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L’Europe n’a « pas intérêt » à suivre Washington dans sa « guerre contre Huawei »

Avec l'AFP

Les Européens n’ont « pas intérêt » à suivre les Etats-Unis dans leur « guerre contre Huawei», a affirmé le président tournant du géant chinois des télécoms dans un entretien publié mardi dans Le Figaro.

Les Etats-Unis ont interdit à la firme chinoise de participer au déploiement de la 5G, la cinquième génération de réseaux mobiles, et veulent notamment juger la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou actuellement en liberté surveillée au Canada, pour violation des sanctions contre l’Iran. Or, dans un entretien au Figaro, réalisé au siège du groupe à Shenzen, l’un des trois présidents tournants de Huawei, Ken Hu, affirme que « l’intérêt des Européens n’est pas de suivre l’Amérique dans sa guerre contre Huawei», ce qui pourrait notamment avoir un impact négatif sur le déploiement de la 5G sur le vieux continent.

« L’Europe doit encourager la participation des meilleurs fournisseurs »

« L’Union européenne promeut le marché unique numérique qui exige des standards technologiques synchronisés. Elle doit aussi encourager la participation des meilleurs fournisseurs de technologie pour créer de l’émulation. Pour l’Europe, il serait néfaste d’inverser cette tendance», a-t-il fait valoir. Interrogé sur les nombreux défis liés à la protection des données privées, il a défendu les « valeurs européennes » et plaidé pour un « dialogue » fondé sur « l’Etat de droit » et la « liberté». Questionné sur la loi chinoise obligeant les entreprises et les citoyens du pays à coopérer avec les services de renseignement locaux, il a soutenu que cette directive « concerne le terrorisme, et en aucun cas le commerce, et ne s’applique que sur le territoire chinois».

Le ministère américain de la Justice accuse en outre Huawei de vol de secrets commerciaux et d’avoir délibérément appliqué un système de primes pour encourager le vol de secrets technologiques d’entreprises rivales. Dans son entretien au Figaro, le patron tournant de Huawei a qualifié ces accusations de « fausses » tout en affirmant avoir « confiance dans l’indépendance et le professionnalisme de la justice américaine». Plus tôt en février, le fondateur du groupe, Ren Zhengfei, qui détient encore des parts dans la société, avait toutefois qualifié de « politique » l’arrestation au Canada de la directrice financière du groupe, sa fille Meng Wanzhou.

La rédaction

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