion stratégique en amont…

Alors c’est vrai que l’exemple doit venir d’en haut..Et quand le haut se vante de ne rien comprendre au digital, de ne pas l’utiliser, crache sur Facebook ou Twitter (image bien entendu) et que « que toute façon on en a pas besoin et que c’est inutile», c’est quand même très problématique (exemples entendus maintes en fois encore la semaine dernière…).

Assumez ce que vous êtes : Des marchands de tapis. Vous vendez de la musique, vous gagnez de l’argent sur la musique, vous êtes donc des marchands de tapis. Et ce n’est pas péjoratif, c’est juste la réalité. C’est du commercial. On fixe un prix à un produit et on le vend. Je ne rentrerai pas dans la sphère artistique, ça a un côté un peu magique, artisanal…mais ensuite, quand vous décidez de vendre un artiste, vendez le vraiment, en mettez toutes les chances de votre côté. Ce n’est parce qu’on est dans la musique, qu’on est cool, qu’on porte des baskets et qu’on se fait la bise que le business n’est pas sérieux…

Par exemple, travaillez vraiment votre marketing comme du marketing, et non comme de la promo. Travaillez le marketing comme on le pratique chez Microsoft, Apple ou Unilever.

Le marketing ce n’est pas sale, ce n’est pas mauvais, il ne s’insère pas dans l’artistique mais il vous aide à le vendre. C’est un peu le but non ?

En résumé,

– Définissez vos consommateurs par produit

– Etablissez vos objectifs : qu’est ce que vous voulez faire ?

– Définissez votre offre pour atteindre ces objectifs : créer des produits qui vous permettent d’atteindre ces objectifs

– Créez les sites web, contenus, landing pages, etc… : objectif : intégrer les fans dans le cycle de ventes

– Collectez vos données

– Mesurez vos performances : d’où vient le consommateur, quels produits achètent ils, etc..

– Optimisez votre campagne

– Répéter, améliorer, expérimenter

Investissez dans la R et D : Concentrez-vous sur la technologie, la mobilité, les nouveaux modèles publicitaires et les analytics.

Donc développez des API, intégrez Facebook connect, Google connect, la syndication de contenus aux sites artistes.

Ne suivez pas EMI, décentralisez la distribution via des players embed (60% du traffic de Youtube). Utilisez le player SoundCloud qui vous permet d’avoir accès à des analytics de grande qualité. Permettez à vos consommateurs de faire votre marketing.

Pensez RSS, Feeds, XML, API et pas MTV.

Les datas sont le « new gold » : Comprenez que vous pouvez faire de l’argent autour de la musique, pas forcément que sur la musique. Réfléchissez à des business models basé sur le dataming, les nouvelles générations de pub, le branded content personnalisé, le targeting comportemental

Comprenez que le futur de la musique c’est la mobilité, la découverte et le social et c’est tout : Licencier donc l’accès la musique au lieu de simplement vendre des copies: Inventez de nouveaux systèmes de revenus impliquant des ISP, des opérateurs télécoms, des opérateurs mobiles, des moteurs de recherche. Partagez les revenus

Déployez des applications mobiles partout (Iphone, Android, Symbian, Windows). Que ce soit pour des remixes, des mash-ups des playlist, des applications musiques pour les réseaux sociaux, des radios digitales…

Pensez encore une fois en terme d’accès à la musique et de freemium. Le streaming gratuit ok, mais le taux de conversion au payant doit au moins être à 2 chiffres. Comment ? En proposant pour les versions payantes des versions haute def, des concerts, des webcasts, des produits spéciaux (D2F), des compilations digitales

Intégrez les concepts de mise en avant de nouveaux talents. Intégrez les blogueurs, lancez des radios thématiques « Connectez et développez ». Regardez ce que fait Bandcamp, ils commencent à prendre le lead dans ce domaine.

Pour la plupart des gens, les maisons de disques sont le mal, représentées par Pascal Nègre, Obispo, la starac ou Zazie. Les pirates ont donc l’impression de faire œuvre de bien public, en piratant une industrie qui n’hésitent pas à afficher un salaire à 6 chiffres par mois (Nègre/Universal), à balancer de la musique jetable (Starac et autres) ou a comparer les pirates à des nazis (Lameignère/Sony). Les considérations artistiques ne rentrent pas en ligne de compte. Pour la plupart, « on pirate une industrie qui en a bien profité pendant des années », ou qui « se fait du fric sur les dos des consommateurs ». Bref, pour le grand public, tout est de votre faute.

