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MACHINA by RAISE 2026, Paris veut devenir l’un des centres européens de la “physical AI”

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📍 Paris, France 📅 7 juillet 2026

Alors que les grands événements consacrés à la robotique restent encore largement dominés par les États-Unis et l’Asie, MACHINA by RAISE tente de construire une approche plus européenne de la révolution robotique et de la “physical AI”. Organisé à Paris dans l’écosystème de RAISE, l’événement se positionne moins comme un salon industriel classique que comme une plateforme de convergence entre intelligence artificielle, robotique, capital-risque, industrie et infrastructures technologiques.

Le timing du lancement de MACHINA est particulièrement révélateur. Pendant plusieurs années, l’Europe a surtout observé la montée en puissance américaine sur l’intelligence artificielle et la domination asiatique sur les capacités industrielles robotisées. Le terme “physical AI”, omniprésent dans la communication de l’événement, désigne cette nouvelle génération de systèmes capables de percevoir, comprendre et agir dans le monde réel. Après la vague des LLMs et des agents logiciels, l’industrie entre désormais dans une phase où l’IA commence à piloter directement des robots, des véhicules autonomes, des systèmes industriels ou des infrastructures logistiques.

Cette mutation transforme profondément la manière dont les investisseurs et les industriels analysent la robotique. Pendant longtemps, les robots étaient considérés comme des machines relativement rigides, limitées à des tâches répétitives dans des environnements très contrôlés. L’arrivée des modèles multimodaux et des architectures “vision-language-action” ouvre désormais la voie à des systèmes beaucoup plus flexibles, capables d’interagir avec des environnements complexes et dynamiques.

MACHINA cherche précisément à décrypter cette nouvelle phase industrielle.

L’événement rassemble des profils très différents : fondateurs de startups, fonds spécialisés, industriels, chercheurs, spécialistes de l’IA, fabricants de composants et grandes entreprises cherchant à intégrer des systèmes autonomes dans leurs opérations.

Cette diversité est importante car la robotique ne peut plus être analysée uniquement comme un sujet hardware. Les rapports de force se déplacent désormais vers plusieurs couches critiques :

  • modèles IA ;
  • logiciels d’orchestration ;
  • capteurs ;
  • systèmes énergétiques ;
  • composants de précision ;
  • infrastructures compute ;
  • chaînes d’approvisionnement.

Paris apparaît d’ailleurs comme un terrain relativement logique pour ce type d’initiative. La France dispose de plusieurs atouts stratégiques : un écosystème IA en forte croissance autour de Mistral AI, des acteurs historiques de l’automatisation industrielle, une recherche académique solide et un tissu croissant de startups travaillant sur les drones, les systèmes autonomes, la défense ou la robotique médicale.

Mais MACHINA reflète surtout une préoccupation européenne plus large : le risque de dépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.

Les États-Unis dominent aujourd’hui largement :

  • les modèles IA ;
  • les infrastructures cloud ;
  • les financements ;
  • les architectures logicielles.

La Chine, de son côté, accélère massivement sur :

la production industrielle ;

  • les composants ;
  • les batteries ;
  • les robots manufacturiers ;
  • l’industrialisation des humanoïdes.

Dans ce contexte, l’Europe tente de préserver une position sur certaines couches critiques : robotique industrielle, automatisation avancée, edge AI, infrastructures industrielles et composants spécialisés.

MACHINA fonctionne donc également comme un espace de réflexion stratégique sur la souveraineté technologique européenne. Le sujet des robots humanoïdes devrait occuper une place centrale dans l’édition 2026. Après plusieurs années de démonstrations spectaculaires, le marché entre progressivement dans une phase beaucoup plus pragmatique. Les discussions portent désormais moins sur la capacité des robots à marcher ou à manipuler des objets que sur leur coût réel, leur maintenance, leur autonomie énergétique ou leur capacité à être déployés dans des environnements industriels réels.

Cette évolution attire fortement les investisseurs. Les humanoïdes commencent à être perçus non plus comme un marché expérimental, mais comme une potentielle nouvelle couche d’infrastructure économique, capable d’automatiser :

  • la logistique ;
  • les entrepôts ;
  • certaines opérations industrielles ;
  • la maintenance ;
  • les services ;
  • une partie des activités de santé et d’assistance.

MACHINA met également en avant un sujet souvent sous-estimé dans les discussions sur l’IA : la question énergétique. Les systèmes autonomes nécessitent des capacités massives de calcul, des batteries performantes, des infrastructures temps réel et des réseaux de capteurs sophistiqués. La “physical AI” pourrait ainsi devenir l’un des nouveaux moteurs de la demande mondiale en semi-conducteurs, énergie et infrastructures compute.

Ce qui rend finalement MACHINA particulièrement intéressant en 2026, c’est qu’il ne traite pas simplement de robots ou d’automatisation. L’événement pose une question beaucoup plus structurante : qui contrôlera les futures infrastructures physiques pilotées par l’intelligence artificielle ?

Car derrière les robots humanoïdes, les systèmes autonomes et les démonstrations de “physical AI”, se dessine progressivement une nouvelle bataille industrielle mondiale portant sur la production, la logistique, les infrastructures critiques et l’automatisation des économies avancées.

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