Donc arrêtez de faire enrager vos potentiels acheteurs mais engagez les. Maintenant ! Engagez la conversation, créez un blog, soyez transparent. Transparence = confiance. Pour les utilisateurs comme pour les artistes.

Comprenez bien que votre plus gros problème, ce n’est pas le piratage mais l’obscurité. L’engagement crée l’attention qui crée la monétisation

A côté de l’engagement, la clé du succès est la différenciation. . Nous avons maintenant les outils qui nous permettent de créer des business models customisés pour chaque artiste label, public, services…Le business model unique n’existe plus. Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?

La technologie n’est pas magique, elle ne va pas résoudre un problème business. Pensez l’environnement digital comme un lego

Rentrez en concurrence avec le gratuit, justement parce que ce que vous offrez n’est pas gratuit. Pour la plupart des gens, copier un CD, c’est gratuit, charger sur une clé USB, c’est gratuit, mais la connexion avec l’artiste, l’expérience créée autour de la musique, les valeurs ajoutées comme les vidéos, films, jeux, chats, livres, concerts et merchandising, en bref le contexte (!!!) – tout cela n’est pas gratuit.

Il faut cesser avec cette obsession de vouloir faire de l’argent avec chaque copie, au lieu de fournir un accès global à la musique, un contexte qui donnera envie d’acheter.

Adaptez-vous : Résistez donc à la tentation de demander des MG monstrueuses et inadaptées, de refuser les accès aux catalogues sans aucune raison (à part celle du contrôle unique du marché), de poursuivre vos consommateurs, d’être inflexible sur les prix, de refuser tout standard technologique, d’être complètement obscur sur vos politiques de licences, de détruire la protection à la vie privée…Car plus personne ne vous suivra. A moins que cela ne soit votre stratégie.

Résistez également à la tentation des formats protégés. Si il y a quelques années vous n’aviez pas imposé les DRM, vous n’auriez pas créé tout seul le monstre Itunes. Alors autorisez les systèmes open.

Et laisser la place à des talents qui viennent de l’extérieur….Hotmail a changé les emails, des étudiants de stanford ont lancé Google, ou Facebook…L’innovation vient souvent de l’extérieur..

Bref, n’attendez pas qu’on vous sauve, mais prenez vous en mains.

Scott Fitzgerald disait : “The test of a first-rate intelligence is the ability to hold two opposed ideas in the mind at the same time, and still retain the ability to function”. Dont acte

Virginie Berger
Music Marketing Machine, Music business analyst, strategist, digital marketer.
Contact me: twitter.com/virberg, mon blog, don’t believe the hype, ou par mail: virberg@gmail.com.

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26 thoughts on “Lettre ouverte aux maisons de disques même si elles ont rien demandé”

  1. Je viens de découvrir ce site, Virginie, et … c’est le meilleur concentré de bon sens et de lucidité que j’ai pu rencontrer ces dernières semaines sur le web. Du talent, de l’expérience … chapeau bas !

  2. Excellent ! C’est vrai, l’innovation vient souvent de l’extérieur … j’espère que cet article sera lu, entendu et compris par le ministère de l’intérieur.

    Les nouveaux « napter légaux » sont déjà dans les bacs, l’été sera chaud ;-)

    « When it comes to teaching values, exemple is not the best way, it’s the only way. »
    Albert Schweitzer

  3. J’ai travaillé dans une Major pendant 8 ans. Hélas, « le déclin annoncé ». Dans les années 90, les maisons de disques regardaient étrangement le supports informatiques disques durs, disquettes ect.. et avaient peurs mais comme une taxe fût instaurée out rentra dans l’ordre des choses. Après, ce fût la disparitions de la sacro-sainte K7 au détriment d’autre support, j’avais à l’époque dis attention il faut que les producteurs se rassemblent réfléchissent afin de se mettre d’accord sur la possibilité d’un standard unique pouvant offrir la sécurité et la maitrise de diffusion. Résultat que nenni chacun a voulu jouer dans son coin comme le font les opérateur téléphonique aujourd’hui contre Apple (pardon pour le parallèle mais c’est tentant lorsque l’on voit les même choses) et tout le monde à perdu car ne nous leurrons pas le public lui aussi va perdre car bientôt il n’y aura plus de production ou presque plus. Merci messieurs les directeurs de Maison de Disque d’avoir fait partie des tueurs du systèmes en voulant sauvegarder quelque chose de mort vous avez tuer la création.

  4. Quand vous dites « …Il me disait vouloir travailler en exclu avec Spotify car c’était vraiment « l’avenir de la musique ». « Ah oui, lui ai-je répondu, pour toi l’avenir c’est une écoute gratuite basée sur du revenu pub ? »…j´ai du mal à saisir. Si je ne me trompe pas, d´une part Spotify reverse des royalties aux majors pour chaque morceau écouté et d´autre part, un aspect qui me semble intéressant chez Spotify (même si le business model reste essentiellement basé la pub, donc dangereux) et que Spotify chope des budgets pub radio.

  5. Bravo ! Une approche bien sentie et pragmatique qui peut s’appliquer à pas mal de secteurs d’activités.
    Création de valeurs / production de liens sociaux / vision généreuse, globale, ouverte d’un produit que l’on représente et que l’on vend. Comme vous, de plus en plus, je trouve que la dimension du « service » prévaut sur celle de la fonction première d’un produit, artistique ou pas d’ailleurs/
    L’acheteur est sollicité, sensibilisé, exigeant. Il veut être séduit et valorisé. Dur ! Mais les nouvelles technologies offrent des opportunités rafraîchissantes pour 1) créer l’enthousiasme, l’exception 2) susciter l’adhésion et le partage 3) repenser son approche « client » si l’on est une entreprise et si l’on représente une marque (ou un artiste).
    Internet, réseaux sociaux, applications mobiles… tout va très vite en termes de nouveaux médias. J’aime à penser que les difficultés forcent à l’introspection puis au changement. Au final, cela signifie prendre des risques et lâcher un peu prise pour explorer et donner une nouvelle définition à son métier. Ca peut faire peur à des financiers. Mais c’est aussi sur des stratégies créatives que l’on pourra se différencier.

  6. Virginie… Excellent article..

    Mais sur Spotify… Je ne suis pas un grand spécialiste du marché de la musique 1.0…
    Mais je pense que Spotify a un bel avenir… J’en suis devenu tellement fana que je publie dans ma signature de mail l’une de mes playlists : oldies but goodies…

    1/ Spotify est viral… et tout un écosystem est en train de naître avec les sites de palylists, etc…
    2/ Spotify me permet de retrouver très facilement des tracks que j’ai en mémoire, mais qui sont enfouies dans mes neurones…
    3/ Spotify permet de lister tous les interprete d’un même track
    4/ Spotify enfin amorce la licence globale avec une première marche gratuite (publicité mais il y en a si peu) et une deuxiéme payante avec des services en plus)
    Les glandus adhèrent… Vox populi vox dei…

    Une autre société suédoise (voddler)va faire la même chose avec films, et TV… Ne manquera plus que les bouquins.. Et on pourrait avoir à terme une licence globale… sur les biens culturels ??

    On se fait un e-billautshow pour discuter de tout cela ? (voir mon blog)

  7. Excellent papier, même si effectivement je reste plein d’espoir pour Spotify. Enfin un service qui fonctionne mieux que le piratage. Il était temps non ? ;)

  8. Il est indéniable en effet que la valeur ajoutée, l’exclusivité, l’inventivité, l’originalité sont des maitres mots de l’avenir de la musique, sa promotion…
    La musique, ou tout du moins les majors sont en crise pour s’être reposés sur leurs lauriers, internet est comme l’arrivée de la voiture une véritable révolution et plutôt que de lutter contre il va falloir s’en servir avec intelligence. la musique sera t elle financée par une écoute gratuite intégrale, je ne pense pas, la musique sera financée par des produits de qualité, des produits qui sortent du lot. Consommer tout gratuitement ça s’appelle tirer vers le bas, donc certains peuvent ressortir du lot, mais à condition d’avoir une approché vraiment personnelle et différente.

  9. A savoir qu’il existe un blog sponsorisé par les majors qui s’appelle demainlamusique.com qui est sensé concilier les dits majors et le public. Sauf que c’est un nid à désinformation et propagande puante, d’ailleurs mon firefox classe ce site comme étant un site à risque, le risque de voir votre cerveau fondre…

  10. Bonjour Virginie,

    Effectivement très bon papier, mais est-ce que nos « amies » les majors vont lire ce papier? Car comme toute industrie (sic quand même) qui se meurs, elle jour ses dernières armes.
    Avoir poussé le lobby pour que les lois en ‘I’ soient votées, ne changera rien, car les solutions technologiques sont déjà en place (cf: ipredator, giganews….) et tant pis pour eux.
    Il est clair que d’avoir laissé faire les gens qui n’ont rien compris a permis le grossissement de iTunes Stores, là ou Apple a compris qu’il fallait que ca soit simple et efficace, ce que n’as jamais compris les « gens » qui dénigrent le média Internet.
    Le fait de prendre ses clients comme des « vache à lait » est en train de les tuer c’est la loi de l’évolution. Ce qui est sûr les menaces perpétuelles que le client final a lors d’un achat DVD ou Blue-ray (c’est pas bien de pirater, les 20 minutes de pub…. avant d’avoir cette saloperie de menu) alors que le pirate a le film directement rendent les clients aigris…

    Voila… J’espère sincèrement que les gens qui sont concernés changerons d’avis et penserons comme vous le décrivez, mais je ne suis pas optimiste la dessus. Tant pis a la limite, de nouvelles opportunités pour des gens sérieux et pas obtus s’ouvrirons….

  11. Personnellement je crois que les majors ne PEUVENT pas changer leur business model. Donc ce n’est la peine de s’échiner à leurs dire ce qu’il faut faire… c’est du temps de perdu. Ils ne sont pas les seuls d’ailleurs à ne pas pouvoir changer leurs façons de voir… Le jour où Google ou autres princes du 2.0 ouvriront une e-banque…

  12. Tres bon article, mais qui ne sera malheureusement que peu lue par les principaux concernés et probablement jamais répondue par aucun d’eux.

    Mais ils sont quand même persuadés d’avoir gagné avec les lois en « i ».

    C’est malheureux tout cet argent dépensé pour rien et qui aurait pu servir à des fins beaucoup plus utiles…

  13. superbe!!!

    cependant, il y a une chose que j’ai du mal à saisir. si moi même qui n’y connait que dalle en marketing,commercial,fonctionnement d’une maison de disque etc…
    j’arrivais dans ma réflexion sur le sujet au même conclusion que toi (en moins détailler) comment croire que les mecs soit aussi con pour ne jamais y avoir pensés ???

    et moi qui m’était ça sur le compte d’une sorte de fainéantise en me disant qu’au lieux de lutter contre (adopi etc…)il leur suffisait simplement de ce mettre au travaille!, trouver des solutions, innover etc..

    je me demande aujourd’hui si on ne devrais pas aussi s’intéresser à l’aspect « politique » des choses.

    en effet le support internet est une grosse révolution pour tout les secteurs d’activités pour des raisons que nous connaissont tous, (plus de choix, plus rapide, et surtout participatif, intelligence collective etc… contrairement à la radio ou la tv (la transparence est inévitable héhé ça fait flipper!)

    Les gros poissons de la musique (obispo, halliday etc…) ont ils vraiment intérraient à ce que les choses évolues ? ne ce retrouverais t ils pas confronté à une multitudes de nouveaux artistes sur internet dix fois plus talentueux ? n’y verrait ils pas leur notoriété ou leur monopole (bien connu sur les supports radio et tv) baisser ?

    bref n’y aurait il pas des enjeux plus « politique » qui participerais à un manque de motivations ?

    ça en fait des questions ;)

    ps: moi ce que j’aime faire c’est passer du temps sur myspacemusic et navigué d’ami en ami, me faisant des heures d’écoute de musique, c’est énorme la multitude de talents artistiques qui existes dans ce monde. Alors j’ose croire , dans une certaine évolution du système que cela pourrait nourrir plus d’artistes moins chers plutôt que de continuer à gaver un seul gros artiste TF1.

    rod.

  14. @sopravento…
    Hébé… voilà un monsieur (ou une dame ?) qui a tout compris… ces gens là n’ont AUCUNE raison à ce que cela change… Mais vraiment aucune… D’aucuns diront que c’est une analyse marxiste (on m’a dejà la réflexion). Mais le fond du probleme c’est cela. Donc ce n’est pas la peine d’évangéliser les 1.0 qui ont le pouvoir, et fait beaucoup d’argent avec les technos 1.0. Ils ne vont pas se saborder eux-mêmes.. Et se défendent avec becs et ongles (Hadopi..) Il vaut mieux supporter les 2.0.

  15. @Billaut
    …marxiste!…merci du compliment :))

    je voulais aussi rajouter que contrairement au discourt qu’on nous vend les seul gros perdant sont d abord les maisons de disques,
    les artistes eux ne ce retrouve t il pas surtout débarrassé de tout intermédiaire ? qui s’occupait de leur promo mais aussi de la production et de la fabrications du support (cd,vinyls etc…)
    combien coute la fabrication d’un MP3 ?
    sur l’achat d’un cd, combien revient il à l’artiste ?
    combien couterait il à l’artiste de s’autogerer grace au web ?
    à combien s’élèverait les charges d’un site e-commerce pour lui ?
    et le client ne ce retrouverais t il pas plus gagnant à pouvoir découvrir l’univers visuel, musical … de l’artiste chéri.
    de pouvoir acheter musique, video en format mp3/wav … (donc aucun cout de fabrication ?)
    mais aussi, pour les plus fétichistes et collectionneurs d’acheter le support matériel… qui peut être plus innovant (vynils imprimé… mixtape designé…) sur commande.
    tient j’y pense, les places de concerts aussi ,direct, le % du distributeur en moins!!

    rhoooo encore tout plein de questions!!
    dsl

    d’ailleurs n’hésitez pas m’éclairer!! merci

    du coup je me demande… »Marxiste » ou « ultra libérale social assumé » hihi ;),

  16. Merci pour ce billet vraiment excellent. Les majors ne se rendent pas compte qu’en essayant de protéger leurs marges sur la vente de CD, ils prennent un retard énorme sur la dématérialisation et pourrisse le marché. J’ai du mal à comprendre comment on peut s’obstiner à penser que le support physique a encore un avenir… je pense cependant que Spotify peut être l’une des solutions aux problèmes actuels, mais je ne suis pas un pro du secteur; si tu as le temps de préciser pourquoi tu ne vois pas d’avenir pour Spotify, je serai ravi de le lire :)

  17. moi je trouve rien de ce que je veux sur spotify..

    Le piratage c’est cool, je veux pas que l’industrie vienne fourrer son nez dans la musique en ligne. qu’elle reste chez elle bien au chaud, je m’occupe du reste.

  18. Juste pour vous faire savoir que j’ai lue votre billet dans notre dernier épisode podcast de ladaetgeorges ici: http://ladaetmoi.com/

    (Un podcast C’est une baladodiffusion ou un épisode audio que vous pouvez écouter à partir de votre ordi ou sur votre lecteur mp3 ou m4a)

    :)
    Lada

  19. Bonjour,
    l'ensemble de ce témoignage me paraît nourrit de bon sens si ce n'est…de la question de la gestion des droits. Et ce n'est pas un piètre concept croyez moi!! N'oublions pas que les majors ou labels (indifféremment) n'ont le droit d'exploiter que ce qui leur a été concédé par les propriétaires de l'oeuvre d'une part et des producteurs d'autre part. A cela, ajoutons que les revenus de la licence globale sont un véritable sac de noeuds juridiques!! Comme je l'ai souvent exprimé, pour avoir une vision globale de cette industrie, il faut au minimum connaître l'ensemble des protagonistes et ceux qui les régit. La facilité serait de se laisser emporter par quelques exaltations médiatiques ou opinions diverses lues ça et là (les exemples ne manquent pas). Bien que légitime sur le plan de l'affect, la musique n'étant pas universelle?! Il n'en reste pas moins de la question des droits rétrocédés par licence et marquent une frontière verticale entre le "on peut" et "on ne peut pas" .
    Je recommande pour certains qui souhaitent s'informer sur ce métier différentes lectures mises à disposition sur différents sites des sociétés de gestion collective (SPPF / SCPP / SACEM / ADAMI / SPEDIDAM) et les sites d'avocats spécialisés dans les droits artistiques.
    Bien à vous
    Samy Taieb http://www.samytaieb.com http://twitter.com/#!/samy_taieb

  20. En effet le support internet est une grosse révolution pour tout les secteurs d’activités. Grâce à ça, y’aura toujours moyen de s’infiltrer quelque part.

    Et le commentaire de Phil est très marrant. :)

    Laise

  21. Intéressant… mais pourquoi vous ne donnez pas les noms de vos interlocuteurs 1.0 ?
    vous savez le secteur de l’édition musicale, c’est pareil dans le secteur de la santé, de la banque, de la justice, etc…
    Mettez vous à leur place… Il ont fait leu beurre avec d’anciennes technos… de nouvelles technos arrivent qui leurs posent problèmes… ils ne veulent pas péricliter, et ne pas changer .. ils se défendent…

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